Préambule

 

UN JOURNAL INTIME EN LIGNE ?

 

Toujours surprenant de trouver dans un moteur de recherche de blogs la catégorie « journal intime ». L’intime n’est-il pas ce que l’on cache en général au plus grand nombre ? Le journal intime n’est-il pas ce cahier que dissimule toujours avec moult précautions la jeune fille ; pas même sa mère (surtout pas sa mère !) ne doit tomber de dessus. 
Par pudeur, et puisqu’on n’a droit qu’à un thème, je n’ai donc pas référencé ce blog dans le thème « journal intime ».

 

Mais l’intime, c’est aussi ce qui est intérieur et profond, ce qui constitue l’essence d’une personne. Ma nature intime est gay, homosexuel devrais-je dire, pour davantage signifier la prégnance du désir homosexuel dans mon existence, désir toujours contrarié par l’homophobie et la pandémie du Sida.

 

La plupart des blogs sont constitués d’une succession de billets rédigés à chaud et apparaissant dans un ordre ante chronologique, ce carnet Web est différent : j’y ai mis régulièrement en ligne des extraits d’un journal commencé en novembre 1998, à l’âge de 36 ans.

 

En accédant à mon intimité, peut-être lecteur trouveras tu des réponses à tes propres questions, des références manquantes à ta culture gay, tandis que moi, en "m’exposant", je donnerai un sens nouveau à toutes ces lignes écrites et, qui sait, aurai-je aussi le plaisir de te lire.   



30/11/2006 -
Les extraits de ce journal/carnet commencé en 1998 sont désormais en ligne. En trois mois, ce sont près de 150 pages, sans compter les illustrations, que je vous ai livrées. Puisque le passé a rejoint le présent, la fréquence de mes « post » va se ralentir.


10/4/2008 - Ce blog est confidentiel : chaque jour, vous êtes en moyenne 127 internautes à parcourir 3 "posts".

Miscellanées

Lundi 5 février 2007

Montgomery Clift, selon mon père, le plus bel acteur de sa génération (incontestable), en aurait-il dit de même s'il avait su qu'il était homo ?

 

 

Guerre d’Algérie : les faits d’armes de mon père

 

En janvier 1959, Michel Querqy devançait l’appel pour pouvoir choisir son arme et échapper ainsi aux parachutistes auxquels sa superbe musculature l’avait naturellement destiné. L’armée de l’air paraissait moins risquée, aussi il fit ses classes à Orange avant d’être affecté à la BTA 247 de Marseille (base de transit des troupes partant pour l’Algérie). Le colonel lui demanda par qui il était recommandé, ce à quoi il ne put que répondre « par personne ». Ce colonel fut très vite remplacé par un autre parfaitement alcoolique qui confia à sa dextérité dactylographique l’exécution de son courrier, ainsi que la responsabilité de la salle de sport où Michel Querqy se faisait tous les soirs de petites tisanes avec ses camarades, après avoir écrit à sa blonde 4 pages d’une écriture fine qui occupait bien sa destinataire, laquelle en faisait autant, mais en plus gros, bien espacé.  

 

Cette situation lui épargna non seulement l’Algérie mais aussi la base corse de Solenzara en construction, infestée de moustiques et de malaria. Par-dessus tout, elle l’autorisa à être en permission tous les week-ends, moyennant un certain nombre de faux plus ou moins gonflés, en particulier le jour où il fut contrôlé dans le train sous le nom de Mohamed Bouteflika.

 

Au cours de ce service militaire plein de risques, l’un des moindres ne fut pas l’épisode oreillons. Au cours d’une de ces nombreuses permissions, il arriva à Valence avec une tête en forme d’œuf de Pâques. Sur les conseils de sa future belle-mère, il regagna d’urgence sa base de Marseille vu l’irrégularité de sa situation. Il  voyagea confortablement, seul dans un compartiment où il avait pu s’allonger, après avoir informé les occupants de l’existence de son état. Il fut hospitalisé à l’hôpital militaire de Marseille et lors de sa sortie, guéri, lorsqu’il regagna la caserne, tout le monde était consigné depuis 15 jours et sur les murs fleurissaient les inscriptions « Mort à Querqy ».

