Préambule

 

UN JOURNAL INTIME EN LIGNE ?

 

Toujours surprenant de trouver dans un moteur de recherche de blogs la catégorie « journal intime ». L’intime n’est-il pas ce que l’on cache en général au plus grand nombre ? Le journal intime n’est-il pas ce cahier que dissimule toujours avec moult précautions la jeune fille ; pas même sa mère (surtout pas sa mère !) ne doit tomber de dessus. 
Par pudeur, et puisqu’on n’a droit qu’à un thème, je n’ai donc pas référencé ce blog dans le thème « journal intime ».

 

Mais l’intime, c’est aussi ce qui est intérieur et profond, ce qui constitue l’essence d’une personne. Ma nature intime est gay, homosexuel devrais-je dire, pour davantage signifier la prégnance du désir homosexuel dans mon existence, désir toujours contrarié par l’homophobie et la pandémie du Sida.

 

La plupart des blogs sont constitués d’une succession de billets rédigés à chaud et apparaissant dans un ordre ante chronologique, ce carnet Web est différent : j’y ai mis régulièrement en ligne des extraits d’un journal commencé en novembre 1998, à l’âge de 36 ans.

 

En accédant à mon intimité, peut-être lecteur trouveras tu des réponses à tes propres questions, des références manquantes à ta culture gay, tandis que moi, en "m’exposant", je donnerai un sens nouveau à toutes ces lignes écrites et, qui sait, aurai-je aussi le plaisir de te lire.   



30/11/2006 -
Les extraits de ce journal/carnet commencé en 1998 sont désormais en ligne. En trois mois, ce sont près de 150 pages, sans compter les illustrations, que je vous ai livrées. Puisque le passé a rejoint le présent, la fréquence de mes « post » va se ralentir.


10/4/2008 - Ce blog est confidentiel : chaque jour, vous êtes en moyenne 127 internautes à parcourir 3 "posts".

Miscellanées

Dimanche 24 juin 2007

 L’idée m’était venue en suivant une formation multimédias annuelle : j’allais faire un CD ou un site sur l’histoire de ma famille. Pour cela, pressentant qu’il pouvait y avoir urgence, j’ai commencé par la branche maternelle en interviewant ma grand-mère.

 

Lorsque je rapportai à ma mère que je lui avais fait raconter son adultère avec le curé de sa paroisse (que j’ai titré « la surprise de l’amour »), Maman, hors d’elle, avait dû me dire : « qu’est-ce qu’elle avait besoin de te raconter cette histoire sordide ? Ma mère est amorale

 

 

Sur la bagatelle, incontestablement, ma grand-mère maternelle était une exception dans sa génération. Gabriel ne manquait jamais de raconter à nos amis cette liaison et avec quel naturel cette octogénaire avait accueilli l’amant de son petit-fils. De son côté, ma mère, avec peut-être une part de vérité, avait expliqué cet accueil d’une toute autre manière : « Ce n’est pas du respect mais de l’indifférence : ma mère est trop égoïste pour être touchée par ce que vivent les autres. »

 

En songeant à la pudeur de ses propres grands-parents, Gabriel avait également été estomaqué d’apprendre que vingt ans plus tôt, ma grand-mère m’avait expliqué doctement que les femmes avait elles aussi en quelque sorte un petit phallus : leur clitoris, démonstration descriptive à l’appui.

 

J’aime à penser qu’elle m’a transmis de son « amoralité », même si je crois que c’est de ma condition d’homosexuel que je tiens ma défiance à l’égard de toute norme morale et/ou juridique concernant les relations sexuelles, autres que celle du consentement mutuel.

 

De façon très inattendue, notre jeune Jan m’a entraîné dans une controverse sur la prostitution, au cours de laquelle j’ai eu le sentiment d’être complètement immoral.

 

Au départ, peut-être cette conversation sur la qualité de la presse, sur les forces et faiblesses d’une publication comme Courrier International.  Comme d’habitude, j’ai dû dire mon agacement d’y trouver traduits les articles de la « pensée unique » mondiale, mais aussi la satisfaction d’y lire des articles « exotiques », comme ce plaidoyer en faveur de la prostitution au Koweit - Les jeunes hommes célibataires du Koweit (les frustrés 1).

