Préambule

 



UN JOURNAL INTIME EN LIGNE ?

 

Toujours surprenant de trouver dans un moteur de recherche de blogs la catégorie « journal intime ». L’intime n’est-il pas ce que l’on cache en général au plus grand nombre ? Le journal intime n’est-il pas ce cahier que dissimule toujours avec moult précautions la jeune fille ; pas même sa mère (surtout pas sa mère !) ne doit tomber de dessus. 
Par pudeur, et puisqu’on n’a droit qu’à un thème, je n’ai donc pas référencé ce blog dans le thème « journal intime ».

 

Mais l’intime, c’est aussi ce qui est intérieur et profond, ce qui constitue l’essence d’une personne. Ma nature intime est gay, homosexuel devrais-je dire, pour davantage signifier la prégnance du désir homosexuel dans mon existence, désir toujours contrarié par l’homophobie et la pandémie du Sida.

 

Les premiers textes publiés sont issus d'un journal commencé en novembre 1998, à l'âge de 36 ans.

 

En accédant à mon intimité, peut-être lecteur trouveras tu des réponses à tes propres questions, des références manquantes à ta culture gay, tandis que moi, en "m’exposant", je donnerai un sens nouveau à toutes ces lignes écrites et, qui sait, aurai-je aussi le plaisir de te lire.   
 

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Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 23:16

 

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Arno Arno

 

 

 

 

 

 

Seuls les monomaniaques auront une postérité

 

S’il est assez facile de citer des artistes qui se sont inspirés d’autres arts que celui qu’ils ont exercés - par exemple, Kandinsky théorisant et comparant ses œuvres abstraites à la musique « disharmonique » d’Arnold Schönberg -, rares sont les artistes passés à la postérité qui le furent dans plusieurs arts, notamment dans les arts visuels et la musique.

Il ne me vient guère à l’esprit que leur contemporain Čiurlionis, dont mes amis lituaniens étaient si fiers, à la fois peintre et compositeur.

A Kaunas, la capitale de l’entre deux guerres, le peintre a son musée et moi, dans la main, une  belle monographie de sa peinture que Ruta avait tenu à m’offrir, un jour de l’année 1991.

Ah si ! Il me revient que peu ou prou au même moment, Schönberg était également reconnu comme peintre, fût-ce sur le mode mineur.

Quoi qu’il en soit, plus je vieillis, plus je tiens pour vrai ce que m’avait affirmé Weill au cours d’une ballade dans le bush africain : « Pour réussir, il faut être monomaniaque ».

 

 

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Claude Debussy au musée de l’Orangerie

 

A peu près dans la même période, en France, Claude Debussy disait « aimer les images presque autant que la musique » et reconnaissait y trouver l’essentiel de son inspiration.

Au musée de l’Orangerie, une exposition montée avec le musée d’Orsay propose d’évoquer les rencontres majeures du musicien avec les artistes, peintres et poètes de son temps.

Quelqu’un qui aime la musique presqu’autant que les images, ne pouvait manquer de s’y rendre. J’y donnai rendez-vous à ma sœur et son 2e mari, de passage exceptionnel à Paris.

 

Ces derniers n’ayant jamais vu les nymphéas de Claude Monet, je les invitai à y faire un tour avant de descendre au sous-sol.

Pas mal de monde (trop), notamment japonais : une visite dans les deux salles ovales éclairées par la lumière zénithale du musée de l’Orangerie paraît être pour eux un « must » absolu.

Leur engouement fait écho à celui que le Paris des impressionnistes, alors capitale mondiale de l’art, connut pour le Japon.

Debussy n’était pas en reste. Il obtint par exemple de son éditeur d’orner la couverture de sa partition de « La mer » d’une composition inspirée de la fameuse estampe d’Hokusai, « la grande vague de Kanagawa», qui ornait son studio de l’avenue du Bois.

 

 

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Debussy, la musique et les arts, au mépris de nos oreilles

 

Rien à dire sur le fil conducteur de l’exposition, sur la sélection exposée ou les cartels explicatifs, qui en font une exposition digne d’intérêt.

