Préambule

 

UN JOURNAL INTIME EN LIGNE ?

 

Toujours surprenant de trouver dans un moteur de recherche de blogs la catégorie « journal intime ». L’intime n’est-il pas ce que l’on cache en général au plus grand nombre ? Le journal intime n’est-il pas ce cahier que dissimule toujours avec moult précautions la jeune fille ; pas même sa mère (surtout pas sa mère !) ne doit tomber de dessus. 
Par pudeur, et puisqu’on n’a droit qu’à un thème, je n’ai donc pas référencé ce blog dans le thème « journal intime ».

 

Mais l’intime, c’est aussi ce qui est intérieur et profond, ce qui constitue l’essence d’une personne. Ma nature intime est gay, homosexuel devrais-je dire, pour davantage signifier la prégnance du désir homosexuel dans mon existence, désir toujours contrarié par l’homophobie et la pandémie du Sida.

 

La plupart des blogs sont constitués d’une succession de billets rédigés à chaud et apparaissant dans un ordre ante chronologique, ce carnet Web est différent : j’y ai mis régulièrement en ligne des extraits d’un journal commencé en novembre 1998, à l’âge de 36 ans.

 

En accédant à mon intimité, peut-être lecteur trouveras tu des réponses à tes propres questions, des références manquantes à ta culture gay, tandis que moi, en "m’exposant", je donnerai un sens nouveau à toutes ces lignes écrites et, qui sait, aurai-je aussi le plaisir de te lire.   



30/11/2006 -
Les extraits de ce journal/carnet commencé en 1998 sont désormais en ligne. En trois mois, ce sont près de 150 pages, sans compter les illustrations, que je vous ai livrées. Puisque le passé a rejoint le présent, la fréquence de mes « post » va se ralentir.


10/4/2008 - Ce blog est confidentiel : chaque jour, vous êtes en moyenne 127 internautes à parcourir 3 "posts".

Miscellanées

Lundi 12 mai 2008

Rudolf Noureïev par Richard Avedon

  

Sublime film qui n’a droit qu’à deux écrans pour sa sortie nationale à Paris. Quelle iniquité !

Et dans quelle salle ! A croire que l’Espace St Michel, où nous l’avons vu, n’aspire plus qu’à une chose : ne plus avoir de clients et se transformer en boutique de fringues !

 
Bien que la queue finisse par empêcher la foule de passants sur le Boul’ Mich de circuler et que l’employée soit inactive depuis une demi heure, cette dernière ne commencera à délivrer les billets qu’à l’heure de la séance (qui coïncidait avec celle de la sortie des spectateurs de la séance précédente) ; si vous êtes deux, ça vous laisse largement le temps de chercher de la monnaie, puisque le candidat spectateur est « prié de faire l’appoint », et que « cartes bancaires et chéquiers ne sont pas acceptés » ; quant au confort du fauteuil, en nous décalant pour être aimable à deux spectateurs sans gêne, Gabriel a hérité d’un défoncé, tandis que pour la première fois depuis longtemps au ciné, j’expérimentais un léger mal au cul (« Nann ! Sur la vie de ma mère, j’avais pas fauté »).

 


Après tout, peut-être avons-nous participé sans le savoir à un « happening » destiné à nous mettre dans des conditions soviétiques, celle du film.

 

Merci donc à Pierre Murat de Télérama et à Gérard Lefort de Libération qui titre joyeusement « Très bon film, coco », de  nous avoir donné envie d’aller voir de toute urgence (« because le nombre de salles susmentionnées »), ce Loin de Sunset Boulevard d’ Igor Minaev.

 

Qu’écrire de plus que ce qui a déjà été écrit dans les articles auquel il est renvoyé dans ce « message » ? Qu’écrire de plus qui ne gâchera pas le plaisir de ceux qui pourraient avoir envie d’aller le voir (parce qu’on aurait déjà tout « raconté ») ?

 


Qu’est-ce donc qui nous a donné envie d’aller le voir, à part la confiance accordée à deux journalistes avec qui on a en général une identité de goût ?

Allez ! Pas de baratin ! Largement le personnage central qui est un cinéaste homosexuel se débattant pour créer et survivre durant les années de terreur du stalinisme.

