Préambule

 

UN JOURNAL INTIME EN LIGNE ?

 

Toujours surprenant de trouver dans un moteur de recherche de blogs la catégorie « journal intime ». L’intime n’est-il pas ce que l’on cache en général au plus grand nombre ? Le journal intime n’est-il pas ce cahier que dissimule toujours avec moult précautions la jeune fille ; pas même sa mère (surtout pas sa mère !) ne doit tomber de dessus. 
Par pudeur, et puisqu’on n’a droit qu’à un thème, je n’ai donc pas référencé ce blog dans le thème « journal intime ».

 

Mais l’intime, c’est aussi ce qui est intérieur et profond, ce qui constitue l’essence d’une personne. Ma nature intime est gay, homosexuel devrais-je dire, pour davantage signifier la prégnance du désir homosexuel dans mon existence, désir toujours contrarié par l’homophobie et la pandémie du Sida.

 

La plupart des blogs sont constitués d’une succession de billets rédigés à chaud et apparaissant dans un ordre ante chronologique, ce carnet Web est différent : j’y ai mis régulièrement en ligne des extraits d’un journal commencé en novembre 1998, à l’âge de 36 ans.

 

En accédant à mon intimité, peut-être lecteur trouveras tu des réponses à tes propres questions, des références manquantes à ta culture gay, tandis que moi, en "m’exposant", je donnerai un sens nouveau à toutes ces lignes écrites et, qui sait, aurai-je aussi le plaisir de te lire.   



30/11/2006 -
Les extraits de ce journal/carnet commencé en 1998 sont désormais en ligne. En trois mois, ce sont près de 150 pages, sans compter les illustrations, que je vous ai livrées. Puisque le passé a rejoint le présent, la fréquence de mes « post » va se ralentir.


10/4/2008 - Ce blog est confidentiel : chaque jour, vous êtes en moyenne 127 internautes à parcourir 3 "posts".

Miscellanées

Mercredi 8 août 2007
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François Truffaut
 
André Breton
 
Maman, qui dans sa jeunesse, vivait en ville, à la différence de papa, m’a raconté avoir vu tous les films des années 50 et 60. Son père adorait le cinéma ; tous les dimanches soir, il embarquait sa femme et sa fille dans sa  Simca 5 verte : « Allez ! On va au ciné ! » C’était le moment le plus apprécié du week-end. D’ailleurs, d’après elle, comme il était hors de question de laisser la fille unique seule à la maison, elle considère avoir vu beaucoup de films qu’elle n’aurait pas dû voir à l’âge qui était le sien. A cette époque, Bourg possédait un nombre de salles bien plus important qu’aujourd’hui, le cinéma était alors bon marché et très populaire.
 
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Dans l’île dont je rentre de vacances, plus exactement dans la petite ville où nous avons posé nos valises, il y avait bien un cinéma. Deux salles, deux films, deux « 
blockbusters » américains. A l’écran durant trois semaines : le dernier Harry Potter et Transformers
Même si nous n’étions pas partis à 10 000 Km de chez nous pour aller nous enfermer dans une salle noire, lorsque j’ai appris cette terrible nouvelle, avec emphase et des trémolos dans la voix, j’ai déclaré à mon compagnon : « tu vois Gabriel, si je devais être assigné ici à résidence, je crois que j’en mourrais. »

Chaque fois, les derniers jours d’un voyage, je commence à me réjouir de bientôt retrouver tout ce que j’ai laissé à Paris, notamment les salles de ciné.
Le choix de films qu’on peut trouver dans notre capitale ne m’a jamais paru limité. Parfois même, on en arrive à craindre de ne pas avoir le temps de pouvoir voir tous ceux qui nous intéressent, tant sont importantes les sorties et rapide la disparition des plus confidentiels.
 