Juste un détail, bonté divine ! Pas un brin de musique de Debussy à se mettre dans les oreilles !

C’est tout de même le comble, de la part d’une rare proposition invitant spontanément à la sollicitation du regard et de l’ouïe, dans un monde d’hypertrophie du visuel et de cloisonnement des disciplines.

A nous faire regretter que ce ne fût pas la Cité de la Musique qui l’eût organisée, car là-bas on sait parfaitement conjuguer plaisir de voir et d’entendre.

Enfin, si.... Dans la section où il est question de « Pelléas et Mélisande », on peut capter un filet insignifiant (je n’ai pas résisté au plaisir de répéter à ma sœur que le frère d’Elisabeth me faisait toujours glousser en nommant « Pédéraste et Médisante », l’unique opéra de Debussy).

Pour l’occasion, également, une programmation musicale de Debussy est prévue dans les salles des nymphéas « jusqu’à 15 heures » (tant pis pour nous !), mais rien pour « Debussy, la musique et les arts ».

 

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Avec Diaghilev et Nijinski le scandaleux

 

A l’entrée de l’exposition, un tirage grand format de la photographie d’un jeune homme avec une raquette de tennis.  On apprendra par la suite qu’il s’agit  de Nijinski dans le ballet « Jeux » (1913), une partie de tennis entre un jeune homme et deux jeunes filles, marivaudage mis en musique sans conviction par Debussy, et imaginé par Nijinski pour Diaghilev, initialement dans la configuration alors inconcevable du jeune homme et ses deux amants.

Ce fut un bide, tout comme deux ans auparavant, « le martyre de saint Sébastien » d’après un texte de D’Annunzio, lui aussi jugé, non sans raison pour l’époque, comme décadent.

 

 

 

 

Dans le cul à 56 ans

 

Dernièrement, je ne sais comment c’est venu à l’oreille de Google mais un mec a atterri sur ce blog en tapant « blog gay 50 ans ». Ça m’a énervé cette intelligence.

En fait, ce n’était qu’un premier rappel. Peu de temps après, l’ordinateur de mon employeur me souhaitait avec quelques mois d’avance cet anniversaire en me conviant à une visite médicale. J’avais bien envisagé un check-up pour le cinquantenaire  il y a quelques années, mais maintenant qu’il s’annonçait, ça me fait vraiment fait chier qu’on me le rappelle.

 

A l’entrée de l’exposition, une chronologie de la vie du musicien, informait le visiteur que Debussy avait succombé d’un cancer du rectum, à l’âge de 56 ans.

Morbleu ! Comment appréhender sans effroi excessif l’entrée dans la 6e décennie avec des horizons pareils ? Philosophie ou inconscience ? Je cherche encore ma voie.

Que tous ceux qui ont franchi vaillamment ce seuil me pardonnent cet accès de faiblesse, aussi dérisoire que celui de la crise de la trentaine du point de vue d’un traumatisé de la quarantaine, etc.

 

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Pan et Daphnis - Musée archéologique de Naples

 

 

Le TeZukA méta physique de Sidi Larbi Cherkaoui

 

 

« Les interdits attisent les envies »

Inscription en arabe au dessus de la scène du premier spectacle de Sidi Larbi Cherkaoui « Rien de rien » au théâtre des Abbesses

 

 

 

Bien plus que l’opéra qui sur la longueur a tendance à m’ennuyer - « nobody’s perfect »[1], j’assume le sacrilège devant toutes les folles lyriques -, une performance de danse contemporaine offre l’expérience esthétique poly sensorielle que j’affectionne par-dessus toutes.

La beauté des corps en mouvement, la musique, très souvent originale, la scénographie, la vidéo, la place mineure généralement laissée à la déclamation théâtrale, tout cela m’enchante lorsque le spectacle est réalisé par une équipe talentueuse.

 

Sidi Larbi Cherkaoui qui sait toujours bien s’entourer, excelle dans l’alchimie d’un art pluridisciplinaire subtil, d’une beauté d’autant plus sublime que cet art est éphémère (par nature), et que son propos toujours humaniste est profond.