 

Que n’avais-je pas dit ! Selon lui, cet article oubliait de souligner l’essentiel et méritait un commentaire dénonçant la prostitution, cette activité «incompatible avec la dignité de la personne humaine et avec ses droits fondamentaux».

 

Comme il parlait de « traite des êtres humains », j’ai bien sûr dit la nécessité de combattre l’esclavage et j’ai invoqué les « indépendantes ».

 

Quand il a signalé qu’elles étaient minoritaires, j’ai évoqué la prostitution masculine qui ne connaît pas le proxénétisme.

 

Comme il argumentait sur l’horreur de la violence faite au corps contre rémunération et qu’il contestait mon argument du consentement, je l’ai définitivement scandalisé lorsque je lui ai opposé l’idée suivante :

 

«En l’état de violence du monde du travail, violence physique mais aussi violence psychologique (régime généralisé de la peur, pression jusqu’au suicide pour les plus vulnérables, harcèlement moral, etc.), je me demande si la prostitution comme activité indépendante est vraiment l’activité la plus incompatible avec la dignité humaine, et si elle est vraiment plus anxiogène. ... D’ailleurs, cette focalisation sur l’indignité d’une activité de « services sexuels » et la volonté de l’abolir - avec pour corollaire l’ignorance de l’exploitation généralisée dans le monde du travail - découle d’une sacralisation du sexe et d’un jugement moral contestable. »

 

Bref, il était temps de parler d’autre chose.

 

Quand j’ai lu la semaine suivante cette brève dans Charlie Hebdo, je n’ai pu résister à une petite provocation en lui envoyant par mail :

 

AUSTRALIE

 

Code du travail

 

Selon une étude de l'université de technologie de l'État du Queensland, les prostituées qui travaillent dans les bordels aus­traliens sont aussi satisfaites de leurs conditions de travail que les femmes travaillant dans les autres secteurs. Ce n'est pas tel­lement que ce soit rassurant pour la prostitution, mais c'est surtout très inquiétant pour les autres secteurs.

 

Charlie Hebdo mercredi 7 Mars 2007

 

Erreur !

 

 

De : Jan

 

Envoyé : samedi 17 mars 2007 19:01
À : Thomas
Cc : Darek; Gab
Objet : RE : je ne me fais d'illusions....

 

Voici qqs indications de lectures qui - j'en suis convaincu- reflèteront peut-être une idée plus précise de la réalité que "Charlie Hebdo"!

 

·                Malika Nor: Idées reçues. La prostitution, Le Cavalier Bleu, 2001.

 

·                Yolande Geadah: La prostitution, un métier comme un autre ? VLB Éditeur, 2003.LB Éditeur, 2003.

 

·                Elisabeth Coquart et Philippe Huet. Préface de Jean-Marie Rouart: Le livre noir de la prostitution, Albin Michel, 2000.

 ·                La convention internationale du 2 décembre 1949, "Pour la Répression de la Traite des Êtres Humains et de l’Exploitation de la Prostitution d’Autrui", souligne que la prostitution bafoue quotidiennement les droits fondamentaux de la personne. La prostitution est par ailleurs reconnue depuis 1983 par l’ONU comme une "forme persistante de l’esclavage".

 

 

 

A raison, Jan était sans illusions : Je ne lirai pas un seul des textes qu’il m’a recommandés car je crois en connaître assez sur l’horreur de l’esclavage sexuel. En revanche, j’ai eu envie d’aller lire ce que disait la belle et iconoclaste Marcela Iacub, juriste qui a un talent sans pareil pour contester les évidences de la nécessaire (re) judiciarisation du sexe. Dans un article du Monde, entre autres « provocations » d’une logique implacable, elle écrit :

 

Certes, on se prostitue pour de l'argent, et non pas, par définition, gratuitement ; mais si tous ceux qui sont poussés à travailler parce qu'ils ont besoin de gagner leur vie étaient considérés comme des esclaves, il ne resterait que quelques rentiers pour se prévaloir du statut d'hommes libres. Je suis, pour ma part, assez favorable à l'idée de revenu universel inconditionné. Mais il est curieux qu'on ne se montre jamais aussi furieusement anticapitaliste qu'avec la prostitution...

