Préambule

 

UN JOURNAL INTIME EN LIGNE ?

 

Toujours surprenant de trouver dans un moteur de recherche de blogs la catégorie « journal intime ». L’intime n’est-il pas ce que l’on cache en général au plus grand nombre ? Le journal intime n’est-il pas ce cahier que dissimule toujours avec moult précautions la jeune fille ; pas même sa mère (surtout pas sa mère !) ne doit tomber de dessus. 
Par pudeur, et puisqu’on n’a droit qu’à un thème, je n’ai donc pas référencé ce blog dans le thème « journal intime ».

 

Mais l’intime, c’est aussi ce qui est intérieur et profond, ce qui constitue l’essence d’une personne. Ma nature intime est gay, homosexuel devrais-je dire, pour davantage signifier la prégnance du désir homosexuel dans mon existence, désir toujours contrarié par l’homophobie et la pandémie du Sida.

 

La plupart des blogs sont constitués d’une succession de billets rédigés à chaud et apparaissant dans un ordre ante chronologique, ce carnet Web est différent : j’y ai mis régulièrement en ligne des extraits d’un journal commencé en novembre 1998, à l’âge de 36 ans.

 

En accédant à mon intimité, peut-être lecteur trouveras tu des réponses à tes propres questions, des références manquantes à ta culture gay, tandis que moi, en "m’exposant", je donnerai un sens nouveau à toutes ces lignes écrites et, qui sait, aurai-je aussi le plaisir de te lire.   



30/11/2006 -
Les extraits de ce journal/carnet commencé en 1998 sont désormais en ligne. En trois mois, ce sont près de 150 pages, sans compter les illustrations, que je vous ai livrées. Puisque le passé a rejoint le présent, la fréquence de mes « post » va se ralentir.


10/4/2008 - Ce blog est confidentiel : chaque jour, vous êtes en moyenne 127 internautes à parcourir 3 "posts".

Miscellanées

Dimanche 5 novembre 2006

 

Le beau Dani sur le gâteau de Barcelona

 

5/11/5

 

 

Une fois de plus, Yahoo météo nous avait préparé au pire, une fois de plus, ses prévisions se sont avérés fausses et ce fut donc la divine surprise d’une Barcelone très douce et largement ensoleillée.

 

On a donc pu apprécier pleinement la ville méditerranéenne, ses parcs, ses splendeurs architecturales, son bord de mer.

 

Les barcelonais ayant fait le pont, il restait surtout dans la ville des hordes de touristes qui faisaient sagement la queue devant tous les lieux inscrits aux guides. Le ticket d’entrée de base à 8 euros ne semble pas les dissuader, ni les prix exorbitants de la restauration (plus de 200 francs par tête pour un vrai resto), ni même celui de l’hôtellerie (74 euros sans « desayuno » pour une chambre de bonne).

 

Comme d’habitude, j’ai donc radoté qu’il fallait arrêter de faire du tourisme et que l’Europe était devenue financièrement inaccessible. A Barcelone comme à Rome ou à Paris, il n’y a d’ailleurs pas que le visiteur pour se plaindre de cherté de la vie en général et du logement en particulier : un peu partout dans la ville, des affichages et des inscriptions sauvages dénoncent la spéculation immobilière qui jettent les pauvres et même les classes moyennes hors du centre ville.

 

 

Ce dernier soir du séjour, une fois de plus, nous cherchions donc un nouveau lieu pour dîner dans le quartier de l’Example. Puisque nous tournions depuis un moment sans trouver une table satisfaisante, nous pénétrâmes sans trop tergiverser dans la Casa Jaume , un resto à la façade modeste et aux prix raisonnables. Il n’y avait pas grand monde, on devrait être rapidement servi : derrière moi, un couple, sur le côté, un type attablé seul à proximité d’un trio de mecs sans aucun doute « de l’orchestre », comme dit Alain.

 

Alors que nous étions penché sur la carte, l’un des trois nous branche, il est français, à Barcelone depuis 7 ( ?) ans. Tête rasée, bouc finement dessiné, costaud malgré sa bedaine, sensuel, non sans un soupçon d’effroi, je l’imagine sans peine officier en backroom. Je lui demande ce qu’il a pris, il nous conseille le sanglier aux champignons, option que je retiens tout de suite. Gabriel commande des calamares. J’écarte le vino de la casa pour un Crianza plus coûteux de la carte. A tort, ce vin a été mis en bouteille en 1996 et n’est probablement pas d’une qualité qui justifie une garde si longue, sans compter qu’il aurait fallu le carafer. Gab commande des aubergines et des artichauts en entrée, les portions sont énormes mais c’est de nouveau une erreur, les deux légumes sont frits dans une pâte à friture, adieu mon rêve de carciofi marinés dans l’huile d’olive ! ça m’apprendra, on n’est pas en Italie.