 

A Valence sa dulcinée était plongée dans une imposante documentation relative à l’adoption pour le cas où ces oreillons l’auraient stérilisé. Dieu merci, il n’en fut rien puisqu’en 8 ans ils eurent leurs 4 premiers enfants. 

Récit sous la dictée de ma mère

 

 

 

 

sarkozix.jpg 

 

Présidentielles : faute de projet, le PS s’attaque à l’adversaire et au virtuel

« Allez ! Dis quelque chose de gauche, dis quelque chose (...) » Nanni Moretti (1998)

 

A défaut d’avoir véritable projet clair et alternatif, le Parti Socialiste a travaillé sur le bilan et le programme de l’adversaire. Le résultat de la réflexion de l'équipe de rédacteurs, composée de cadres socialistes, d'experts et de sources anonymes à l'UMP se trouve dans 140 pages téléchargeables : L'inquiétante "rupture tranquille" de Nicolas Sarkozy

 

La somme s’annonce pertinente et éclairante.

 

Pour connaître les axes de l’étude :

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/227437.FR.php

 

Si seulement, Mme Royal pouvait commander un travail identique pour se construire un programme !

Bon, c’est vrai qu’elle ne peut pas être à la fois au four et au moulin : ses conseillers en communication l’ont pressée de faire son entrée sur Second Life, cet « univers virtuel persistant collaboratif sur Internet ». Une entrée modeste : un siège de campagne virtuel sans militants, coincé entre un concessionnaire automobile, une boutique de fringues, une galerie d’art et un bordel britannique particulièrement « trash » ; quatre panneaux renvoient sur le «blog» Désirs d’avenir, deux étages blancs (forcément) d’une rare pauvreté graphique, une salle de projection (à l’accès multimédia bien maigre…), une pièce noire à la fonction énigmatique (un confessionnal ?) et quelques fauteuils.

 


Impossible aussi de ne pas penser à
Nanni Moretti qui dans son film Aprile, enrage face à l’atonie de Massimo D’Alema, leader des démocrates de gauche, lors d’un débat télévisé avec Berlusconi. "Réagis, réponds, dis quelque chose, intime-t-il à D’Alema, en sautillant sur sa chaise. Allez ! Dis quelque chose de gauche, dis quelque chose, même si ce n’est pas de gauche, mais juste quelque chose de démocratique, mais réagis, quoi ! "

 

 

 

 

BD PD   

Festival d’Angoulême oblige, les pages  « livres » des quotidiens nous causent bande dessinée. Indispensables Libération et Eric Loret, signataire des articles, qui démarrent leur « Spécial BD » d’une double page « Comment peut-on être pédé dans le monde la bande dessinée ? A peu près comme dans la vie réelle. Etat des lieux. » Extraits

 

« Comment peut-on être pédé dans le monde la bande dessinée ? A peu près comme dans la vie réelle. On peut choisir de rester entre soi, cultiver ses muscles et avoir une grosse teub. C’est ce que proposent par exemple les éditions H&O, qui publient entre autres le québécois Patrick Fillion, avec plein de garçons dans tous les trous. (...)  

 

L’Arena de Genoroh TAGAME, manga X où tous les hommes se font violer, appartient au premier coup d’œil à cette catégorie fantasmagorique.

 

« Précision typologique : il ne s’agit pas d’un Yaoi, histoire gay à l’eau de foutre plutôt destinée aux filles, mais bien d’un genre purement X. (...) En réalité la trame générale d’Arena est (...) strictement hétérosexuelle. Dans la plupart des histoires, un brave gars bien normé se fait capturer, des machos le branlent de force devant tout le monde (« non, non, arrêtez »), il se prend une trique d’enfer et éjacule comme un taureau. Après, on le traite forcément de fiote et c’est la méga-honte. On comprend alors que toutes ces horreurs ne sont pas proposées à notre voyeurisme, mais pour inciter les garçons à se méfier des diableries de l’inversion. Le père en prescrira donc la lecture à son fils. »

 


 

« Mais, le vrai défi, c’est d’être un personnage homo dans un univers hétéro, de glisser de la différence dans un genre qu’on croit souvent réservé aux garçons ados et qui, à force de le croire finit par le devenir. »

 


Eric Loret cite d’abord le crypto gay
Alix de Jacques Martin, tout en soulignant que « c’est un peu maigre et demande une bonne dose de mauvaise fois», le journal de Fabrice Neaud et bien sûr les albums de Ralf König, avant de présenter quelques nouveautés.