 


Notre intérêt était d’autant plus grand que le grand cinéaste, son mentor dans le film ((Mansourov), et son propre personnage, Dalmatov, s’inspirent, respectivement, de la vie d’
Eisenstein, et de son assistant, ami et amant Alexandrov, réalisateur de comédies musicales de propagande, dont raffolait Staline (Les joyeux garçons, Volga, Volga).

 



Non parce que je serais un spécialiste du grand cinéaste et théoricien soviétique – ai-je seulement vu son Cuirassé Potemkine en entier ? En fait, je me souviens surtout de quelques dessins pornographiques qu’il a fait - ni parce que je suis fanatique de comédies musicales au point de connaître celles d’Alexandrov,  non, uniquement parce que le film en s’appuyant sur des personnages réels y gagne en crédibilité et en émotion, même s’il n’est en aucun cas un film biographique (voir l’entrevue avec Igor Minaïev).

 


A propos du documentaire « Folle de Brejnev » de Frédéric Mitterrand, j’avais noté
en 2001 dans mon journal :

 

Côté Russie, l’avènement du libéralisme sauvage a-t-il apporté avec lui celui des mœurs ? On en est loin si l’on en juge les témoignages que contient le sujet de Mitterrand : que ce soit les tapins de St Petersbourg (Léningrad) et de Moscou, les transformistes interviewés ou une star nationale du 3e sexe, impossible de leur faire cracher qu’ils sont homosexuels ! Faut-il que la pression homophobe soit forte. Ça évolue lentement une mentalité.

 

Les difficultés de casting évoquées par le réalisateur montrent que les mentalités dans ce pays n'ont de toute évidence pas évolué d'un iota :

 

Pour les deux jeunes héros principaux, c’était plus difficile, l’homosexualité était vraiment pour beaucoup un obstacle infranchissable. (...) Le plus difficile fut pour le rôle masculin. J’étais presque désespéré quand j’ai enfin rencontré Sergueï Tsiss, dont ce fut le premier film et qui très rapidement s’est parfaitement intégré dans le scénario.

 



http://www.critikat.com/Loin-de-Sunset-Boulevard.html


Les dessins érotiques d’Eisenstein

D. Fernandez "Art et homosexualité" (chap. 12 Les Dictatures) : 10 reproductions de dessins de la collection Andreï Moskvine, Moscou.

S. M. Eisenstein Dessins secrets (Seuil)


 

Autoportrait Joël-Peter Witkin

par Thomas Querqy
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Mercredi 23 avril 2008


Bobigny Pablo Picasso, terminus de la ligne 5. En sortant du métro, sous une passerelle, adossé au centre commercial, le
Magic Cinema a fait un miracle durant 15 jours en programmant Derek Jarman et Jean Cocteau, dans le cadre de l’édition 2008 de son festival Théâtres au cinéma.

Ben oui ! Drôle d’endroit pour une telle programmation, non ? Audacieux tout de même, car ça n’a pas dû être facile d’attirer le chaland. Tabler sur les parisiens ? « - C’est où Bobigny ? - Dans le neuf trois. - Oh mon Dieu ! »

 

Préjugés ! A 20 minutes de l’appartement, c’est moins loin que beaucoup d’endroits où l’on traîne nos guêtres dans Paris. L’idée de « Grand Paris », dont la paternité revient à entre parenthèses à Delanoë et non à l’UMP comme Libération l'écrivait récemment, m’est soudain apparue comme évidente.

 

Puisqu’il me fallait choisir, ce serait Jarman plutôt que Cocteau dont j’avais un peu fait le tour avec l’exposition  Jean Cocteau sur le fil du siècle organisée par le Centre Pompidou en 2003.

En découvrant le très politique court métrage Imagining October, j’ai réalisé que la présence de Derek Jarman n’avait rien d’incongrue à Bobigny, au contraire, qu’il était chez lui dans cette commune où rues et avenues s’appellent Lénine, Maurice Thorez, Youri Gagarine ou Karl Marx ; à cet égard,  même si le désir homosexuel imprègne son œuvre, « comme Fassbinder, » il  « a toujours considéré que les rapports de classes sont plus forts que les rapports sexuels. »

 


Sebastiane,

 

A propos du film Sebastiane, Olivier avait à peu près écrit cela : « Etonnant ce film tourné en latin dans lequel les acteurs bien mignons passent la plupart du temps à poil, à s'entraîner au combat. » Un peu lapidaire, mais c’est probablement ce qui me restera aussi dans peu de temps.