[1] « Personne n’est parfait »

 

 

 

 

 

 

 

Dans son dernier spectacle « TeZuKa », centré sur l’évocation du mangaka fétiche de son enfance, il réunit pour un spectacle à plusieurs niveaux de lecture, une dizaine de danseurs pour moitié japonais, dont deux hip-hopeurs, des musiciens, des experts en arts martiaux (deux moines de Shaolin), un calligraphe, un vidéaste officiant en live et un danseur récitant, son complice Damien Jalet.

 

Rosita Boisseau qui le suit depuis ses débuts, vient d’écrire dans un article du Monde : « Une conversation avec Sidi Larbi Cherkaoui prend vite une tournure très personnelle sans curieusement virer intime pour autant. » On apprend ainsi dans l’entretien que le nouveau compagnon du chorégraphe est japonais, qu’il se sent une dette à l’égard de Damien Jalet qu’il a aimé durant sept ans et qui lui a tout appris, que ce fut pour lui une évidence de rester au Japon où l’équipe travaillait alors sur TeZukA, quand survint en mars 2011 la catastrophe et que les danseurs français étaient rapatriés : « C’était une décision évidente, j’avais la sensation d’être japonais. »

 

Sept ans auparavant, il avait confié à la journaliste qu’il avait découvert la danse par la télé : « J’ai vu des gens qui bougeaient et j’ai trouvé ça fantastique. Mais après, je dis plutôt que la danse est venue pour moi dans le dessin. C’était la première expression artistique que tu fais naturellement sans même penser au mot artiste (...) Je crois encore que quand je chorégraphie, je dessine ».

 

 

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Tezuka, est-t-il également mentionné dans la brochure distribuée au public, « a abordé des thèmes universels sans le moindre tabou  (...), les droits de l’homme, l’éthique et la tolérance étaient des sujets qui lui tenaient à cœur. » Jugez plutôt ! Le spectacle évoque un manga de Tezuka dans lequel un serial killer confesse ses crimes à un prêtre et finit par parvenir à devenir son amant, donnant lieu à un magnifique duo masculin...

Bref, la genèse de cette performance apparaît comme une évidence.

 

Placés loin au fond de la Grande Halle, impossible de connaître la communion charnelle avec les danseurs que procurent les premiers rangs, et que nous affectionnons par-dessus tout, pourtant, malgré cet obstacle de taille, et c’est là tout le génie de cette performance, nous en sortîmes tout de même ravis.

«Je ne sais pas ce que tu en pense, mais j’ai trouvé ce spectacle métaphysique », n’ai-je trouvé qu’à dire à Gabriel en sortant.

 

 

 sidi larbi cherkaoui TeZukA

 

 

 

 

Je ne crois pas me souvenir qu’il m’ait rejoint à ce point, mais ma mère commentant une vidéo sur notre blog familial d’un des exploits de mon frère Pascal dans une nature sublime, se demandait si les sensations que recherchait notre benjamin ne relevaient pas d’une expérience spirituelle, citant à l’appui leur vieil aumônier de 90 ans qui leur venait de leur dire au cours d’une « retraite » que Dieu était dans la beauté et dans la relation.

 

Oui, il doit y avoir de cela. Il me faudrait aller vérifier du côté de la philosophie esthétique....

 

 

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Post-scriptum : Il est toujours troublant d’entendre parler de soi par autrui, a fortiori si la personne ne vous a jamais rencontré et n’a jamais entendu parler de vous. Selon la voyante que m’a avoué avoir consulté récemment Gabriel (je cite ses notes) :

 

Pour votre ami,  la question de croire ou non en Dieu ne se pose pas, il en fait une question religieuse, institutionnelle. Ainsi on a l’impression qu’il est anticlérical, mais la question de l’existence de Dieu ne se pose pas pour lui, parce qu’en fait, au tréfonds de lui-même, comme c’est un être très spirituel, la réponse est évidente : Dieu existe. (...)

 

 

 

NGT / Connecting people  

 

 

NGT / Expériences esthétiques  

 

 

 

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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 13:25

 

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Berenice Abbott Boy fishing Daytona beach (Florida 1954) au Jeu de Paume 

 

 

 

 

 

Enlacés dans le canapé, on se rediffusait Black power mix tape, lorsque le téléphone sonna à l’autre bout de l’appartement.