 

 

« Non qu’on fasse l’apologie de la pédophilie, mais il est relativement rassurant de voir que, malgré le retour de bâton anti-freudien, quelques auteurs osent toujours évoquer le désir enfantin et la comédie de l’innocence. (...) König le fait en se décrivant impubère et obsédé du cul (ou de la queue, pour être précis). Freddy Nadolny Poustochkine, nouveau venu sur la scène BD (il a 29 ans et, comme on s’en doute, un père ukrainien), opte pour des zones moins franches en peignant l’univers incertain d’un petit garçon. » 

La chair des pommes se réclame d’une esthétique de la honte et de la gêne.

 

Autre récit d’initiation, mais d’un jeune adulte, Le petit Lulu d'Hugues Barthe dans lequel il est question des trois première fois d’un jeune homo : premier deuil, première passion érotique et premier emploi. L’auteur s’y montre notamment capable de dérision dans les détails qu’il donne de la vie intime de ses personnages, ce qui ne manque pas de courage à notre époque où la pornographie a installé dans nos esprits une représentation d’hyper performance sexuelle : « François n’est jamais parvenu à m’enculer. Moi non plus, je n’ai pas réussi à enculer François. »

 

 

« Mais le plus dérangeant peut-être des albums de l’automne dernier, tout en étant (et précisémment parce qu’il est) graphiquement et narrativement plus conventionnel, reste Muchacho (tome 2)  de Lepage. « L’homosexualité de Gabriel, indique l’auteur, c’est sa part d’ombre. (...) Par sa naissance, il fait partie de l’élite, par ses désirs, il appartient au camp des exclus. »

 Je ne lis jamais un livre dont je dois écrire la critique ;

on se laisse tellement influencer. »

Oscar Wilde

 

 

 

 

 

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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Lundi 29 janvier 2007

 

On vit une époque formidable : refaire sa vie avec Second Life 

 

Qui n’a jamais dit « j’aurais bien aimé être..., faire... » ? Qui n’a pas ressenti au moins une fois la difficulté, l’ennui d’être soi ?

Qui n’a pas un jour rêvé d’être un autre ? Qui n’a jamais songé à changer de vie ? Qui n’a pas un jour rêvé de pouvoir en vivre plusieurs ?

 

Une infime minorité y parvient, avec plus ou moins de bonheur, la plupart y renoncent coincés dans des contraintes matérielles et affectives,  limités par leurs capacités, leur histoire et leur culture.

 

Second Life (SL) propose à tous de réaliser ce rêve en fournissant le canevas et les outils pour participer à l’édification d’un nouveau monde (Your world, Your imagination).


 

Le premier travail d’un candidat à une « deuxième vie » pour pouvoir y évoluer et rejoindre la communauté SL est de se construire son « avatar », un double virtuel (homme, femme, animal, chose, hybride...). Vient ensuite la possibilité d’être spectateur de ce monde et l’énorme déception de découvrir que sans fric, comme dans le monde actuel, ton avatar est condamné à être un SDF itinérant dans son uniforme de primo arrivant.  En effet, Second Life est atteint de la même tare que notre  monde réel : la marchandisation généralisée, où tout s’achète, tout se vend et où sans blé, tu dois renoncer aux projets et aux divertissements ! Comme dans la vraie vie, le premier souci du nouveau membre est par conséquent de rafler quelques Linden dollars convertibles en US dollars, si nécessaire en faisant le tapin.

 

Certains parviennent même à gagner leur vie dans ce monde virtuel au point que les administrations fiscales commencent à s’y intéresser. Ainsi, Allin Graf, 28 ans, qui vit à Francfort en Allemagne, passe 45 heures par semaine sur SL avec un business dans l’immobilier virtuel, et son patrimoine est estimé à 250 000 US $ (Le Monde 2 /2 déc-2006). 