Peu importe l'histoire (étique), peu importe également que certaines scènes frisent le ridicule par leur artificialité, avec ce film, Derek Jarman s’est sans doute fait plaisir en montrant des « hommes entre eux », dorés par le soleil estival de la Sardaigne. Plaisir par ailleurs partagé puisqu’on peut furtivement apercevoir une queue en cours d’ascension alors que deux amants s'étreignent au ralenti dans une piscine naturelle.

Un monde d’hommes s’égayant, nus, entre eau et soleil éclatant, un peu celui des photographies que prendra Tom Bianchi dans les années 90.

 

 

The male nude chez Taschen 2000

Néanmoins, le film est tout de même un peu plus que le simple plaisir de créer des images nouvelles et militantes dans le milieu des années 70.

 

La tension naît de Sebastiane, le chrétien, qui refuse de combattre avec la même force obstinée qu’il se refuse à son centurion Severus. La souffrance de Severus de plus en plus fou de ne pas parvenir à faire plier Sebastiane, ni à se faire aimer de lui, ne peut que conduire le beau jeune homme à son martyr.

Mystère d’une foi religieuse qui vous ôte tout appétit d’une vie « "hic et nunc"» et vous donne non seulement la force d’endurer l’insupportable, mais semble aussi transformer vos souffrances en plaisir.

 

Jusepe de Ribeira -1630 (Saint Sébastien poilu)

 

Avec Sebastiane, Derek Jarman s’empare donc également de Saint Sébastien, l’icône homosexuelle, devenue par ironie de l’Histoire  « pour le reste des temps, le symbole lascif  et troublant de l'amour des hommes, de ce plaisir que, depuis deux millénaires maintenant, l'église catholique poursuit de sa haine farouche. »


Pour être incollable sur Saint Sébastien, «ce type de l’antiquité romaine à côté de qui Georges Michael fait hétérosexuel. », rien de plus drôle et documenté que Saint Sébastien suivez la flèche de François Reynaert, extrait de son livre La planète des saints (http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=culture/20060119.OBS2873.html)

 


P.S. « Small world » : La bande originale du film (non remarquable) est signée
Brian Eno qui a notamment collaboré avec David Bowie sur les trois albums de » la trilogie berlinoise » (Low, Heroes et Lodger)

 

 

 

Edward,

 

En comparaison d’Edward II, Sebastiane relèverait presque du divertissement, d’autant qu’il est difficile de compatir aux malheurs d’un jeune homme qui se refuse de manière aussi têtue à la vie. N’avait t-il pas eu ce qu’il espérait ? « Tout est accompli» aurait dit un illustre prédécesseur avant d’expirer.

 

25 ans après l’estival Sebastiane, Derek Jarman signait un film crépusculaire. Christopher Hobbes, décorateur sur Edward II, sollicité pour introduire la projection du film, annonça un « film engagé » : « Derek était malade », « plusieurs fois il a dû se faire remplacer sur le tournage ».

 


La pièce Edward II de Christopher Marlowe  (1564-1593),  ne pouvait qu’inspirer l’artiste militant gay : une tragédie dans laquelle le désir homosexuel du roi provoque le chaos politique et le conduit à sa mort épouvantable :

« Edouard est le souverain du chaos. Son accession au trône inaugure un long et sanglant carnaval ; son règne est celui du désordre, de l’excès. Il s’attache sans cesse à transgresser toutes les valeurs sociales, morales et religieuses dont il devrait être le premier serviteur, à dénouer tous les liens qu’il devrait respecter : entre le roi et son royaume, entre le roi et ses nobles, entre le roi et son épouse légitime. Il place un homme dans son lit, à ses côtés sur le trône d’Angleterre, le faisant asseoir sur le siège réservé à la reine qu’il traite de putain et chasse de sa couche. » (Jean-Michel Déprats dans http://www.humanite.fr/1996-07-09 Avignon le rideau se lève sur Edouard II de Marlowe)