Bien que ce ne soit pas dans l’air du temps et que les critiques formulées par C. un copain perdu de vue qui travaillait dans la production, ne soit pas fausses, je crois que, dans l’ensemble, le système français d'aide au cinéma – tout comme d’ailleurs celui du secteur du livre – contribue à ce dynamisme et cette variété des oeuvres diffusées . Plus récemment, il semble aussi que les technologies numériques, en réduisant le seuil de rentabilité d’un film donnent leur chance à des films qui n’auraient jamais pu être réalisés en 35 mm.
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La LeÓn
Ainsi, en rentrant, je me suis précipité voir La León de Santiago Otheguy que je craignais voir disparaître des écrans (encore programmés dans seulement deux salles). Bonne pioche. Un premier film très réussi, qui mérite une place dans une anthologie des films traitant de l’homosexualité, quand bien même le réalisateur (hétérosexuel) se défende d’avoir voulu faire un film militant sur l’homosexualité.
 
En parcourant le Net, je m’aperçois combien la passion pour le cinéma est partagée et suscite un grand nombre de contributions dont certaines originales et de grande qualité.
Nul n’est donc besoin de répéter ici ce que d’autres expriment très bien, en particulier le réalisateur, qui ayant résidé en France, répond dans un français parfait à une longue entrevue filmée.
 
Pour faire bref, il s’agit d’un film d’hommes. Un vrai film de cinéma, peu bavard. Un film tout du long tendu qui parvient remarquablement à nous faire ressentir l’impossibilité d’être homosexuel, face à la haine d’un personnage central dans ce coin du détroit du Paranà.

Pour Alvaro, il n’y a pas d’autre réaction possible que la soumission muette et honteuse au harcèlement d’El Turu, pas d’autre échappatoire que de rares et furtives étreintes hors de sa communauté, que ce soit avec un riche plaisancier de Buenos Aires ou d’en envisager avec un migrant paraguayen venu braconner du bois. D’ailleurs, c’est le même El Turu homophobe qui tente de soulever la population locale contre les migrants.

Bonne idée que de nous rappeler qu’il y a de cette même difficulté d’accepter la différence dans l’homophobie et la xénophobie, de cette même mécanique de la haine.

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Néanmoins, les origines de l’homophobie sont un sujet controversé et ça m’a rappelé un échange eu sur ce blog avec un blogueur qui s’est depuis retiré du Net : http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-3999260-6.html#anchorComment
 

 
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I don’t want to sleep alone  // still life
                               
 
« En un mot, on tient en l'insulaire Tsaï Ming-liang, maniériste grand cru, l'antithèse du réaliste Jia Zhang-ke, fleuron de la Chine continentale dont deux cent mille spectateurs français, les choses finissant de fait par se savoir, ont récemment découvert le nouveau film, Still Life. L'un fait de la poésie, l'autre de la prose, mais on en déduirait à tort qu'ils ne nous parlent pas de la même chose : de l'individu atomisé, de la déréliction des temps modernes, de ce monde censément plus performant qui continue de briser les hommes comme fétus de paille. »

Lumineuse idée de rapprocher ces deux cinéastes pour mieux les distinguer par leur langage : pour le cinéaste du réel de Still life et de The world, la prose, pour le deuxième, la poésie.
 
De Tsaï Ming-liang, j’avais aimé son Vive l'amour. Dans un large mesure
I don't want to sleep alone traite du même sujet, de cette universelle quête de l’amour d’un autre (homo compris) dans un univers urbain déshumanisant.
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La première fois où je me piquai de rédiger une « critique » de film, ce fut à propos de L'odeur de la papaye verte. J’avais alors dû écrire : « C’est beau. C’est lent... Plutôt chiant. Pourtant [...] » Cette formule vaut pour le dernier film de Tsaï Ming-liang. Peu ou pas d’actions et de dialogues, des plans qui s’étirent jusqu’à en devenir quasi photographiques, on s’impatiente souvent, pourtant la poésie est là, des images, des situations.
D’une catastrophe écologique sur la région, des feux de forêt dont les fumées contraignent la population de Kuala Lumpur à porter des masques, le cinéaste parvient même à nous faire sourire.

stilllifereview.jpgMais ce qui m’a ému, par-dessus tout, dans ce monde urbain de brutes, et qui m’a finalement fait tenir, ce sont ces gestes d’humanité - au sens de bienveillance, compassion, bonté - que prodigue un immigré bengali à un sans-abri laissé pour mort, et ceux, dispensés parallèlement par deux femmes à un jeune homme dans le coma.
Attentions très physiques, douces, patientes à un inconnu, à un blessé, à un malade.