22 heures 30 ? Qui pouvait appeler à cette heure-ci ? Gabriel décrocha.

Ouf ! Ce n’était que Max qui donnait un peu de ses nouvelles.

Et oui, ça fait bientôt deux mois que Maxime a quitté son lycée et Paris pour l’école de la vie. La chaine en usine la nuit puis maintenant, grâce à un piston du meilleur ami de mon frère Jonathan, « apprenti » serveur, plongeur ou même cuisinier pendant 10-12 heures par jour dans un restaurant non loin de « la grande bleue ».

 

Le premier trimestre avait scolairement terminé aussi mal qu’il avait commencé, avec le retour de retards et d’absences qui s’ajoutèrent à ceux occasionnées par l’IVG « compliqué » de sa copine, eux pleinement justifiés.  Sur ce dernier épisode, on l’avait même félicité pour son sens des responsabilités (outre le temps passé à ses côtés, il y avait laissé toutes les étrennes que lui avait glissé son père à Noël puisqu’il ne pouvait être question que les parents de la fille soient au courant).

 

 

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 Tim Eitel Reflection 2010

 

 

 

Je l’avais donc renvoyé chez sa mère deux jours avant la sortie des classes pour aller chercher du travail, en laissant une porte entrebâillée pour janvier s’il décidait enfin de préparer un bacho.

Revenu bredouille de sa quête de taf dans deux grandes villes, n’ayant rien de mieux à faire que de revenir à Paris où il avait ses copines et où il profitait tout de même d’un appartement indépendant avec une pension complète chez deux oncles pas vraiment chiants.

 

Il n’ouvrait toujours pas un manuel ou un cahier après les cours mais je m’enchantais de le voir déchiffrer au piano le thème d’ouverture des intouchables face à l’écran de son petit ordinateur portable partagé en deux, avec d’un côté une mauvaise transcription, de l’autre une vidéo filmant les mains d’un interprète l’exécutant lentement. De même, j’étais heureux de son volontarisme pour m’accompagner aux visites-conférences au Louvre - « j’aime l’art » disait-il -, même s’il m’interloqua lorsqu’à la sortie d’une présentation des tableaux du studiolo d’Isabelle d’Este, il me demanda avec toutefois une hésitation dans l’interrogation : « mais cette femme, elle était peintre ? »





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 Michael Borremans The painting 2006

 

 

Le contrat scolaire minimum était respecté : on croisait les doigts, il tenait bon, on allait peut-être avoir six semaines d’affilée sans incident d’absence ou de retard.

Reste que les mauvaises notes s’accumulaient sur l’extranet du lycée et que je me mis de nouveau un peu à le tanner pour qu’il s’y mette, si nécessaire avec mon aide : «tu vas faire partie des 20 % qui le loupent, si tu ne te décoinces pas ! » .

Un soir, je décidai même à m’intéresser de nouveau à ses cours. Ses réponses étaient toujours aussi désolantes. Et pour cause, je venais de l’interroger sur un cours auquel il n’avait pas assisté.

Quand l’école m’a appelé pour me dire qu’il était en train de récidiver, il nous fallut donc lui annoncer que l’école et Paris, c’était fini.

Atmosphère tendue. Gabriel lui demanda alors doucement « Et toi, qu’est-ce que t’en penses de tout ça ? »

« J’y pensais depuis un moment. » (...)

Et on parla pour assez vite retrouver la belle relation qui nous liait. «Tu pourras dire, moi, je n’ai pas loupé mon bac. » (...) Il paraissait immensément soulagé, cependant une chose le chiffonnait, il ne voulait surtout pas que ce temps passé à Paris soit considéré comme n’ayant servi à rien, parce que lui était convaincu du contraire. On le rassura avec vigueur.

 

 

 

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Tom Cullen (Week-end) par Bruce Weber

 

 

J’y allai aussi de mon couplet « 2e chance » : « la France n’est pas le meilleur pays pour cela, mais rappelle-toi l’article que je t’avais passé, ce sont les « motivations intrinsèques » qui sont les plus puissants leviers d’action, il suffit que tu le veuilles un jour fortement et, vu que tu es intelligent, sociable et demerdard, tu t’y mettras.