 

Le peu que l’on sait de la courte vie de l’auteur de la pièce a pu par ailleurs séduire Derek Jarman. Aussi doué que sulfureux, né la même année que William Shakespeare, probablement athée, accusé de meurtre et d'homosexualité, peut-être espion de la reine, Christopher Marlowe mourut à 29 ans d’un coup de dague à l’œil - Derek Jarman sait alors qu’il ne connaîtra pas la vieillesse, mais il ne sait pas encore qu’il va devenir aveugle -.

 

Douglas Gordon Tattoo (For reflexion), 1997


Dans sa pièce, Christopher Marlowe a mis en scène la fin atroce du Edouard II "historique" racontée par
Thomas More en ces termes :

« Dans la nuit du 11 octobre 1327, le roi reposant sur un lit fut soudainement agrippé, tandis qu'un grand matelas... le tinrent plaqué, un fer de plombier, chauffé au rouge, fut introduit dans ses parties secrètes de façon qu'il brûlât des parties internes au-delà des intestins. » 

 

« Il meurt, dira-t-on, par où il a péché ! ». Qui d’entre nous n’a pas entendu, lu ou pensé cela s’agissant des homosexuels morts du sida ?

Comment ne pas voir dans la scène filmée par Derek Jarman, à la fois l’origine et l'acmé de ce film ?

 


Michelangelo,

 

Caravaggio était le seul film de Jarman que j’avais déjà vu. « Cette biographie romancée du Caravage souligne l'érotisme latent de l'oeuvre du peintre et aborde la question cruciale du mécénat ; ce thème est d’ailleurs un reflet évident des préoccupations matérielles d’un réalisateur qui rencontrera, sa vie durant, des obstacles au financement de ses films. »

 

J’ai pris plaisir à reconnaître les tableaux en cours de réalisation : La tête de méduse, le panier de fruits, le garçon au panier de fruits, l’amour vainqueur (Amor vincit Omnia), le concert de jeunes gens, Bacchus malade, Madeleine repentante, le martyre de St Mathieu, le St Jean-Baptiste de Kansas City, la mort de la Vierge, etc.

 

Christopher Hobbes secondé par Mike Laye à qui Caravaggio a donné son premier taf de photographe de plateau (« still photographer »), nous parle un peu de la fabrique du film.

 

La conversion de St Paul
(que l'on peut voir dans l'église Santa Maria del Popolo à Rome)

Ce film était un projet vieux de sept ans. Derek Jarman avait fait de nombreux repérages avec des amis en Italie, pays qu’il connaissait bien après y avoir vécu dans sa jeunesse (son père militaire, y a été basé à la suite de la 2e guerre mondiale).

Même s’il disposait d’un vrai budget pour ce film et que la moitié de l’équipe était constituée d’amis, il allait tout de même falloir en rabattre en tournant dans un entrepôt.

 

L’orgie du pape avait t-elle été tournée dans la catacombe des capucins à Palerme?

Pas du tout, tout a été tourné dans l’entrepôt, avec de faux cadavres d’occasion  qui avaient été utilisés sur un autre film dont je n’ai pas compris le titre.

 


Toujours pour les mêmes raisons budgétaires, il a été impossible d’envisager de faire un film en costumes d’époque. Il fut ainsi décidé de le faire pour les modèles des tableaux (pas moyen de faire autrement), les riches et de vêtir les autres dans des tenues de l’Italie d’après guerre, celle du néoréalisme du voleur de bicyclette

 

Est-ce que ça n’a pas été trop difficile de peindre après le Caravage ? Ai-je aussi demandé à Christopher Hobbes qui s’est vanté d’avoir peint toutes les toiles du film.

Rires puis comme pour s’excuser, il a dit qu’il était un autodidacte.

 

De la même manière qu’il a été fait des choix de présence d’objets anachroniques (machine à écrire, calculatrice...), la question ne s’est-elle pas posée, de carrément peindre autre chose que des toiles du Caravage ?

