Poids mouche
Avec Javayarman VII (XIIe siècle), l’empire Khmer connaît son apogée. On doit à ce souverain, qui avait fait du bouddhisme la religion officielle de son
empire, notamment la cité d’Angkor Thom et son joyau, le temple du Bayon.

De ce roi, il a été retrouvé un portrait sculpté présumé : dépourvu de tout ornement princier, il apparaît sous les traits d’un ascète ou d’un bouddha, les yeux clos. Depuis l’exposition au Grand
Palais sur Angkor et l’art khmer (1997) ou une visite au musée Guimet,
face à notre lit, une reproduction nous invite chaque soir à plonger dans un sommeil serein.
Jayavarman VII, c’est aussi une petite galerie du 6e
arrondissement que j’ai découverte à l’occasion de l’exposition Poids mouche d’un
photographe de l’agence Magnum basé
au Cambodge, John Vink.
http://www.johnvink.com/
La boxe est un sport de « brutes ». La boxe thaïe
est sans doute la boxe la plus « physique » et la plus spectaculaire. Pascal, mon petit frère « casse-cou » a un temps fréquenté un club de « cité » où il allait avec un copain noir, jusqu’au jour où examinant son nouveau nez (cassé) de
boxeur dans la glace, il décida d’arrêter de se faire cabosser. De toute manière il n’avait pas le physique : beaucoup trop grand, beaucoup trop vulnérable.
L’ambiance autour d’un ring de boxe m’évoque toujours la cruauté des combats de coqs et sa foule parieuse hystérique. Je déteste. Comme pour donner raison à cette association d’idées,
Christophe Maquet dans son texte d’accompagnement du livre sorti à l’occasion de l’exposition, écrit : « on raconte qu’au Cambodge, on organisait
encore des combats à mort dans les années 60. Clandestinement. ».

La boxe est un sport de pauvres. La violence physique est le langage de ceux dont la seule richesse est leur corps
puissant. Que ne faut-il avoir rien à perdre pour tenter de gagner sa vie par la souffrance, au risque du K.O, au risque d’y laisser sa peau ! : «L’insécurité repoussant les limites de la douleur physique, les pays pauvres (Cuba, Angola), les milieux défavorisés (le Bronx, les Minguettes) produisent forcément
de bons combattants. Le Cambodge n’est pas en reste. »
Mais la boxe est aussi une terrible ascèse pour acquérir la technique, l’endurance, la force, le corps sculpté nécessaires à la « compétitivité » du boxeur.
Enfin, la boxe est, par excellence, le sport de la masculinité exacerbée.
Les corps des combattants de Phnom Penh sont ceux de l’« Asie brune », des « poids mouche » (en boxe thaïe,
combattants pesant entre 48 et 50.8 kg), aux antipodes des lutteurs géants du Sénégal, plus fins et secs que les boxeurs kenyans, cette « Afrique à poings nus » que Philippe Bordas a
photographiée (http://www.photosapiens.com/L-Afrique-a-poings-nus-de-Philippe.html).
La galerie Jayavarman VII commercialise principalement des sculptures dans un
très beau grès rose, reproductions d’œuvres angkoriennes voire des « interprétations contemporaines » de ces oeuvres.
Certains des bas reliefs d’Angkor figurent des scènes de boxe, ce qui autorise les cambodgiens à dire que la « boxe thaïe » n’est pas thaïe mais khmer.
La violence de cette boxe tranche « avec la douceur des gestes et regards » des cambodgiens. « Elle rappelle la
fulgurante brutalité que peut générer la retenue. »
Elle tranche également avec la douceur de l’atmosphère de la galerie J 7 : éclairage tamisé, parquet en teck, parfums
d’encens, en sourdine, la bande son d’un diaporama et l’amabilité d’une cambodgienne ( ?) rare qui a pratiqué la boxe « thaïe ».
Ceci dit, John Vink présente surtout des clichés de scènes avant et après le combat : entraînement, échauffement, bandage
des mains, prières, massages, soins des blessures à la tête (on combat sans protection), la vie sociale autour des boxeurs...