Amour désintéressé et altruiste, cet
Agapè des Ecritures des chrétiens ? Pas totalement, pas seulement. Il y a l’amour d’une mère pour son fils dans le coma (aimer son fils n’est-ce pas aussi aimer sa créature, un peu s’aimer soi-même ?).
Et, comme en témoigne, la scène où Rawang, le bengali, essaie de tuer son sans-abri qui l’a abandonné pour la serveuse, Eros aussi est bien là, Eros, cet amour qui est besoin, désir d’aimer, élan possessif, physique, existentiel (voir aussi sur ce blog  Les origines de l'amour).
Rawang, lui aussi, ne veut plus s’endormir seul. Rien de plus humain.
 i-don-t-want-to-sleep-alone-3.gif
 
 
 
 
 
 
Tout au long du film de Tsaï Ming-liang, un matelas joue un rôle central. Ça me fait penser à une chouette idée de coopération qui commence à faire parler d’elle : le couchsurfing ou surf sur canapés.
 
 thebubble4.jpg
J’ ♥ ♥ ♥ aussi
The Bubble
   d’Eytan Fox
D’accord sur tout ce que dit avec brio Eric Loret à propos de ce film dans Libé.
 

 
La mort de Mgr Lustiger me rappelle cette blague juive racontée par Goran  
 
Un vieux Juif meurt et rencontre Dieu en arrivant au paradis. Il fait le bilan de sa vie :
Le vieux juif :
- La pire chose qui me soit arrivée, c'est quand mon fils s'est converti au catholicisme...
Dieu :
- Moi aussi...
Le vieux juif :
- Et qu'est-ce que vous avez fait ?
Dieu :
- Un nouveau testament...


 
leschansonsd-amour.jpg

Après s’être plutôt ennuyé Dans Paris, contre toute attente,
On ♥ ♥ ♥ aussi
Les chansons d’amours
de Christophe Honoré, ses adorables acteurs, les jolies chansons d'Alex Beaupain que j’écoute en boucle depuis aujourd’hui.
A ma connaissance aussi, mes premières chansons explicitement homos.
 
Ismaël
Les amours passagères
Font de futiles efforts
Leurs caresses éphémères
Nous fatiguent le corps
Erwann
Les amours qui durent
Font les amants moins beaux
Leurs caresses à l’usure
Ont raison de nos peaux.
(As-tu déjà aimé ?)
----------------
Erwann
Etre un corps, je suis d’accord
T’offrir mes bras pourquoi pas
Mon lit, Ok encore
Pour rire en salir les draps
Mais je crains que pour tout ça
 
Tu doives entendre je t’aime
Tu doives entendre je t’aime
(J’ai crû entendre)

chansonsdamour.jpg 
 
Autres « fils » concernant Christophe Honoré sur ce blog
A propos de l’écrivain pour adultes http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-4612630.html
 siebum2.jpg
Sœurs fières à la riche peau de chagrin d’un brun rose et purpurin...
 
Peut-être vous est-il déjà arrivé de relire plusieurs fois une notice technique sans pour autant parvenir à comprendre son contenu ? Peut-être n’avez-vous pas trop l’esprit « ingénieur », mais il se peut aussi que ce que vous lisiez, fût objectivement incompréhensible. La faute au traducteur.

Google
se targue d’offrir gratuitement un traducteur automatique. Alors que je devais être un peu désoeuvré, je me suis livré à un jeu stupide. 
Je lui ai demandé de traduire un Erotique de Verlaine en anglais, puis de le restituer en français. Ci-après donc le meilleur résultat que l’outil linguistique de Google a pu fournir :
Le passage par l’allemand - je ne parle même pas du chinois traditionnel BETA ( ?) - était encore plus terrible.
 
Même lorsque vous ne bandez pas,
Votre queue, l'encor fait mes plaisirs
Qui accroche, blanc d'or entre vos cuisses,
Sur vos roustons, charmes foncés.
 