Le décorateur n’a sans doute pas compris ce que je voulais dire. Et c’est tant mieux. Je réalise que c’était méchant. Est-ce parce que cet ex peintre, avec qui j’ai eu un bout de conversation pour la projection de Sebastiane, m’avait dit qu’il avait trouvé affreuses ces toiles en cours du Caravage ? Est-ce parce que j’ai depuis moi-même colorisé de la toile ? J’avais à mon tour été gêné par le rendu souvent grossier, presque expressionniste des tableaux mis en scène.

 

 Jean-Baptiste


« Jean-Marie m’a dit que Le Caravage était le peintre préféré d’Arthur »
m’a rapporté par la suite Gabriel que je n’ai pu entraîner qu’à Edward II contre ma présence à L'heure d'été . « C’est très original comme goût de la part d’un homo,  non ? » Lui ai-je répondu.

 

et trois jeunes créatures

 

Alors que je rêvassais, des images de Caravaggio dans la tête et « Je n’aime que toi » d’Alex Beaupain dans les oreilles, trois jeunes créatures s’engouffrèrent en riant dans le métro à la station Porte de Pantin. Après l’instant d’hésitation du joli garçon qui me dévisagea, tous trois vinrent s’installer dans le carré où je me trouvais : le mignon à gueule de boy’s band, l’efféminé à tête de Rossy de Palma et le gros moche à la peau irritée par le rasage.

Les deux premiers avaient abusé du fond de teint ; tous trois chantaient (plutôt bien) façon Star’Ac (exaspérante), et ponctuaient parfois leur babillage chanté de quelques expressions arabes.

 

Mell Roberts Bennett 9 (1970's)

Tandis que j’essayais d’éteindre l’Ipod, le mignon me demanda :
 

 

-         qu’est-ce que vous écoutez Monsieur ?

-         qu’est-ce qu’il y avait au Zénith ce soir ? (Moi)

-         on vient pas du Zénith (rires), le Zénith, c’est chez moi (rires).

-         Vous aimez Michaël Jackson ?

-         Bien sûr, c’est indémodable.

-         Moi, je suis Michaël Jackson.

-         moi, c’est Maria Carey 

-         moi, c’est moi-même (l’efféminé)

-         vous aimez Maria Carey ? (le moche)

-         Non, je suis trop vieux.

-         Vous n’étiez pas trop vieux pour l’écouter. Ennn... 2000.

 

Et ça continue joyeusement, jusqu’à ma station où je dus prendre congé de mon trio : « au revoir, Michaël, Maria et ... » « Moi-même » a rajouté l’intéressé.

 

 le poète Buric par Vladimir Weisberg (1958)


www.humanite.fr/ Bobigny, mémoire d'une cité sur France 5


Derek Jarman

http://cinemanageria.ifrance.com/abc_cineastes/j.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Derek_Jarman  (ébauche)

 

Sebastiane

D. Fernandez "Art et homosexualité"  (chapitre 5 Le christianisme)

Iconographie de Saint Sébastien du XIVe siècle à nos jours

 

Christopher Marlowe

http://www.evene.fr/celebre/biographie/christopher-marlowe-11121.php

http://membres.lycos.fr/auteurs/Marlowe/christopher.html

 

Edward II de Jarman

http://www.telerama.fr/cine/film.php?id=22896&onglet=critique

http://culture-et-debats.over-blog.com/ Edward II

http://www.cinemarges.net/2008-edward2.php

 

Caravaggio de Jarman

http://culture-et-debats.over-blog.com/ Caravaggio

http://mapage.noos.fr/momina/caravage/caravage.html

 

Le Caravage

Le Caravage peintre et assassin José Frèches Découvertes Gallimard

D. Fernandez "Art et homosexualité"  (chapitre 7 L’Europe baroque)

 

 

 

 

 

 

par Thomas Querqy
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Lundi 7 avril 2008

«L’art n’est pas chaste, on devrait l’interdire aux ignorants innocents, ne jamais mettre en contact avec lui ceux qui y sont insuffisamment préparés. Oui, l’art est dangereux. Ou s’il est chaste, ce n’est pas de l’art.» Picasso

 

" Le regard est l'érection de l'oeil. "  Jean Clair

 

 

http://www.aurarosenberg.com/projects.html

 


Quatre personnes : l’ami gay Abou, la copine Sonia et son mari Yvan, devant une photographie de Thomas qui les reçoit ; la photographie figure un garçon en train de se baigner nu dans une rivière entourée d’une épaisse végétation ; dissimulés dans l’ombre des feuillages on peut distinguer deux hommes en train de le reluquer.