Ce qui est beaucoup plus intéressant.
Karim in http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-3740495.html
Paris africain in http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-3999260.html
Lady boy – carnet de voyage au Cambodge in http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-5615050.html
http://emmanuelguillaud.com/top_fr.html
Banlieue pas gay
La mauvaise réputation GEORGES BRASSENS
Il a déjà été évoqué dans ce blog tous ces pays dans lesquels les homos sont persécutés.
En comparaison, les pays occidentaux apparaissent comme un paradis pour gays et lesbiennes. Même s’il est incontestable que l’homophobie y a reculé, elle n’en reste pas moins prégnante.
Symptôme de sa permanence, l’homosexualité d’un enfant est toujours vécu comme une catastrophe par la plupart des parents.
On sait également par exemple qu’il demeure souvent
beaucoup plus
facile de vivre avec son homosexualité à Paris ou dans une autre grande métropole, loin des siens, qu’en province, tout comme il est bien plus facile en général de se faire accepter comme tel
dans un milieu de CSP+ qu’au sein des classes populaires.
Deux documentaires sont venus nous rappeler la disgrâce d’être homo dans les cités populaires de banlieue :
" Le très touchant Banlieue gay diffusé sur France
Ô :
http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=dossiers&articleID=12255
http://www.vodeo.tv/4-32-2589-banlieue-gay.html
" Et un Grand Angle dans Libération du 7 Mai 2007 Banlieues « J’ai cru que t’étais pédé,
j’ai eu trop peur » : http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/252115.FR.php
Les rares jeunes qui ont accepté de témoigner analysent avec beaucoup de recul et de pertinence les rouages de l’homophobie dans leur banlieue.
Aux racines du mal :
· un monde
clos dans lequel « la sexualité en général pose problème », et dans lequel la « réputation » est l’alpha et l’oméga de l’existence ;
· le
désoeuvrement des garçons sans activité qui se sentent exister avant tout par l’affirmation violente d’une masculinité machiste et homophobe ;
· la
prégnance de l’Islam comme religion identitaire et comme creuset de l’homophobie.
Sur ce dernier point, le frère de Brahim, l’éducateur, fait remarquer, avec raison, que ce n’est pas propre à l’Islam et qu’un jeune homo
connaît les mêmes difficultés dans une famille catholique. Sauf, que le catholicisme ne dirige plus depuis longtemps la majorité des consciences françaises (même s’il en reste des traces).
Ça me fait d’ailleurs penser que pour mon bac, j’avais choisi en philosophie le sujet : « les religions, moyens de libération ou d’oppression ? » J’avais eu 15/20, ce qui était parmi mes camarades une excellente note. J’avais produit une
« réponse » façon « philo », c'est-à-dire une peu « normande » : «ça dépend » en deux parties. Il est loin d’être sûr qu’aujourd’hui, je pourrais obtenir
la même note car je pressens que mes parties seraient très déséquilibrées.
Alors, demandez donc à Brahim, Julia, Mickaël ou au formidable Emir si la marche des fiertés GLBT
et le Marais ont encore une utilité (question que pose Têtu ce mois-ci et que je m’étais un temps posé),
ils vous répondront sans doute par l’affirmative.
Si t’es gay / Cité
pas gay
Spéciale dédicace aux homos de nos banlieues
Si t’es gay mon ami, mieux vaut peut-être bien la fermer.
Cité pas gay
Shame on you
« Car si t’es pédé, sale porc,
ta race déshonorée,
tu vas tourner... »
Si t’es gay mon frère, mieux vaut peut-être ne plus bouger.
Cité pas gay
Shame on you
« Car si t’es pédé, sale porc,
c’est grand péché,
tu vas brûler... »
Si t’es gay mon ami, mieux vaut peut-être attendre qu’on te marie...
Stop !
Si t’es gay mon
ami
pride on you
Tu n’es pas seul mon frère, t’as rien choisi.
Sois ce que tu peux : héros dans ta cité, ou homo à Paris.
Tu n’es pas seul mon ami, sors de ta prison, stoppe la schizo !
Si t’es gay, pride on you my friend.
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