- Testicules de mon amoureux, de soeurs fières
Avec la peau riche de personne
De la douleur du brun un rose et un purpurin,
De farceuses et de Couilles guerrier,
 
Et dont la boule gauche,
Très petit peu plus que l'autre
D’un mendiant astucieux et d'un bon apôtre
A qui affinent ainsi, nom d'air de Dieu ?-
 
C'est dodue, votre willy
Et velouté, du pubis
Au foreskin, fermeture plus mauvaise,
Avec trois quarts d'une crête rose. [...]
 
Ce poème gaillard et tous ceux réunis dans le recueil Hombres (Hommes) sont téléchargeables sur le site d’un cousin du Québec : http://jydupuis.apinc.org/libertinage/index.htm
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Jeudi 2 août 2007


Rejoindre Roissy en RER à une heure de pointe, c’est déjà un avant-goût de vacances : une foule métissée s’entasse autour des sièges. Limite nerveuse, il fait trop chaud et il est difficile d’échapper à la promiscuité.
Au Bourget, le compartiment se vide un peu et je me rue pour m’asseoir sur un siège qui vient d’être libéré. Face à moi, un jeune homme brun termine sa conversation téléphonique, à ses côtés un homme mûr avec un petit sac de voyage sur les genoux. 

A cet instant, il se peut que mon cœur se soit mis à battre plus vite. Ce garçon possédait cette beauté exceptionnelle qui irrésistiblement arrache les yeux de ceux qu’elle croise. Très proche de vous. Vos jambes touchent presque les siennes. Une gueule d’ange sur corps d’homme, le genre à faire la couverture d’un magazine mais qui aurait été épargné par le business de la beauté. Je l’ai crû entendre parler en espagnol, une beauté que je qualifierai donc de latine.

Il a l’air triste, comme s’il venait d’apprendre une mauvaise nouvelle.
Peut-être est-il simplement fatigué ?
Il pose doucement sa jolie tête sur l’épaule de son voisin et ferme les yeux. Son voisin ne bronche pas.
Peau mate, plus claire sur des bras musclés. Son polo blanc échancré laisse poindre des poils de son torse. herbkleincharlie93.jpgDes traces de peinture ( ?) sur les extrémités rugueuses de ses belles mains. Son visage d’ange surtout, sous ses arcades sourcilières bien droites, deux adorables ellipses habillées de longs cils.

Toujours les yeux clos, il s’installe plus confortablement contre son voisin qui, sans mot dire, l’étreint alors pudiquement par l’épaule.
Sont-ils parents ? Se peut-il que ce soit le père et son fils ? Je songe un instant au Père, fils d'Alexandre Sokourov.

A la station « Parc des expositions », le compartiment se vide encore. Le jeune homme est maintenant confortablement calé contre l’homme.

Roissy I, il ouvre les yeux, se tourne vers son voisin et l’embrasse. Au fond du compartiment, on se retourne vers eux.

Roissy II, tout le monde descend, le garçon et l’homme ont un sourire complice en jetant un coup d’œil dans notre direction. Le sourire de l’ange a révélé sur le côté deux trous noirs dans sa dentition. Deux trous presque rassurants devant une aussi émouvante perfection.
Sur le quai, puis sur l’escalator, des gens continueront à regarder en coin le couple.

Après avoir enregistré, en fumant dehors la dernière cigarette avant 12 heures de vol non fumeurs, on s’est dit tous deux que l’homme ne devait pas être peu fier de son jeune amant. Avec une pointe d’envie ?
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Lorsque j’ai raconté à Gabriel que j’avais dans un premier temps pensé m’installer en face de russes puisque j’avais entendu dans mon dos le jeune homme dire « da » au téléphone. J’ai confirmé son hypothèse que l’ange pouvait être roumain. J’évoquai le gigolo roumain de Bruce Benderson
[1] et en profitai pour lui raconter que ma sœur, la dernière fois que je l’avais eu au téléphone, m’avait dit avoir à dîner Jean-Michel[2], le cousin de son homme, accompagné de son nouveau petit ami, un gitan passé par la case zonzon, complètement grillé sur la ville de Bourg. Le côté latin de l’ange qui dormait sur l’épaule gauche, c’était donc peut-être d’être né tzigane.
 