 

Second Life ressemble également tellement au monde contemporain que la pieuvre publicitaire des marques l’a envahi, au grand dam des punks de SL, et que ce qui s’y passe est chroniqué (SLObserver)

 

 

 

 

« SL, c’est comme la vraie vie, mais sans les risques et les erreurs»

 

Pour certains habitants, Second Life a supplanté la vie réelle. Mattias Faulkner, 25 ans, est étudiant à Anvers : « SL, c’est comme la vraie vie, mais sans les risques et les erreurs. Le monde est devenu tellement flippant que plein de gens trouvent refuge ici. Ma première motivation a été la construction, l’envie de devenir célèbre grâce à mes réalisations. Pour d’autres, SL permet de fuir le réel ou d’expérimenter tous les fantasmes, notamment sexuels. La plupart viennent ici pour se faire des amis et échanger sans a priori ». Roger Book, ce vieil hippie famélique qui hante les prairies de SL depuis l’automne, était travailleur social à New York avant de partir à la retraite. « J’ai complètement laissé tomber ma vie réelle, je passe tout mon temps ici, au point d’oublier de manger, de dormir ou de sortir. Cet après-midi, j’aurais dû aller manifester contre la guerre. Au lieu de quoi, je suis resté congelé devant mon ordinateur. Je vis seul, je n’ai pas d’amis, une vraie vie de merde. SL a tout changé. Dans le jeu, je peux me marrer avec des potes, fumer toute la dope que je veux. Hier, j’ai passé toute ma journée avec une Philippine, nous avons nagé, pêché, baisé comme des fous, on s’est bien éclaté. » (...)

 

« Il y a beaucoup de sexe ici »

 

« Il y a beaucoup de sexe ici, philosophe Aimee. On peut créer ses propres animations et tester des positions défiant les lois de la physique, on peut explorer toutes les sexualités possibles, y compris les plus déviantes, comme chez les Goreans, adeptes des relations maître-esclave qui ont leurs propres territoires dans SL. » Pour Peter Ludlow, alias Urezinus, observateur attentif des mondes en ligne, la prostitution existe aussi : « Elle est même très présente, car c’est un jeu pour adultes seulement. Les sex-clubs, la cyberprostitution et le fétichisme sont parmi les traits les plus saillants du jeu. Les développeurs estiment que 30 % de l’économie en ligne est "sale". »

 

Ecrans (Libération) 17/9/6

 

A titre d’illustration, côté fantasme, moyennant 220 Linden dollars, vous pouvez vous faire violer dans une allée glauque réservée à cet effet.

 

Alors, Second Life, un espace sans interdit, ni tabou ? Pas vraiment, comme tout « tchate », il est modéré et le résident s’engage à respecter les conditions générales d'utilisation qui précisent qu'il est interdit de se livrer à des comportements "dangereux, menaçants, injurieux, harcelant, causant du tort, diffamatoires, vulgaires, obscènes, calomnieux, haineux, raciste, xénophobe".

 


Fascinant malgré tout, non ? Je me suis pourtant un peu senti seul, hier soir, quand j’ai voulu partager mon enthousiasme avec Darek, Jorge et leur copain américain Mike, le musicien. En revanche, nul désaccord autour de l’excellence du dîner préparé par Darek et Jorge :

 

- « Jamon » rapporté de Barcelone et un tapa d’artichauts à l’huile d’olive dégustés sur du pain frotté d’ail, arrosé d’un filet d’huile d’olive,

- cabri grillé et ses petites pommes de terre sautées au persil,  

- compote de banane, pommes, cannelle, raisins secs... avec  un peu de fjord

 

Le tout arrosé d’un Reuilly, du St Estèphe que Gabriel avait acheté, et d’un vin de dessert dont j’ai oublié le nom, tous délicieux.

 

Second Life mode d'emploi (Ecrans/Libération)

 

Il était une fois dans l'web (Télérama)

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Second_Life

 

Qu’est-ce que la vie ? Un délire.

 

Qu’est donc la vie ? Une illusion,

 

Une ombre, une fiction ;

 

Le plus grand bien est peu de chose,

 

Car toute la vie n’est qu’un songe,

 

Et les songes rien que des songes.

 

Sigismond dans La vie est un songe Pedro Calderón de la Barca  (1600-1681)

 

 

Daratt (saison sèche)

de Mahamat-Saleh Haroun (Tchad)  

 

J’ai hésité sur le nom du film, quand j’ai demandé les places. Tout en sachant que ce n’était pas son titre, c’est « Barat » qui me venait à l’esprit, ce film qui m’avait tant agacé avec ses procédés de « trash TV », où un ahuri dit ou fait des énormités devant des gens pour filmer leurs réactions.  