 

Alors que sur mon insistance, nous prenions des notes sur ce qui pouvait constituer une trame de scénario à filmer avec notre Canon et ma carte mémoire d’un Giga, sur la thématique du chemin de croix du touriste à Barcelone, arrive ma cassolette. Je repère les champignons mais mon sanglier a subi un an de camp de concentration, on dirait plutôt de la volaille. Dissimulant avec peine mon irrésistible envie d’éclater de rire, je me lève pour interrompre la conversation du trio et montrer à l’homme qui me l’avait conseillé, ce chétif sanglier. Il interpelle le serveur qui confirme que j’ai bien commandé la perdrix, laquelle se trouvait sur la même ligne de la carte que le sanglier. Comme nous continuions à bavarder chacun depuis nos tables respectives, JJ (Jean Jacques) nous proposa de nous joindre à eux.

 

JJ a beaucoup bourlingué, surtout dans l’équitation dont il vit aujourd’hui dans un pueblo de la périphérie de Barcelone. Il la ramène pas mal sur lui-même et tend même à se répéter. Ses deux compagnons parlent le français, ouf ! Jaume, son ami ne se débrouille pas si mal dans notre langue, plutôt posé et pince sans rire, il est rassurant par comparaison avec l’extraversion sexualisée plutôt lourde de JJ. Il travaille dans le prêt à porter ( ?).

 

Dani, le plus jeune des trois (29 ans nous dira-t-il plus tard), me séduira d’emblée. Je suis un peu surpris d’aimer ce brun à la barbe à peine taillée et aux cheveux mi-longs coupés à la mode d’un écuyer d’un autre âge. Contredisant mes conclusions sur un catalan par nature trapu, comme Jaume, il est très long, très grand. Même si la comparaison me gêne, son allure me fait un peu penser à mon cher collègue Vigelin.

 

Dés que je l’ai regardé, j’ai été sous le charme d’un garçon que j’ai trouvé d’autant plus drôle qu’il s’exprimait parfaitement dans notre langue, et qu’il affectionnait des poses terriblement « camp » pour revenir sans transition au catalan très mec. « Un mélange très harmonieux de masculinité et de féminité. » ai-je dit plus tard à Gabriel alors que nous remontions le passeig de Gracia à 3 heures du mat. Dani est l’élève de JJ en équitation, sans aucun doute doué, JJ l’a poussé à présenter le concours de l’école de Saumur. Tout en essayant de tripoter Dani, JJ nous dit qu’il regrette que Dani se soit toujours refusé à lui.

 

Hormis, le « qu’est-ce que vous faites dans la vie ? »,  la conversation s’est tout de suite portée sur « qu’avez vous fait, vu à Barcelone ? ». Notre assemblée parut surprise d’apprendre que nous n’avions été dans aucun lieu gay de la capitale catalane. « Non nous n’avons pas été au sauna ou dans un autre lieu gay, très honnêtement, on n’y va pas à Paris, je ne vois donc pas pourquoi on aurait mis ça au programme ici ».

 

 

Alors que le dessert est avalé depuis un moment, JJ dit son désir de faire une virée à l’Apolo, une boite, faisant aussi office de salle de concert. Top là. Ils nous proposent de nous joindre à eux, pour ma part réservé, je laisse Gabriel répondre, sachant d’avance qu’il est partant. Dani explique qu’un soir de jour férié et veille de reprise du travail la boite devrait fermer tôt, vers 2H et que l’ambiance devrait être cool, les nightclubbers étant fatigués par ce long WE. Ayant compris que la discothèque était en périphérie, je m’inquiète uniquement du retour : « pas de problème, il y a des taxis, en 10 minutes tu seras de retour à ton hôtel ».

 

On mit un certain temps à décoller. Il était de plus en plus évident que JJ en tenait une bonne. On mit encore plus de temps à retrouver le scooter de la sœur de Dani et la voiture des garçons. C’est ainsi que j’appris que le trio avait fait une tournée de bars avant d’aller dîner. Les engins enfin retrouvés, ils nous fallut ramener Dani au resto, que nous cherchons de nouveau (dans ce quartier tout se ressemble), où il a oublié les clés de l’engin. Gab se demande à son tour dans quelle galère nous nous sommes embarqués.