A l’occasion de la sortie de son film L'ange de l'épaule droite , le cinéaste tadjik Djamshed Usmonov a rapporté l’histoire qu’on racontait aux enfants dans son enfance et qui l’a profondément marqué :

Selon une vieille légende de l’islam, chaque homme a sur ses épaules deux anges invisibles. L’ange de l’épaule droite consigne les bonnes actions, tandis que l’ange de l’épaule gauche note les mauvaises.
Au jour du Jugement dernier, les bonnes et les mauvaises actions de l’homme sont pesées dans la balance de la justice. L’homme est alors envoyé au paradis ou en enfer. [...]
 

JohanPierreCommoy.jpg
Les témoins d’une « parenthèse enchantée»
 
Un beau dimanche ensoleillé de Juin, dans le train avec nos vélos, en route pour Compiègne.
 
Au cours du voyage en train, Darek[3] nous a avoué avoir eu, la veille, un coup de « mou ». Après un bon dîner préparé avec Jorge, quelques verres de vin, et le visionnage d’un film évoquant les années où il est arrivé à Paris, ça allait déjà beaucoup mieux.  Johan, journal intime homosexuel d'un été 75. Tout un programme...
Quand le lendemain, il a vu la belle journée qui s’annonçait et sa gueule dans la glace, qu’il n’a finalement pas trouvée si mal, il s’est senti en pleine forme.
 
Il nous avait prévenu, le film vaut surtout comme témoignage d’une époque, celle d’un Paris à pantalons « pattes d’éléphants » et tee-shirts moulants, d’homos à cheveux longs parfois moustachus. Époque d’une drague effrénée dans les jardins publics (Tuileries comme toujours, square à la place de la pyramide du Louvre, jardins du Trocadéro, square derrière Notre-Dame), et même dans la rue, Rive Gauche, du côté de St Germain Des Près.
Une décennie durant laquelle Darek dit, avoir tout essayé... Et chopé pas mal de MST. D’ailleurs, lorsqu’il rencontra Jorge, ils ne purent baiser tout de suite, contraints qu’ils étaient, tous deux, de soigner celle qu’ils venaient d’attraper.
 JohanLib--reaudouchesfroidesA.cordier.jpg

Dans sa première partie, le dernier film de Téchiné, Les témoins ne manque pas d’évoquer cette extraordinaire libération sexuelle en œuvre, en particulier, la fiévreuse activité qu’il régnait derrière les rares buissons de Paris.
Darek, qui avait vu le film avant nous, n’était pas vraiment emballé, notamment parce qu’il trouvait les personnages peu crédibles.
Et le « solaire » Johan Libéreau (Tiens ? Encore un Johan !), ne l’avait-il pas touché ce garçon qui m’avait séduit dans Douches froides ?
Non, pas particulièrement, il l’avait trouvé, « comment dire ? Un peu niais ».
Pourtant, comme pour renier le mal qu’il venait dire du film, il a fini par passer aux aveux : « J’ai pleuré. »
 
P.S. Le Johan de Philippe Vallois, permet d’apercevoir un joli garçon, Pierre Commoy, le Pierre de Gilles (Cf http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-6874535.html) et un autre garçon émouvant, un jeune noir dont la censure de l’époque avait coupé le sexe en érection.
 
 

Johan.jpg

 
[2] Un excentrique qui aime le jeune Pavel, Dobbleyoubush et le pape in http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-3950566.html
 
 
[3]http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-6470182.html (Sexe et graffiti in Rêves de vespasiennes)
http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-6180348.html (Notes polonaises II in Les truqueurs)
 

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Samedi 7 juillet 2007

 

 

Poids mouche
Avec Javayarman VII (XIIe siècle), l’empire Khmer connaît son apogée. On doit à ce souverain, qui avait fait du bouddhisme la religion officielle de son empire, notamment la cité d’Angkor Thom et son joyau, le temple du Bayon.
j7guimet.jpg
De ce roi, il a été retrouvé un portrait sculpté présumé : dépourvu de tout ornement princier, il apparaît sous les traits d’un ascète ou d’un bouddha, les yeux clos. Depuis l’exposition au Grand Palais sur Angkor et l’art khmer (1997) ou une visite au
musée Guimet, face à notre lit, une reproduction nous invite chaque soir à plonger dans un sommeil serein.