Il existe un examen d’entrée en fac pour ceux qui n’ont pas le bac ; si tu veux devenir avocat, pour raccrocher, tu peux préparer une capacité en droit qui ne requiert pas le bac ; pareil pour un BTS. Si tu exerces de fait un métier que tu auras appris sur le tas, tu pourras acquérir le diplôme par VAE. (...) »

 

Ça fait bientôt deux mois que Maxime est parti pour l’école de la vie, pourtant il est encore un petit peu là.

En haut du placard de la cuisine, un pot de Nutella abandonné, sur le secrétaire Empire de mon arrière grand-mère, une partition, et puis ces quelques trous blancs agaçants dans la peinture couleur « petite fille triste » du mur de la chambre qu’il a occupée.


 

NGT/ Fuck


 

 

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Peu de temps après son départ, il m’a envoyé un email qui m’a fait plaisir :

 


De : Maxime
Envoyé : jeudi 23 février 2012 03:56
À : Thomas
Objet :

 

salut Tom, je t'envoi cette mise en scène créée par deux artistes allemand, qui me fait assez rire, explique moi quel est le message et cette forme d'art?! 

  

 

 

 


 

Slt Max,

 

Où tu regrettes déjà de ne pas être plus « fluent in english », c’est indispensable en art contemporain (mais ce n’est jamais trop tard)...

 

Cette vidéo est l’un des résultats d’un « travail » réalisé lors d’une résidence d'artistes à Essen en Allemagne dans le cadre d'un festival, "PACT-zollverein" (si tu préfère la page en allemand => http://www.pact-zollverein.de/ , je rigole bien sûr) :

 

« 23 artistes de 15 pays différents ont travaillé pendant plusieurs semaines à développer des projets dans les domaines de la performance, des arts visuels, de la dance et des médias ».

 

Le duo auteur de cette video, Diego Agullo et  Dmitry Paranyushkin qui m’ont l’air passablement allumés et probablement homos, ont nommé leur travail « The Humping Pact », qu’on peut a priori traduire par « le pacte de baise » et que Dmitry qualifie sur son site de « suspended polysingular act of love towards the environment », littéralement de « geste suspendu et poly singulier d’amour vis-à-vis de l’environnement », définition qui colle à peu près à l’activité de tous ces mecs à poil qui érotisent tout et n’importe quoi des lieux où ils se trouvent.

 

Pour finir, la catégorie de cette forme d’art est la performance, réalisée le plus souvent devant un public dont on garde une trace vidéo et photographique. Les plus « trash » que je connaisse sont celles qu’ont réalisé les actionnistes viennois comme Gunther Brus ou l’américain Chris Burden devenu célèbre pour s’être volontairement tirer dessus => shoot .

 

Fin du cours d’anglais et d’art contemporain. Bizz

 

 

 

 

 
 
Norman Les bilingues

 

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Dimanche 25 mars 2012 7 25 /03 /Mars /2012 19:31

 

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Mon voyage d'hiver de Vincent Dieutre (2003)

 

 

 

 

 

 

 

Entre autres critères de sélection des films présentés dans ce festival du cinéma du réel, son directeur évoque dans l’entretien qu’il nous a accordé « la résistance aux modes », en citant par exemple celle de « l’intime », à son grand soulagement révolue.

A l’aune de sa « profession de foi », il est plutôt amusant de trouver au programme de ce festival, deux films de Vincent Dieutre, son premier, « Rome désolée » et son dernier « Jaurès » en film de clôture, car si les films de Dieutre ne relèvent pas de « l’intime », où se niche donc ce dernier ?

Mis bout à bout, ses films écrit à la première personne peuvent relever du journal, mais le plus souvent d'un journal réécrit a posteriori, passé au filtre de la mémoire et de l’écriture, un journal « extime », pour l’intime rendu public, mais aussi pour l’exploration plus que l’introspection. Et puis, il y a une forme, un style.