 

Je fus tout surpris de voir Jaume se garer peu de temps après notre départ dans le quartier de Paral-lel. Dépit : l’Apolo est fermée. L’équipée n’a pas dit son dernier mot et nous partons à pied vers un bar. Nous devinons un autre Barcelone, un quartier qui ressemble au nôtre, plus délabré, plus métissé, meilleur marché. Je paye la tournée, bière pour tous sauf pour Jaume qui se prend un Ballantine (11 euros le tout). On bavarde gentiment au comptoir sous un fond sonore de musique latino, clientèle mélangée, au mur des photos d’une actrice, « une icône gay » nous expliquent Jaume et Dani : Sara Montiel. JJ paraît de plus en plus bourré, il tangue d’un corps à l’autre qu’il touche, caresse, palpe. Après un tour avec Jaume qu’il avait entraîné sur la piste de danse, il sort dans la rue. Jaume me dit qu’il n’aime pas le voir dans cet état, que JJ a 46 ans et pas une très bonne santé (je pense aussitôt séropo) et que demain il doit travailler. A son tour, il sort dans la rue, nous revoilà partis à trois avec une nouvelle bière.

 

Dani est le 11e enfant d’une famille de 12, il raconte les menaces des nounous à l’intention de sa mère : « si vous en faites un de plus, Madame, je m’en vais ». Pendant que je vais pisser, ce très cher Dani dit à Gab qui me l’a raconté bien plus tard, qu’ils nous trouvent tous deux très beaux. Nous apprenons de lui que Jaume le protecteur est en train de vomir dans la rue. Comme notre couple alcoolisé vient nous saluer (je promets à JJ d’accepter la prochaine fois à sa proposition de chambre d’hôte dans le jardin « qui favorise la formation de couples », en tapant JJ et Barcelone sur Google), Dani nous propose de faire un arrêt dans un autre lieu d’où l’on partira si ce n’est pas bien. Je crois que c’était sur la place Reial à droite de la ramblas.

 

Troisième tournée, de Dani cette fois-ci, il fait le clown en jonglant avec des oranges qu’il emprunte dans le saladier du bar et qu’il fait inévitablement tomber au sol. Il fait éclater de rire la serveuse qui le rabroue, par sa mine déconfite d’enfant pris en faute et par ce qu’il lui a dit. Le DJ finit par passer « ring my bell » et Gab et moi dansons sur la nostalgie de notre jeunesse triomphante.

 

Dani nous raccompagna jusqu’à la place de Catalunya et tel un adolescent amoureux, je lui griffonnai sur un bout de Monde notre numéro de téléphone.

 

 

Plaisirs nostalgiques

 

« Le plaisir de table n’est pas un plaisir qu’on peut avoir à 20 ans, c’est un plaisir de la maturité, un plaisir nostalgique » déclara Jorge, universitaire et explorateur du thème de la nostalgie dans la littérature latino-américaine, alors que je disais mon plaisir toujours renouvelé de manger une salade grecque qui chaque fois m’évoquait la terre et la mer qui l’ont vue naître.

 

 

Nostalgie ( gr. nostos : retour, algos : douleur) : regret attendri ou désir vague accompagné de mélancolie. Avoir la nostalgie des vacances.

 

Mélancolie : état de dépression, de tristesse vague, de dégoût de la vie. (Larousse)

 

 

Non, je ne crois pas qu’il y ait de la nostalgie dans ce plaisir. Le goût de la feta arrosée d’huile d’olive fruitée, les herbes aromatiques, la force des oignons, la fraîcheur des tomates et du concombre, chaque fois, opèrent le miracle : à l’ombre d’un soleil intense, je la savoure tandis qu’à nos pieds la mer ensuquée lèche mollement le quai.

 

 

Ne pas confondre Pampers avec….

 

Discussion à mon avis déjà abordée avec Darek et Jorge de l’effet de l’herbe sur le désir sexuel qu’elle exacerberait à condition de ne pas être trop mélangée avec de l’alcool (ils sont actuellement débordés par leur surproduction domestique d’herbe). L’un d’eux de rajouter :

 

-         mais c’est sans commune mesure avec l’effet de …..

 

-          ??? des Pampers ?