Jayavarman VII, c’est aussi une petite
galerie du 6e arrondissement que j’ai découverte à l’occasion de l’exposition Poids mouche d’un photographe de l’agence Magnum basé au Cambodge, John Vink. 

 

http://www.johnvink.com/ 


La boxe est un sport de « brutes ». La
boxe thaïe est sans doute la boxe la plus « physique » et la plus spectaculaire. Pascal[1], mon petit frère « casse-cou » a un temps fréquenté un club de « cité » où il allait avec un copain noir, jusqu’au jour où examinant son nouveau nez (cassé) de boxeur dans la glace, il décida d’arrêter de se faire cabosser. De toute manière il n’avait pas le physique : beaucoup trop grand, beaucoup trop vulnérable.
 

L’ambiance autour d’un ring de boxe m’évoque toujours la cruauté des combats de coqs et sa foule parieuse hystérique. Je déteste. Comme pour donner raison à cette association d’idées, Christophe Maquet dans son texte d’accompagnement du livre sorti à l’occasion de l’exposition, écrit : « on raconte qu’au Cambodge, on organisait encore des combats à mort dans les années 60. Clandestinement. ».


La boxe est un sport de pauvres. La violence physique est le langage de ceux dont la seule richesse est leur corps puissant. Que ne faut-il avoir rien à perdre pour tenter de gagner sa vie par la souffrance, au risque du K.O, au risque d’y laisser sa peau ! : «L’insécurité repoussant les limites de la douleur physique, les pays pauvres (Cuba, Angola), les milieux défavorisés (le Bronx, les Minguettes) produisent forcément de bons combattants. Le Cambodge n’est pas en reste. »[2] 


Mais la boxe est aussi une terrible ascèse pour acquérir la technique, l’endurance, la force, le corps sculpté nécessaires à la « compétitivité » du boxeur. 


Enfin, la boxe est, par excellence, le sport de la masculinité exacerbée. 

Les corps des combattants de Phnom Penh sont ceux de l’« Asie brune », des « poids mouche » (en boxe thaïe, combattants pesant entre 48 et 50.8 kg), aux antipodes des lutteurs géants du Sénégal, plus fins et secs que les boxeurs kenyans, cette « Afrique à poings nus » que Philippe Bordas a photographiée (http://www.photosapiens.com/L-Afrique-a-poings-nus-de-Philippe.html). 


La galerie Jayavarman
VII
commercialise principalement des sculptures dans un très beau grès rose, reproductions d’œuvres angkoriennes voire des « interprétations contemporaines » de ces oeuvres. 
Certains des bas reliefs d’Angkor figurent des scènes de boxe, ce qui autorise les cambodgiens à dire que la « boxe thaïe » n’est pas thaïe mais khmer.

 poidsmouchejohnvink5.jpg

La violence de cette boxe tranche « avec la douceur des gestes et regards » des cambodgiens. « Elle rappelle la fulgurante brutalité que peut générer la retenue. »[3] 

Elle tranche également avec la douceur de l’atmosphère de la galerie J 7 : éclairage tamisé, parquet en teck, parfums d’encens, en sourdine, la bande son d’un diaporama et l’amabilité d’une cambodgienne ( ?) rare qui a pratiqué la boxe « thaïe ». 

Ceci dit, John Vink présente surtout des clichés de scènes avant et après le combat : entraînement, échauffement, bandage des mains, prières, massages, soins des blessures à la tête (on combat sans protection), la vie sociale autour des boxeurs...
Ce qui est beaucoup plus intéressant.