 

Pour être juste, une scène, furtive, m’a franchement fait rire, parce qu’elle est selon moi la seule qui constitue une véritable transgression : celle où Barat, en « formation » sur les mœurs des américains chez une WASP[1], lui demande s’il est convenable de montrer des photos de ses enfants ; encouragée à le faire, il lui montre très fier des photos de son fils aîné, assis sur ses genoux, nu, avec entre ses jambes un sexe pubère. Malaise assuré.


 

 

Dans un bled du Tchad, un garçon et son grand-père aveugle écoutent la radio. Ils apprennent la décision prise par le gouvernement, « dans un souci de concorde nationale » d’amnistier l’ensemble des crimes commis au cours de la guerre civile : l’assassin du père d’Hatim dont ils connaissent le nom, ne sera pas poursuivi.

 

Le grand-père tend alors à son petit-fils un pistolet afin qu’il parte à la capitale N ’djaména venger son père, en tuant l’homme qui le fit naître orphelin (Hatim signifie orphelin en arabe).

 

Difficile mission pour ce garçon. Ce n’est pas facile de tuer un homme. Que dire alors de l’épreuve d’assassiner un homme déjà âgé, qui nourrit les gosses des rues, va prier à la mosquée, vous offre un toit, le couvert et vous propose d’apprendre son métier !

 

Un film de taiseux, le plus souvent tendu, émouvant dans sa manière très charnelle de provoquer dans nos esprits des réflexions sur les thèmes de la transmission, de la paternité et de la relation filiale, sur fond de dilemme "vengeance ou pardon ?".

 

A la séquence finale, je n’ai pu m’empêcher de me tourner vers Darek pour lui chuchoter à l’oreille : «la  fin est sublime, ce film est magnifique ». Il acquiesça.

 

Jorge : « Pourquoi s’acharne-t-on à vouloir faire des films d’une heure quarante minutes ? Pourquoi ne fait-on pas des moyens métrages ? Dans ce format, il aurait fait un très bon film »

 

Darek : « J’ai mis un peu de temps à rentrer dans le film, mais après, j’ai été envoûté. »

 

Gabriel : «La scène finale est très belle mais j’en avais un peu marre aussi. C’est un peu lent ».

 

Jorge : « Bon, on sait au moins maintenant, qu’il est inutile d’envisager le Tchad comme prochaine destination de voyage. »

 

Moi : «La photographie, les plans, les cadrages sont superbes. »

 

PS. J’avais déjà repéré Mahamat-Saleh Haroun grâce à l’affiche de son précédent film : Abouna qui traite aussi de l’absence d’un père, disparu du jour au lendemain, et de sa recherche par ses deux jeunes fils (15 et 8 ans).

 

Prochain film ?

 

Comme Daratt, à voir en salle, pas sur un téléviseur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Scènes de la vie conjugale

 

 

 

 

 

ça m’agace...

 

 

 

 

Gabriel

 

 

Thomas

 

 

Quand tu oublies d’acheter le pain le soir avant d’aller à la gym et que tu négliges de me le dire, ce qui me conduit à descendre en catastrophe à la boulangerie qui est souvent ... fermée

 

 

Tu laisses toujours sur la table que tu as desservi quelque chose : la boite de sel, une serviette,... (presque émouvant cette difficulté avec la finitude)

 

 

Cette manière d’expliquer inlassablement ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire sur un ton doctoral

 

 

Ces débris alimentaires abandonnés dans l’évier après la vaisselle (et la mousse du liquide vaisselle)

 

 

Que tu prennes pour des choses importantes ce qui relève pour moi du détail : qu’est ce que l’on a foutre de deux paires de chaussettes qui traînent ?

 

 

Tes vêtements utilisés qui s’entassent toute la semaine dans la chambre, spécial énervement sur tes chaussettes bouchonnées sur le sol

 

 

Que tu me voles systématiquement le bon côté du lit alors même que tu n’es pratiquement jamais le premier à te lever

 

 

Quand tu me voles ma place dans le lit alors que tu es prêt à t’endormir

 

 

Quand tu penses qu’un enregistrement sur le lecteur DVD est plus important que le documentaire que je suis en train de regarder

 

 

Tes mouchoirs en papier usagés dans l’alcôve de l’entrée, sur la table de nuit ou au pied du lit

 

 

Que tu me reproches de faire des choses que tu omets systématiquement de faire ... la rubrique « lumière » est un excellent exemple

 

 

Cette manie de laisser allumées toutes les lumières de l’appartement y compris en plein jour

 

 

ça me fait fondre...