 

Instant d’incompréhension avant que je ne comprenne qu’ils parlaient de poppers. Ils ne veulent pas me croire lorsque je leur dis que je n’ai jamais essayé. Ils me vantent alors la démultiplication du plaisir sexuel que procure le snif de cette substance. Les poppers excitent tout en décontractant les corps notamment les parties les plus érogènes, genre l’anus. Gab raccroche la conversation :

 

-         Ben si, j’ai essayé avec mon frère Pierre-Emmanuel

 

-         Il avait pris ça où ?

 

-         Dans un sex-shop.

 

-         C’était bien ?

 

-         Ouais ? Mais j’ai préféré l’eau écarlate qu’on avait aussi essayée.

 

Darek et Jorge disent hésiter désormais à y avoir recours. Le cœur se met à battre la chamade, ce qui est un peu effrayant : « à nos âges, je ne sais pas si c’est très bon ».

 

A peine sorti des couches, je dois déjà renoncer aux poppers.

 

 

 

Dans l’encadrement de la porte, la mine fraîche de Mouloud

 

C’est la première année que j’ai autant d’heures avec une même classe : 11 H, eux m’ont 9H dont 7H de classe entière. J’appréhendais quelque peu à la rentrée d’autant que deux jours de suite, je fais cours en fin de journée dont une séquence de 3H. Gros challenge donc pour éviter à tout prix l’énervement et l’ennui. Je ne m’en tire pas trop mal. La confiance de la classe me semble acquise et je peux même me permettre assez souvent d’être décontracté.

 

Ce vendredi, ils se sont levés tôt pour faire leur 1er devoir surveillé de 5H. Beaucoup de visages mal réveillés. La salle 15 est ridiculement petite et donc inadapté au travail personnel. Après de rapides et savants calculs, j’ordonne quelques déplacements de place. Je place ensuite avec encore plus de difficulté les quelques retardataires.

 

Enfin, Mouloud pointa dans l’encadrement de la porte sa mine fraîche sur laquelle se devine sans difficulté ce qu’a dû être son visage d’enfant.

 

Je fais du regard un tour de la salle, et manifeste, sans un mot, en grimaçant, mon embarras. Finalement, je me tourne vers lui et désigne en les frappant deux fois mes cuisses, tout en haussant les épaules, l’air de dire « pas le choix », pour aussitôt éclater de rire avec une partie de la classe. Pour ne pas lui laisser le temps d’être mal à l’aise et éviter tout dérapage, j’ai ensuite bondi pour lui installer la dernière table inoccupée.

 

 

 

Tant qu’il y a du désir (Armande)

 

-         qu’est-ce que tu veux que je t’apporte ?

 

-         du raisin. Heu, non, il est cher.

 

-         C’est surtout que ce n’est plus trop la saison. Je ne sais pas d’où ils le font venir.

 

-         D’Italie ?

 

-         Peut-être. Alors ?

 

-         Des raviolis en boite. Oui des raviolis en boite.

 

J’arrivai donc avec mes deux petites boites de raviolis dans sa chambre de Maison sur Seine. Comme d’habitude, elle était allongée et devant la TV. Nous parlâmes peu. Bien qu’elle n’ait pas faim, elle se leva pour manger. Il s’agissait au moins d’avaler sa dizaine de comprimés avec un peu de soupe. Elle se recoucha sans avoir touché au reste. Je continuais à avancer dans le 3e volume de mots fléchés que je lui avais apporté. C’est un recueil que j’avais acheté pour moi il y a longtemps et auquel je n’avais jamais touché, Armande se plaint qu’il est très difficile.

 

Le personnel est toujours aussi aimable. Je sors le temps qu’une infirmière fasse à Armande une intraveineuse. Armande dit avoir mal, « votre peau n’est veut plus des piqûres », « prenez bien le Dafalgan ». Je demande à Armande à quoi est destiné ce qu’on lui a injecté : « pour faire remonter mes T4 » (Elle stagne à 60). Une autre employée vient prendre congé d’elle. Elle ferme la fenêtre qu’Armande avait ouverte et baisse le chauffage : « c’est pas au moment où vous devez aller passer Noël en famille à Tours avec Valentin qu’il faut tomber malade ».

 

Armande me redemandera d’ouvrir, elle crève de chaud : « les injections me donnent de la fièvre ». Je continue les mots fléchés et la sollicite parfois pour contrôle. J’ai pratiquement terminé une page : ils ne me semblent pas plus durs que d’autres.