 

La propriété de son corps et la prostitution : sexe en location, par Marcela Iacub Le Monde 16-10-2006 : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-824010@51-818396,0.html

 

Comme en écho à cette argumentation, Libération a publié un cliché du photographe italien Fulvio Roiter, sur laquelle un homme nu pousse un chariot dans une mine de soufre en Sicile. La photo a été prise en 1953.

 

Rebonds Regarder Voir de Gérard Lefort à propos de la photo de Fulvio Roiter

 

http://www.liberation.fr/rebonds/261590.FR.php

 

 

 

http://www.terryrichardson.com/Start.html

 


 

 

 

Prostitution en France : le cadre juridique

 

http://www.sosfemmes.com/sexwork/sexwork_droit.htm#loi2003

 

Ressources vidéo

 

L’université de tous les savoirs : La propriété de son corps et la prostitution, interventions et débat entre Marcela Iacub et Stéphanie Hennette-Vauchez http://www.canalu.com/canalu/chainev2/utls/cycle_id//programme/1003237599/sequence_id//format_id/3003/

 

Militant(e)s

 

http://www.lesputes.org/

 

http://gaadjou.joueb.com/news/travailleurs-du-sexe-un-metier-a-re-inventer

 

Pour élargir

 

PREF n° 20 Mai Juin 2007 Dossier Sexe, justice, si c’était vous : En France, un détenu sur cinq est condamné pour infraction sexuelle...


 

 

I les manifs

 

de droite

 

« À bas ! À bas ! Le second degré ! »

 

 

12 juin 2007 - 3e manif de droite 

 

http://www.dailymotion.com/video/x29frf_manif-de-droite-12-juin-2007

 

http://www.dailymotion.com/video/x298rk_la-manif-de-droite-du-12-juin-2007

 

 

20 mai 2007 – 2e manif de droite

 

http://www.rue89.com/2007/05/20/fausse_manif_de_droite_tous_tout_seul_tous_tout_seul_ouais_ouais

 

http://www.dailymotion.com/video/x2179p_les-artistes-de-droite-fetent-leur

 

 

25 octobre 2003 – 1ère manif de droite

 

http://www.arnaudcontreras.com/travaux/videos/artistes_de_droite.html

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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Samedi 16 juin 2007

Dennis Cooper, Larry Clark et Gus Van Sant, font œuvre d’une obsession commune : l’adolescence. 

Ingrédients : (premières) expériences sexuelles (plutôt homo chez Cooper et Van Sant, plutôt hétéro chez Larry Clark), skate board chez Clark et Van Sant, déviances (drogues, prostitution, voire crimes), dans un monde d’adultes absents, défaillants ou pervers.

Sauf exception (Ken park de Clark), les films de Clark et Van Sant, même s’ils sont toujours très sensuels, se tiennent sagement dans les limites autorisées par la décence et peuvent même être attendrissants (Wassup rockers pour le premier et My own private Idaho pour le second).

Il en va tout autrement avec Dennis Cooper, qui lui écrit des livres.

L’écrit autorise des audaces impensables au cinéma. D’abord à cause de l’effet de réel que produit l’image, y compris dans une œuvre de fiction : Lorsque Les 120 jours de Sodome de Sade peut, au pire vous donner mal au cœur, au mieux vous ennuyer (ce qui fut mon cas, j’ai vite capitulé), sa transposition à l’écran dans la république fasciste de Salo par Pasolini a toutes les chances de vous bouleverser, au point de vous faire quitter la salle (Salo ou les 120 journées de Sodome). Pour ma part, les moules frites mangées avec une copain de service militaire qui m’y avait embarqué, me restèrent sur l’estomac.

Cet effet de réel conjugué à une moindre accessibilité et diffusion du livre, explique sans doute aussi la moindre censure du livre, et que ce dernier puisse aller beaucoup plus loin dans le nauséabond.

J’avais découvert cet auteur suite à un numéro estival du magazine gay PREF qui avait reproduit un extrait de son livre Try.

Chez Cooper, de jeunes ados, sans repères et souvent défoncés, sont les jouets plus ou moins consentants d’adultes concupiscents et pervers.

Dans Try, dont le titre ne peut ne pas faire référence au gel lubrifiant intime du même nom, le récit ne s’éloigne jamais beaucoup du trou du cul des garçons. Dans ce livre publié comme presque tous les autres chez P.O.L., on croise également l’inceste, le snuff movie et même la nécrophilie.