 

 

 

 

Gabriel

 

 

Thomas

 

 

Ton talent pour jouir de tous les instants de la vie

 

 

Ta bonne humeur y compris lorsque tu rentres du travail et que tu m’appelles avec le sourire

 

 

Tes listes de choses à faire où se côtoient des rubriques ayant un lien très improbable comme « aller se faire couper les cheveux » et « réfléchir à un nouveau tableau »   

 

 

Ton sens aigu de la justice et de l’égalité jusque dans le devoir conjugal (te voir répartir le contenu d’une casserole ou d’une bouteille est un vrai bonheur rassérénant)

 

 

Ton altruisme bougon

 

 

Te trouver au WC la porte ouverte avec un ouvrage historique d’au moins 500 pages sur les cuisses

 

 

Ta curiosité pour le monde dans lequel nous vivons

 

 

Quand au lit tu m’embrasses puis mets sur tes yeux le masque d’avion et tes boules Quiès

 

 

(ça t’a passé, mais j’aimais aussi beaucoup quand tu me demandais de te tourner les pages pour t’endormir)

 

 

Ton excentricité (qui ne s’arrange pas avec l’âge !)

 

 

Ton enthousiasme, ton volontarisme

 

 

Ton acharnement à lire des essais intéressants mais imbitables

 

 

L’affection voire la passion que tu suscites chez autrui tant tu es aimable en relation

 

 

 

 

Ping Pong Matthias Luthard

[1] WASP : white anglo-saxon protestant

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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Lundi 22 janvier 2007

Geoffrey, « jeune gay de 18 ans de Mayenne » raconte dans la rubrique « 15-20 ans » de Têtu comment, après avoir créé un blog, il s’est retrouvé ostracisé dans son lycée. Alors que son homosexualité ne posait pas trop de problèmes à sa famille, il se sent désormais désespérément seul dans un « monde d’hétéros » où « l’homophobie est très grande ».

 

Ses amis et tout le lycée sont au courant de sa différence depuis son aventure avec un garçon plus âgé.

 

« Ce garçon et moi avons été si heureux que nous avons décidé de partager notre bonheur en tenant un blog. Grossière erreur ! Pendant deux ans, l’adresse de ce blog a fait le tour du lycée. Du coup, aujourd’hui, je me sens complètement jugé, stigmatisé et en marge ! Pour certains même, je suis la honte du lycée. Je suis seul très souvent. D’accord, je suis quelqu’un de solitaire mais c’est surtout parce que je ne m’entends pas très bien avec les autres garçons : ils sont complètement à l’opposé de ce que je suis. En ce qui concerne les filles du lycée, ça va un moment. J’ai besoin d’être entouré de personnes comme moi ».

 

Dans Têtu de Janvier 2007

 

Le malheur de Geoffrey m’a fait me souvenir de celui d’un proviseur de Lozère qui, il y a exactement un an, fut révoqué par son Ministre, après qu’un enseignant de son établissement l’eut reconnu sous son pseudo de Garfieldd, puis dénoncé pour le blog qu’il tenait, « au motif que son blog présentait des «photos et écrits à caractère pornographique», ce qui constituait un «comportement incompatible avec l'exercice de la responsabilité d'un chef d'établissement». Après une importante mobilisation en sa faveur (http://www.soutenons-garfieldd.org/ ) et parce qu’à l’évidence, il n’y avait rien dans ce blog de répréhensible, sauf à ce que le Ministre de tutelle assume une décision homophobe, elle-même pouvant être dénoncée devant les tribunaux, sa sanction avait été commuée à une suspension d’un an avec 6 mois de sursis. Tout de même...

 

Pour se rendre compte par soi-même de ce que pouvait être la teneur du propos de Garfieldd, vive les archives Web (archive.org) ! :

 

http://web.archive.org/web/*/garfieldd.com

 

 

 

Worms Scott Treleaven

 

Parenthèse : même si j’en conçois une certaine utilité, par principe, je n’aime pas l’encouragement à la délation des plateformes blogs (« reporter un abus », « alerter la modération »...).