 

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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Samedi 4 novembre 2006

Olivier

 

24/10/5

 

 

Ce garçon blond hâlé, aux traits fins, paraît toujours sourire. Il a repris les études après les deux ans d’interruption qui succédèrent à son échec au BTS. Il a de cette maturité qui fait si souvent défaut à nos jeunes qui enchaînent directement la STS, le bac en poche. Je crois qu’il m’aime bien et je lui rends bien. A la pause qui coupe nos trois heures du mercredi soir, je lui dis mon impatience d’aller à Barcelone. Il connaît et affectionne l’ambiance de fête qui y règne. « Y a Sitgès aussi, si vous avez le temps, ce n’est pas si loin, une ambiance de folie ». Je pense instantanément à la Mecque pédé à l’instar de Mykonos et me demande si ce qu’il a aimé est ce que j’aime.

 

Vendredi, à côté de son poste informatique un CD, Miguel migs 24th St sounds. Je parcoure la compil où trône en 5e position un « crazy penis » :

 

-         C’est bien ? C’est quoi ?

 

-         du bon son, de la house (…)

 

-         je note la référence, pour voir ce qu’écoutent les jeunes de 20 ans

 

-         de 22 ans !

 

-         comme c’est mignon, on dirait un enfant qui veut à tout prix avoir 7 ans ½ et non 7, mais vous avez raison, ce n’est pas pareil.

 

 

 

Guillaume Dustan est mort dans sa chambre

 

Guillaume Dustan est mort dans sa chambre à 40 ans pas même de son sida mais d’une « intoxication médicamenteuse involontaire ». Seul, peu de temps après avoir publié un « Dernier roman » prémonitoire[1].

 

« C’est triste » m’a dit Gabriel.

 

Son premier roman « Dans ma chambre » était en rupture de stock « aux mots à la bouche », la mort a toujours été la meilleure chose qui puisse arriver à un éditeur dont l’auteur n’a plus rien à dire. « Anyway », comme il aurait pu dire, la boucle est bouclée : « Dernier roman » « Dans ma chambre ».

 



[1] En fait, en 2005, il publia un « premier essai »


 

20 cm (20 centimetros)

 

De Ramon Salazar avec Monica Cervera (le crime farpait d’A. de la Iglesia) et Rossy de Palma

 

Marietta voudrait bien être une femme comme les autres. Pour cela elle est prête à délaisser le trottoir pour avoir un vrai job. Pour cela il lui faut surtout mettre beaucoup d’argent de côté pour se faire couper ses 20 cm de trop qui lui pendent entre les jambes (l’argument d’Hedwig and the angry inch). Comme toutes les jeunes femmes, Marietta rêve aussi de rencontrer un homme, un vrai qui l’aimera. Elle croit un moment l’avoir trouvé en la personne du beau Pablo Payol. Las, bien que lui aussi monté comme un âne, le beau macho espagnol aime par dessous tout chez Marietta son énorme engin qu’il n’a de cesse de vouloir se voir fourrer dans le cul. Tout ça fait une vie compliquée, alors régulièrement notre trans fait des crises de narcolepsie (Clin d’œil au beau River Phoenix de My own private Idaho de Gus Van Sant ?) qui le font plonger dans un monde idéal de comédie musicale aux chorégraphies le plus souvent drôles. 

 

Un bon traitement du thème du transexuel, souvent amusant, parfois grave, davantage dans la veine de Priscilla folle du désert et d’Hedwig que d’un sous Almodovar, comme le voudrait une « critique » fainéante et inculte pour dénigrer ce film.

 

 

 

 

Faut changer cette cafetière ! 

 

Ce fut le dernier café qu’elle nous fit. Notre cafetière pourrie s’est enfin éteinte dans un petit feu. Je me chargerai de la corvée de la remplacer. 20 euros au BHV, un seul critère de choix : qu’elle soit fabriquée en Europe, surtout pas une merde chinoise ! J’arrivai en avance au ciné pour The President’s last bang[2]. Les places prises, je stationnais devant l’entrée avec à mes pieds cet encombrant paquet. Gabriel surgit. Je vis le sien (Darty), il vit le mien (BHV) et nous rîmes.

 

 [2] d’ Im Sang-soo

 

5/11/5

 

Vivement la retraite !

 

Fin des vacances de Toussaint : la mère de Gab remonte Valentin à Paris. Une voisine de voyage s’adresse à lui :

 

-         alors, mon bonhomme, demain tu retournes à l’école, t’es content ?

 

-         Non !