Quatre doigts pénétrèrent presque aussitôt, et je remuai mon pouce dans ce trou noueux et gluant, quand Ziggy releva la tête, laquelle, j’ajouterais, était désagréablement voilée par un épais rideau perlé de sueur. « Oh putain, fit sa voix. Attends. »

« Encore... un... ou deux... centimètres. » (Ai-je dit que je me masturbais également tout ce temps ?)

« Non, attends. » Ziggy tendit une main et la referma sur mon poignet qui était à quelques secondes de l’immersion.

Par conséquent, j’avais classé cet auteur dans la catégorie « livre branlette », sans pour autant avoir envie d’en acquérir un autre : l’ambiance résolument glauque régnante au fil des pages avait eu tendance à m’écoeurer.

Pourtant, de façon tout à fait inattendue, je viens de lire un second Dennis Cooper, suite à un papier élogieux paru - tenez vous bien - dans le Monde 2, supplément au Monde daté du samedi.

On ne peut pas dire que Christophe Donner, qui officie à la rubrique littéraire, soit prescripteur de mes lectures, même si je trouve toujours ses papiers plutôt enlevés. En tout et pour tout, je crois que je ne lui dois guère que la lecture de Chroniques des quais de David Wojnarowicz. De l’écrivain non plus je ne suis pas abonné :

-         un court Giton (1990) que Gabriel a apporté à la bibliothèque et j’ai relu pour l’occasion : joli récit de la rencontre éphémère de l’auteur avec un garçon de 20 ans ;

-         un roman que j’ai enfin retrouvé ce matin, Retour à Eden (1996) dont le personnage principal est un jeune médecin de retour, après 7 ans d’exil, dans un  Nicaragua post sandiniste.

 

 

Richard Leonardi

 

Emilio s’est débrouillé avec les services administratifs pour le faire rester le plus longtemps possible à l’hôpital, il lui a aussi trouvé des papiers, une nouvelle identité.

-          Bientôt, tu pourras prendre un boulot, il y a un poste de brancardier, je me suis débrouillé.

-          Ferme la porte, disait Absalon, caresse-moi.

Absalon s’est refait une santé. Quand il a été tout à fait d’aplomb, il s’est enfui il a rejoint les Contras dans le nord.

De temps à autre, il faisait passer un message à Emilio, il lui donnait rendez-vous dans un motel de la carretera Norte , ou alors à Poneloya, dans cet hôtel Lacayo.

C’était un risque énorme, pour l’un comme pour l’autre.

Ils restaient deux jours dans la chambre sans plafond.

Les blessures avaient saccagé le torse et jambes du garçon, les caresses d’Emilio prenaient un autre sens, plus troublant encore, car c’est alors que, petit à petit, semaine après semaine, un nouveau prodige s’est accompli sur le corps d’Absalon. Les cicatrices sont devenues belles, il n’y a pas d’autres mots, belles. Emilio a pu observer ce travail de la beauté, cette appropriation de tous les défauts, de toutes les blessures, pour les changer, comme sur la toile d’un maître, en traits de génie.

Bref, à propos du dernier Dennis Cooper, Christophe Donner, n’hésite pas à titrer « Chef-d’œuvre.com » et il consacre Salopes «premier roman internétique ».

En effet, toute l’histoire qui « tourne autour du splendide cul de Brad, escort boy de soi-disant 18 ans [..] » est habilement construite sur des messages laissés sur des sites Internet, des forums et des échanges d’emails et de fax.

Pour ce qui est du contenu, comme l’annonce l’éditeur, «Il semble que jamais Dennis Cooper ne soit allé si loin : bareback, jeux sado-masochistes, nécrophilie, snuff... tout ce qui fait la matière de la plupart de ses livres se retrouve ici comme dans une anthologie systématique et radicale ».

Plutôt excitant au début : il m’a même donné envie d’aller voir de vrais sites d’escort boys (conseil : faire la requête sur Google en anglais), en revanche carrément gerbant dans la dernière partie du livre.

SAUF QUE... Sauf que le lecteur tient une échappatoire : il ne sait jamais si ce qui est raconté est vrai, si celui qui écrit est celui qu’il prétend. Les nombreux messages discordants nous le rappellent, on est sur Internet dans lequel il est si difficile de démêler l’information de l’intoxication, la réalité du pur fantasme.