 


 

Karim in http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-3740495.html 

Paris africain in http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-3999260.html 

Lady boy – carnet de voyage au Cambodge in http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-5615050.html

 


 

 http://emmanuelguillaud.com/top_fr.html


 

Banlieue pas gay

La mauvaise réputation GEORGES BRASSENS

 

Il a déjà été évoqué dans ce blog tous ces pays dans lesquels les homos sont persécutés[4]. En comparaison, les pays occidentaux apparaissent comme un paradis pour gays et lesbiennes. Même s’il est incontestable que l’homophobie y a reculé, elle n’en reste pas moins prégnante. 
Symptôme de sa permanence, l’homosexualité d’un enfant est toujours vécu comme une catastrophe par la plupart des parents. 
On sait également par exemple qu’il demeure souvent beaucoup plus facile de vivre avec son homosexualité à Paris ou dans une autre grande métropole, loin des siens, qu’en province, tout comme il est bien plus facile en général de se faire accepter comme tel dans un milieu de CSP+ qu’au sein des classes populaires.

 

Deux documentaires sont venus nous rappeler la disgrâce d’être homo dans les cités populaires de banlieue : 

" Le très touchant Banlieue gay diffusé sur France Ô : 

http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=dossiers&articleID=12255 

http://www.vodeo.tv/4-32-2589-banlieue-gay.html 


"  Et un Grand Angle dans Libération du 7 Mai 2007 Banlieues « J’ai cru que t’étais pédé, j’ai eu trop peur » : http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/252115.FR.php 

Les rares jeunes qui ont accepté de témoigner analysent avec beaucoup de recul et de pertinence les rouages de l’homophobie dans leur banlieue. Aux racines du mal :
 

·               un monde clos dans lequel « la sexualité en général pose problème », et dans lequel la « réputation » est l’alpha et l’oméga de l’existence ; 

·               le désoeuvrement des garçons sans activité qui se sentent exister avant tout par l’affirmation violente d’une masculinité machiste et homophobe ; 

·               la prégnance de l’Islam comme religion identitaire et comme creuset de l’homophobie. 

Sur ce dernier point, le frère de Brahim, l’éducateur, fait remarquer, avec raison, que ce n’est pas propre à l’Islam et qu’un jeune homo connaît les mêmes difficultés dans une famille catholique. Sauf, que le catholicisme ne dirige plus depuis longtemps la majorité des consciences françaises (même s’il en reste des traces).  


Ça me fait d’ailleurs penser que pour mon bac, j’avais choisi en philosophie le sujet : « les religions,  moyens de libération ou d’oppression ? » J’avais eu 15/20, ce qui était parmi mes camarades une excellente note. J’avais produit une « réponse » façon « philo », c'est-à-dire une peu « normande » : «ça dépend » en deux parties. Il est loin d’être sûr qu’aujourd’hui, je pourrais obtenir la même note car je pressens que mes parties seraient très déséquilibrées.

 

Alors, demandez donc à Brahim, Julia, Mickaël ou au formidable Emir si la marche des fiertés GLBT et le Marais ont encore une utilité (question que pose Têtu ce mois-ci et que je m’étais un temps posé[5]),  ils vous répondront sans doute par l’affirmative.

 bbbshowgaysspice.jpg

Si t’es gay / Cité pas gay 

Spéciale dédicace aux homos de nos banlieues

 

Si t’es gay mon ami, mieux vaut peut-être bien la fermer. 

Cité pas gay 

Shame on you

 

« Car si t’es pédé, sale porc, 

ta race déshonorée, 

tu vas tourner... »

 

Si t’es gay mon frère, mieux vaut peut-être ne plus bouger. 

Cité pas gay 

Shame on you 

« Car si t’es pédé, sale porc, 

c’est grand péché, 

tu vas brûler... »

 

Si t’es gay mon ami, mieux vaut peut-être attendre qu’on te marie... 

Stop ! 

Si t’es gay mon ami 
 

pride on you 

Tu n’es pas seul mon frère, t’as rien choisi. 

Sois ce que tu peux : héros dans ta cité, ou homo à Paris. 

Tu n’es pas seul mon ami, sors de ta prison, stoppe la schizo ! 

Si t’es gay, pride on you my friend.


 

[1] Vie de famille I : mon “petit” frère Pascal in http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-5099510.html

[2] John Vink en 4e de couverture

[3] Ibid. C’est cette même douceur apparente qui rend d’ailleurs si difficile à concevoir  le cauchemar « khmer rouge », mais comme le dit souvent Jorge, l’humanité se tient toujours en équilibre très instable « au dessus d’un précipice, celui de la barbarie ».

 

 

 

 

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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