 

-         Pourquoi, tu n’aimes pas l’école ?

 

-         Non !… Vivement la retraite !

 


 

 

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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Jeudi 2 novembre 2006

Les baisers de Frédéric Sabatier

 

11/9/5

 

 

Depuis le fenestron de la salle de bain que vous aurez préalablement plongée dans l’obscurité pour ne pas être vu, en vous tordant un peu le cou pour ne pas être gêné par les plantes qu’a accrochées Gabriel sur la rambarde de la fenêtre de notre chambre, avec un peu de chance ou de patience, il se peut que vous surpreniez un jeune homme mince dans le plus simple appareil.  Il est étudiant en ingénierie du son, bien entouré mais poli sans plus lorsque je le croise dans le hall. Cette nuit, je m’étais installé avec quelques personnes dans son petit appartement lorsqu’il nous surpris très étonné chez lui. Comme toujours, il était accompagné. Je m’approchai très près de son visage et lui dis : « embrasse moi ! ». Aussitôt, il me fit une série de petits baisers rapides mais tendres sur la bouche. (Fin du rêve)

 

Derrière un paravent...

 

Gabriel m’a surpris cette nuit en train d’embrasser un jeune garçon très joli « beur, me semble-t-il, peut-être un de tes étudiants. J’étais très triste.  - Et dans ton rêve, je ne t’ai pas proposé d’y goûter ? »  Lui ai-je demandé.

 

Où dorment tonton Tom et Gabriel ?

 

Au petit déjeuner, Antoine à sa mère :

-         où dorment tonton Tom et Gabriel ?

 

-         dans le bureau, lui répond sa mère

-         Mais c’est pas possible maman !

 

-         Pourquoi donc ? lui demande sa mère en imaginant la suite.

 

-         Mais le canapé n’est pas assez long pour eux.

 

 

 

 

Période noire pour les pédés polonais

 

L’entrée de la Pologne dans l’Europe ne m’avait pas ravi. Non à cause du fantasme d’invasion de plombiers polonais, mais pour leur bigoterie catholique qui fait rarement bon ménage avec le fait homosexuel. La messe a été dite par le nouveau premier ministre Kazimierz Marcinkiewicz qui n’a pas perdu une minute pour déclarer dans l’édition polonaise de Newsweek : l’homosexualité est « contre-nature. Ce qui est naturel, c’est la famille, et l’Etat doit la protéger (…) Si les homosexuels ne respectent pas la liberté des autres, nous ne pouvons être d’accord. (…) la Gay pride est une promotion de l’homosexualité et c’est inadmissible. (…) Si une personne tente de contaminer les autres avec son homosexualité, l’Etat doit intervenir contre une telle entrave à la liberté ».

 

 

L’amour d’une mère

 

Un week-end pour rien. A attendre que le mal de gorge monte au nez puis à la tête, que la petite température redescende à un niveau normal.

 

Lundi : le coup de fil de maman qui prenait de mes nouvelles et qui devança d’un jour celui de Mireille. Irremplaçable mère, irremplaçable Mireille.

 

 

Namibie présente et passée : homophobie et génocide

 

Prochain voyage avec papa nouvellement retraité. Colette et les Weill se joignent à nous.

 

Encore une destination que je devrais boycotter pour l’homophobie de ses dirigeants. La dernière déclaration de la ministre de l’intérieur et de l’immigration : « Les lesbiennes et les gays ont trahi le combat pour la liberté namibienne, ils sont responsables de la pandémie de sida et représentent une insulte à la culture africaine. » (Têtu nov. 2005)

 

Faut-il Mme la ministre en nettoyer le pays ? Pour la méthode vous pourrez toujours puiser dans votre passé de colonisés.

 

Dans la revue L ’Histoire spécial « La colonisation en procès » (Octobre 2005), de l’avis d’historiens, en 1904, il y a été perpétré par les allemands « le seul massacre qu’on peut qualifier de génocide dans les empires coloniaux. » Début 1905, la révolte des Herero consécutive à la privatisation des terres par les colons est matée. « Sur les 80 000 Herero, il n’en subsiste qu’une dizaine de milliers, dont la plupart se sont réfugiés dans les colonies britanniques voisines. »

 

 

Lettres d’amour en Somalie de Frédéric Mitterrand (1981)

 

Portrait sensible d’un pays à la dérive, décor à la nostalgie d’un homme jeune[1] qui a aimé avec passion un garçon.

 


 

[1] né en 1947

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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