 

 

A l’ami gay, planté depuis un certain temps devant la photographie :

Sonia               : Tu aimes ?


Abou
               : C’est une belle scène qui me rappelle un tableau que j’ai vu je crois au
Musée d'Orsay, mais je n’arrive plus à me souvenir du nom.


Yvan   
            : Qu’est-ce que vous regardez ? ... Mais il bande, ce mec ! Ah, bravo Thomas, tu mets du porno sur tes murs, maintenant ?

 

L'amour vainqueur Le Caravage


Thomas            : un jeune homme nu, qui bande un peu. Il fait sa toilette, ça ne t’arrive jamais de bander sous la douche ? Rien de plus naturel, je ne vois rien de

pornographique ?... Tu ne vas quand même pas me dire que ça t’excite, puisque c’est ce qui définit le porno ?


Yvan
                : Manquerait plus que ça ! Ce serait plutôt le contraire. Mais toi, ça t’énerve de faire une photo pareille ?


Thomas
            : Nullement, je n’ai pas la santé de
Tom of Finland, le dessinateur gay qui jugeait la qualité de son dessin à l’aune de son érection. Au contraire, j’essaie par-dessus tout d’éviter l’image porno, d’abord pour des raisons de décence, mais aussi pour éviter « l’éjaculation précoce de l’œil ».


Abou
               : ça y est, ça me revient, c’est un tableau sur lequel une femme fait sa toilette avec deux vieillards cachés qui la reluquent en arrière-plan !


Thomas
            : Bien vu ! C’est le tableau de  J.J. Henner,  la chaste suzanne qui m’a donné l’idée de ce « tableau photographique ».


Abou
               : c’est un beau sujet
érotique. La présence des hommes dissimulés ouvre plein de possibilités.


Sonia
   : Tu entends mon macho adoré, le sujet n’est pas pornographique mais érotique.

 

Nudes 21 Thomas Ruff



Thomas            : Si tu veux Bébé, mais accepte que je perçoive mal l’érotisme d’une scène avec trois hommes.

 

Abou               : Accordé, mais alors laisse nous discuter entre amateurs éclairés !


Thomas
            : Tu as tout compris Abdou : ce sont toutes ces possibilités qui m’ont plu dans la scène. Le garçon ne va-t-il que se laver ? Va-t-il s’apercevoir qu’il est épié ? Dans l’affirmative, il peut se faire
exhibitionniste et le jeu avec les voyeurs peut aussi, pourquoi pas, virer au plan à trois...


Abou
               : ... ou au viol du jeune homme...


Thomas
            : ou à rien : le jeune homme fait sa toilette sous le regard concupiscent de deux hommes.


 Pornographie Edouard Levé



Abou               : Je préfère l’idée du viol.

Le viol est une manière très classique de parler du sexe dans l'art en Occident... « Tou é oune artisté » Tom !


Yvan
                : N’en prend pas ombrage Thomas, mais s’il suffisait de mettre un homme à poil qui bandouille pour faire de l’art, ça se saurait.


Abou
               : si ça ne fait pas l’œuvre d’art, tu dois au moins reconnaître que le patrimoine artistique est truffé de nus lesquels produisent en général une émotion d’ordre plus ou moins esthétique.


Yvan
                : pas avec des sexes en érection.


Abou
               : c’est une question de culture - en maintes parties du monde rien de plus banal qu’une représentation stylisée d’un sexe en érection -, et d’époque : ça ne me paraît pas inconvenant aujourd’hui de le faire pour en témoigner ... et puis de toute manière ici le sexe du garçon ne bande pas franchement.


Thomas
            : je voulais aussi au travers de cette image évoquer le voyeurisme/ exhibitionnisme contemporain, pas seulement sexuel, la télé réalité ...