 

 

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Despues de la revolucion de Vincent Dieutre (2007)

 

 

L’intime de Vincent Dieutre n’est pas à mettre à la portée de tous publics. Sexualité homosexuelle jamais mise en veille, usage de drogues pas seulement récréatives, maladie et disparitions ponctuent récit et réflexions, le plus naturellement du monde, sans jamais vraiment nous faire plonger dans le sordide. Comme chez Hervé Guibert, on croît reconnaître dans cette étrangeté, la marque du détour de l’art.

 

Avant la projection de son « Rome désolé », l’auteur arborant une belle mine radieuse qu’on ne lui connaissait pas, livra quelques repères à la salle du Nouveau Latina aux trois quart pleine.

Ce film d’une heure dix est sorti la première fois il y a 16 ans, en 1995 ; il a été écrit « comme une nécessité » après que les images (en 16 mm) et le son fussent pris (j’ai lu depuis que Dieutre procède en général ainsi).

 

 

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La discothèque l'Alibi dans le Testaccio à Rome

 

 

C’est un film de jeunesse. Au commencement, Vincent et une amie parce qu’ils n’ont pas le sou, ont préféré dormir dans une salle d’attente de la gare Termini plutôt que dans un square toujours plus périlleux (je m’étonne qu’il n’évoque pas comme troisième possibilité, celle d’aller coucher chez une rencontre d’un soir). A la place, il fera mal au cul d’un petit homme en uniforme le long de la voie ferrée, avant de retrouver son amie éveillée et résolue à rester clean.

 

L’héroïne et autres substances tiennent une place centrale dans ce film, ce qui déteint forcément sur l’agenda de l’auteur, sur le détachement ou empêchement d’affection, avec lequel il semble croiser des gens.

Les images elles-mêmes sont à l’unisson : de longs plans fixes d’une caméra abandonnée au sol alternent avec des enregistrements trashy de spots publicitaires et d’images d’actualité sur la RAI, tout aussi abrutis.

 

 

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Ezra Miller dans Another happy day

 

 

Les rues de Rome entrevues, me paraissent d’un temps plus lointain que les années 90. Je scrute les voitures pour aussitôt regretter mon absence de culture automobile. Le programme du festival qui fait référence à « l’implacable réalité de la vie d’un jeune homosexuel dans les années 80 » et une bourse de la « Villa Médicis  hors les murs » obtenue en 1989 répondent à mon interrogation.

 

 

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Anders Danielsen Lie dans Oslo 31 Août 

 

 

A la sortie de la projection, sur le trottoir devant le cinéma, une femme enthousiaste questionnait la représentante de l'ACID qui avait pour sa sortie soutenu le film (avec un nom pareil, vu son sujet, une aide pouvait-elle décemment être refusée à Rome désolée ?).

Comme cette dernière manifestait de manière un peu trop évidente son désir de fumer sa clope sans avoir à subir l’assaut des questions d’une néophyte de Dieutre, j’ai pris le relais :

« Je vous recommande mon préféré, Mon voyage en hiver, un film axé sur la question de la transmission, sur son amour de la culture allemande, avec Schubert en contrepoint musical. Le premier que j’ai vu également, Leçons de ténèbres (un opus de Couperin qui accompagne le film), qui croise des questions intimes avec le beau, l’art, la peinture ténébriste... »

Elle a parlé de Duras et de Lettre d’amour en Somalie de Frédéric Mitterrand. J’acquiesçai à sa comparaison : « c’est la première fois pourtant que je trouve le film autant littéraire, et plus faiblement cinématographique. » Elle a dit alors son intérêt pour le travail sur le décalage images/son et le texte qu’elle trouve admirable et qu’elle aimerait bien retrouver.

On s’est promis d’aller voir « Jaurès » en film de clôture du festival.

 

 

 

 

 

 

 

 Nocturne romain. Rome désolée, de Vincent Dieutre par Gérard Lefort

  

Homophobie à l'italienne diffusé sur Arte (non vu)

 

Comment le tabou de la drogue est tombé - Télérama 16 juin 2011

 

NGT/ Voyage d'hiver  

 

 

 

  

 

 

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 Tony Patrioli série Mediterraneo

 

 

 

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