Un profil moyen du lecteur du Monde 2 est sans doute fort éloigné du lecteur de Dennis Cooper. Chapeau le critique ! C’était vraiment culotté de plébisciter « Salopes ».

 

 

 

 


 

L’auteur le plus dangereux d’Amérique Accepter l’œuvre de Dennis Cooper par Richard Golstein (The Village Voice) : http://www.editions-desordres.com/auteurs/dennis_cooper_gold.php

Fiche et première pages de Salopes : http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp?Clef=6147

Fiche et première pages de Try : http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp?Clef=5643

Le site de Dennis Cooper (Anglais) : http://www.denniscooper.net/photos.htm

http://www.myspace.com/larryclark

http://nicaragua.dmweb.org/

Sur ce blog

Ken Park de Larry Clark: http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-3889631.html

Mala noche de Gus Van Sant : http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-4669585.html


 

 

David Wojnarowicz

Femmes de tête : telle mère, telle fille !

Au printemps 1960, Michel et Jacqueline Querqy fiancés depuis trois ans prennent idée de se marier car Michel Querqy militaire depuis 18 mois pouvait disposer d’une permission d’un mois à prendre avant fin juillet[1]. Comme ils ne couchaient pas officiellement ensemble et qu’ils ne pouvaient pas partir en voyage, le mariage était donc l’issue de secours. Projet dont ils entretinrent les parents Mercier au mois d’Avril ou Mai. Ceux-ci grimpèrent sur leurs grands chevaux et s’insurgèrent : Michel Querqy de Jaujac n’avait point de situation bien que Jacqueline Mercier gagnât déjà sa vie au pensionnat du Sacré cœur à Privas. Lorsque Michel Querqy osa dire à son futur beau père : « Mais vous vous êtes mariés trois mois après avoir connu votre femme, nous ça fait trois ans », Henri Mercier brandit alors un argument massue : « Monsieur, ne m’insultait pas ! »

Jacqueline Mercier jugeant la situation dans l’immédiat sans issue dit à son chéri : « Viens on s’en va. »

Ils passèrent la soirée au cinéma puis dans un bistro avant que la dulcinée fût raccompagnée chez elle vers les 1H du matin et que Michel Querqy de Jaujac prenne son train pour Marseille.

Georgette Mercier attendait sa fille de pied ferme :

-          d’où viens tu ?

-          de l’avenue de la gare, répliqua la rebelle de toujours.[2]

Le lundi matin Jacqueline Mercier regagna le Sacré Cœur à Privas. Pendant trois semaines, les tourtereaux ne se retrouvèrent qu’en Ardèche où les parents Querqy étaient fort vexés de ce qu’ils ressentaient comme le rejet de leur fils. Au bout de trois semaines, Jacqueline Mercier écrivit à ses parents, en l’occurrence surtout à sa mère qui portait la culotte, en lui disant : « Si j’étais enceinte, on se dépêcherait de nous marier, ce n’est pas chose très difficile à faire, nous pouvons nous y employer. »

Suite à ce courrier, Jacqueline Mercier retourna visiter ses parents. Sa mère l’accueillit en lui disant : « Ah, j’ai lu ta lettre, si tu crois nous faire céder ma petite tu te trompes, nous ne changerons pas d’avis ». Jacqueline Mercier reprit sa valise et c’est seulement au milieu des escaliers que Georgette Mercier la rattrapa et lui dit : « Bon ça va, on n’en reparlera plus, vous ferez ce que vous voudrez. » Effectivement, il n’en fut plus jamais question et le mariage eut lieu le 2 juillet 1960.

Récit sous la dictée de ma mère


 

[2] Une manière de provoquer ma grand-mère en lui laissant entendre qu’ils avaient été dans un hôtel à proximité de la gare SNCF.

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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Samedi 9 juin 2007

« Le hip hop moi j'kiff grav »

 

 

 

Grand tourbillon d’énergie pure,

 

Beauté sublime des corps dansants,

 

Époustouflante jeunesse, rendue folle de musique,

 

Corps tendus, tordus, distordus, cassés, pliés et volants,

 

Permanents défis à la pesanteur,

 

Pour exprimer, pour la grâce du geste, pour l’exploit, pour le rire,

 

En solo, en duo, en quatuor, à cinq ou à six,

 

Corps trépidants, sens dessus dessous,

 

Pour dire, pour la grâce, pour l’exploit, pour le rire,

 

Pour leur plaisir, pour le nôtre,

 

Tourbillon d’énergie pure,

 

Beauté sublime des corps trépidants.