Yvan
                : Excuse moi Thomas mais Abou a dit quelque chose d’important : « stylisé ». Or ta bite est tout ce qu’il y a de plus réelle : c’est une photo.


http://www.ericfischl.com/

 

Picasso érotique 1903

Sonia             : Ce n’est pas la sienne, poussin, et puis on vit au XXIe siècle!

 

 

Abou               : Tu rigoles, la photo de Tom, n’a rien de réaliste, c’est de la cuisine Photoshop. On ne peut même pas mettre un visage sur cette queue, il nous tourne au trois quart le dos et de toute façon il est flou. Ceci dit, Yvan, est-ce que tu reconnais Picasso comme un grand artiste ?


Yvan
                : Existe-t-il un seul taré pour dire le contraire ?


Abou
                : Et bien, Picasso a dit que l’art n’était pas
chaste, qu’il était dangereux et que s’il était chaste, ce n’était plus de l’art.


Yvan
                : Picasso n’utilisait pas un ordinateur avec un logiciel de retouche d’images. Peut-on vraiment parler d’art avec un grand A en matière de photographie ? Je suis sceptique.


Abou
               : Il en va désormais en photographie comme avec les arts plastiques pour définir ce qui est art et ce qui ne l’est pas. Le petit monde des acteurs du marché photographique cote les artistes et les œuvres dont ils contrôlent l’originalité et la rareté et dont ils assurent la visibilité.

 

Penheimer Park Attila Richard Lukacs



Thomas            : Pleinement d’accord avec Abou, toutefois je te rejoins Yvan au moins sur un point : mon « tableau photographique » n’est pas de l’art.


Abou
                : et pourquoi pas ?

Thomas            : Tout simplement parce qu’il est accroché dans mon salon au lieu de l’être dans un musée ou une galerie. Ça fait de lui un objet sans spectateur, sans valeur... et sans créateur.
Peut-être aussi parce qu’il représente trop explicitement le désir homosexuel, qu’il n’est pas assez ambiguë pour être acceptable pour l’immense majorité des spectateurs. N’est-ce pas Yvan ?


Yvan
                : D’accord avec toi à 100 %


Sonia
               : Avec quoi ?


Yvan
                : D’accord avec Thomas à 200 %. Vous n’avez pas faim, non ?

 


  P.S. Sur le site du musée d’Orsay la notice accompagnant le tableau de  J.J. Henner la chaste suzanne raconte qu’il avait été critiqué pour le côté artificiel du sujet qui, sous un prétexte de peinture d'Histoire, donnait surtout à voir une simple baigneuse nue.

 

En revanche, il est très étrange que ne soit nullement fait mention des deux vieillards embusqués dans l’ombre, ça change pourtant bigrement le sens du tableau. En cliquant sur notice complète l’auteur de la notice se contente dans la rubrique iconographie - détails de référencer « vieux » et « luxure ».




ARTICLES

Sexe, l'art dans tous ses ébats Olivier Pascal-Moussellard Télérama 5/12/7 

Figures de la sexualité dans l'art des années 90 - un article de Paul Ardenne. (Liens dans la page)

L'art - hors-série Sciences Humaines juin-juillet-août 2002

http://www.humanite.fr/ Feminin-masculin, le sexe de l'art à Beaubourg (1995)

http://www.centrepompidou.fr/ENS- Tendances de la photographie contemporaine

http://www.centrepompidou.fr/ENS- Big-bang, de la subversion dans l'art

 

LIVRES

L’image corps - Figure de l’humain dans l’art du XXe siècle de Paul Ardenne Editions du regard 2001

La pièce Art de Yasmina Reza

 

TV – VIDEOS

http://www.ina.fr/journal France 2 sur l'exposition Féminin-masculin, le sexe de l'art

http://www.arte.tv /Les tabous, le sexe et l'art

http://www.dailymotion.com/ Art, la piece de Yasmina Reza

 

EN LIEN SUR CE BLOG

http://notesgaydethomas.over-blog.com/ l'art présumé coupable et le crime sans victime

http://notesgaydethomas.over-blog.com/ Télé réalité

 


Porno, pas éro

 

par Thomas Querqy
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