 

Post scriptum : c’est déjà un peu dépassé sur le plan technologique, mais ça me fait toujours autant rire 

 

 http://www.dailymotion.com/visited/search/roumanoff/video/xp3qx_delicieusement-roumanoff-internet

 

 

L’ami de toutes, l’amant d’aucune  

Avoir un bon copain - Voilà c'qui y a d'meilleur au monde

 

 

Entre Geoffrey et le Thomas de 18 ans, il est une différence essentielle : Je n’aurais jamais pu me définir comme il le fait si naturellement « jeune gay de 18 ans de Mayenne ». Si mon attirance pour les garçons ne faisait pas l’ombre d’un doute  (Cf par exemple Winston), pour un certain temps encore, je ne crois pas avoir douté de faire un jour comme tout le monde : me ranger et prendre épouse (voir La meilleure amie).

 

Si tant est que j’eusse eu une lucidité plus grande sur mon orientation sexuelle, je n’aurais pas pu commettre son erreur de m’affirmer sur un blog, ni de m’ouvrir de mon mal de vivre dans Têtu par un simple courriel, puisque ni Internet, ni les blogs, ni même Têtu n’existaient.

 

A cet âge là, d’ailleurs, si l’insulte « pédé » était bien sûr aussi usité qu’aujourd’hui, je n’ai pas le souvenir qu’on parlait d’homosexualité, ni d’avoir rencontré une seule personne soupçonnée d’en être. En fait si, une seule me revient en mémoire : à mots couverts, il m’avait été fait comprendre que l’oncle qui nous promenait, Aloïs, son jeune frère et moi-même, le correspondant français, dans son coupé Mercedes décapotable, était célibataire, plein aux as, et avait un ami très cher.

 

Si je m’étais pensé homo, l’année de mes 18 ans, j’aurais tout de même pu lire et écrire à Gai Pied qui était publié depuis un an, mais sauf erreur de ma part, je ne l’ai fait que deux ans plus tard lorsque je partis sur Lyon où je me souviens au moins d’avoir vu au ciné Querelle de R.W. Fassbinder, ou un an plus tard encore à Paris.

 

En revanche, Geoffrey et le Thomas adolescent, ont peut-être un point en commun : une certaine solitude et des relations plus faciles avec les filles qu’avec les garçons. Pourtant, en y réfléchissant, il me semble qu’à cet âge, je souffrais déjà moins que lui de cette situation : si ma « différence »  faisait certes de moi quelqu’un de plutôt solitaire, j’ai eu l’occasion de fréquenter des garçons par l’intermédiaire de groupes des garçons et des filles où les relations étaient peu sexualisées (Merci les cathos !). Comme, je l’ai déjà dit, j’ai même eu le bonheur d’avoir ces années là ma première véritable histoire d’amitié masculine avec Romain.  

 

Le sentiment diffus d’avoir été, malgré moi, surtout entouré de filles, alors que je ne rêvais que d’avoir des copains, doit provenir d’une période où j’étais plus jeune.

 

Quand j’étais au collège, j’ai toutefois en mémoire d’avoir pas mal fréquenté un certain Picot, un peu rondouillard, épaisse crinière noire toujours le cul sur sa mobylette de marque Ciao, un tantinet maniéré, un peu langue de pute. Il me revient aussi de l’avoir un jour trouvé chez lui maquillé et travesti en fille, ce qui ne m’avait pas du tout plu. Par son entremise, j’avais dû sympathiser avec des filles avec qui il était toujours fourré, ce qui m’avait conduit à rejoindre avec eux « la bande de la place ». Des mecs plus âgés, tous montés sur des deux roues motorisés, dont j’admirais certains spécimens mais que j’ai tout de suite refusé de revoir après m’être fait traiter de pédé.

 

Je devais alors être encore un peu chétif, un peu « délicat » voire peut-être aussi un peu poseur. C’est du moins l’impression que je me suis donné en regardant le diaporama qu’avait préparé pour Noël mon père sur nos jeunes années. Il m’a fallu attendre les 16-17 ans pour commencer à prendre une belle allure de mec, que j’accentuerais encore en portant pour quelques temps une barbe de Jésus. Il me faudra attendre encore quelques années pour me méfier systématiquement de l’amitié des filles qui finissait toujours par vouloir ce que je ne désirais pas : une love story.

 

 

Toscani pour Benetton

 

Lucrative vocation : circonciseur

 

Kemal özkan fait des petits garçons turcs de vrais musulmans, sous anesthésie, et les parents le paient aussi pour qu’il organise la cérémonie festive. Agé de 74 ans, il a opéré quelque 115 000 musulmans en quarante ans d’activité (...) En Turquie, on n’a pas besoin de suivre une formation particulière pour pratiquer des circoncisions. « On apprend sur le tas », confie le vieil homme au bouc soigneusement taillé.

 

Sur la scène de la salle de danse, Kemal özkan chante à tue-tête des chants populaires, entouré de jeunes garçons vêtus de costumes clairs en satin. Un clown les invite à prendre place sur un manège serti de ballons de foot. Les garçons sur le point de devenir des hommes. Les ballons et le clown sont censés faire diversion ; Kemal appelle cela de la psychologie. Il exige entre 500 et 700 euros pour ses services. Le revenu annuel moyen par habitant est de 4222 euros en Turquie. (...) Dans les campagnes pauvres, l’intervention est encore effectuée par le coiffeur ou le derviche, le plus souvent sans anesthésie. « C’est extrêmement douloureux. Beaucoup d’hommes en restent traumatisés toute leur vie », regrette le vieil homme.

 

In Courrier International  du 23 au 29/11/2006 (Süddeutsche Zeitung)

 

 

Quelle curieuse destinée que celle d’un homme qui passe sa vie à trancher le prépuce de jeunes garçons !

 

Quelle étrange vocation que celle d’un proctologue ou d’un entrepreneur de pompes funèbres !

 

L’argent comme unique mobile ?

 

 

 

·               Une entrevue radio de Riad Sattouf à ce  sujet      : http://www.arteradio.com/son.html?1840

 

·               Circoncision de Nurith Aviv

http://archives.arte-tv.com/thema/sexe/ftext/sexe.htm

 

http://nurithaviv.free.fr/circoncision/circoncision.htm

 

·               Ne coupez pas (sous-dossier « circoncision ») PREF juillet - août 2006 (p. 60 à 67)

 

 


Post scriptum
 : Toujours se souvenir que juifs et arabes partagent, entre autres points communs, un même attachement au rituel identitaire de la circoncision. Il y a sans doute un peu de cette idée de proximité dans le mot « politiquement très incorrect » de Fabrice Eboué du Jamel Comedy Club : « Un juif, c’est rien d’autre qu’un musulman qui a réussi » (cité dans Télérama du 10 janvier 2007). 

 

 

Dopage

 

D’abord son nez 

 

Imposant et busqué

 

Viril attribut porteur d’autres promesses ;

 

Yeux et teint clairs sur fond châtain.

 

Son buste ensuite,

 

Immaculé, dans le marbre dessiné :

 

Recto : Pectoraux et abdos, juste le nécessaire, tétons et joli nombril couronnant le liseré,

 

Verso : Un troisième téton s’est  invité sur ce dos musclé,

 

En son creux, deux jolies fesses bien accrochées.

 

Enfin, son appendice,

 

Que jusqu’à la douche, il cache dans son slip ;

 

Embarrassant trophée, au bout tout assombri d’avoir été coupé,

 

Si long, si épais sur ses jambes un peu courtes.

 


 

Un jour, son visage s’illumina de rires et de sourires :

 

Il avait un ami avec qui s’égayer.

 

Quel âge ont-ils ? La vingtaine active.

 

 

Un autre, à ses côtés, il est transfiguré,

 

D’une sensualité nouvelle, inconnue des vierges, celle du corps rassasié.

 


 

Ce mercredi, ils se parlent à peine.

 

La grâce l’a abandonné.

 

La routine déjà ?

 


 

 

« S’il te plait, juste un regard ! » Mais non,

 

En coin, dans les miroirs : peep show !

 


 

Un mercredi pas comme les autres :

 

De l’autre côté de la rue, sans hésitation, il me salue.

 

Peine perdue, le garçon par la suite a disparu.

 


 

Un jour, réapparition ;

 

En coin, dans les miroirs : peep show.

 

D’abord son nez

 

Imposant et busqué...

 

 

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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