 

 

 

Quel plaisir ! Pourquoi diantre, ne va-t-on pas plus souvent voir danser ?

 

Pas le Tanz Theater Wuppertal de Pina Bausch, on a définitivement renoncé : il n’y a jamais de place. Pas du ballet (néo) classique non plus, on garde ça pour la visite de nos nièces.

 

Non de la danse Hip-Hop, surtout depuis qu’elle se métisse avec d’autres disciplines de la danse et des arts en général, celle que nous a fait découvrir le Festival Cités Danse de Suresnes ou le Festival Danse HipHop Tanz  en Seine St Denis.

 

Hier soir, au Centre National de la Danse (C.N.D.) à Pantin, la Compagnie Trafic de Styles, qui elle flirte avec le cirque et le clownesque, donnait son spectacle Spécimen.

 

L’an dernier, presque à la même époque, je notais :

 

Bonheur du hip hop au festival Danse Hiphop Tanz au CND à Pantin avec Storm (Virtuelevation) et surtout la troupe de l’Irven Lewis Dance Theatre (Ignition) qui a mis le feu à la salle (3 mecs noirs splendides, un asiatique genre malais, une noire et une chinoise)

 

Pourquoi diantre, alors ne va-t-on pas plus souvent voir danser ? Ce n’est pas cher : 12 euros, pas loin : on peut même y aller en vélo par la piste du canal de l’Ourcq. En plus, cette année, le spectacle était non seulement poétique mais aussi drôle. Alors ?

 

... Penser À suivre la programmation.

 

 

 

P.S. Face aux prouesses des danses urbaines, difficile de ne pas se sentir physiquement handicapé, pour autant, ça peut vous donner aussi une envie furieuse de danser. Le CND propose en septembre un week-end « Danses partagées » (« Et si pour une fois, c’est vous qui dansiez au CND ? »). Ça me tenterait bien... Non, c’est ridicule. À mon âge... De toute façon, si le ridicule tuait, je serais déjà mort... « La danse, moi, j’kiff grav » Je vais leur passer un coup de fil pour vérifier les conditions d’accès.

 

 


Figures classiques du Hip-Hop, sans la fusion, mais non moins ébouriffantes :

 

http://www.style2ouf.fr/Video/breakdance-861-adrenaline-vs-sans-limites.html

 

http://www.dailymotion.com/relevance/search/hip%2Bhop%2Btanz/video/xnuxl_festival-danse-hiphop-tanz-mai05

 

Autres corps en mouvement, corps émouvants, dans ce blog :

 

http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-5615050.html

 

Une vidéo de la performance de Dima Shine à Paris en 2006 :

 

 http://www.dailymotion.com/video/x1h1bx_dima-shine-equilibriste-russe

 


 

 

El cielo dividido

 

Pourquoi en parler ici ?

 

Un film qui raconte « la surprise de l’amour » et « la double inconstance » de deux jolis garçons n’ayant de cesse de s’étreindre, y compris dans les rues d’un Mexique macho, méritait bien une mention (® L'homophobie au Mexique par Marina Castaneda).

 

Pour autant, force est de reconnaître que son argument le plus fort réside dans la fraîche beauté de Jonas interprété par Fernando Arroyo (ma préférence) et de celle de Gerardo joué par Miguel Ángel Hoppe (celle de Gabriel). J’en profite  aussi pour présenter mes excuses les plus plates aux garçons mexicains. Car, depuis un voyage au Mexique en 1998, nous avions fait nôtre le jugement dernier de Jean-Louis (l’ami de Frédéric, le frère d’Elisabeth) : « les mexicains sont définitivement le peuple le plus laid sur Terre ».  Par la suite, la divine surprise de Gaël Garcia Bernal et de son copain d’Y tu mama tambien[1], furent considérée comme l’exception qui confirmait la règle.

 

Aujourd’hui, Jorge nous a conseillé de réserver cette vacherie aux boliviens.

 

 

 

Quoi d’autre encore ? Les taiseux seront à leur aise : ces bibelots ne parlent pas ou presque, seuls les corps causent, avec passion, joie et grâce lorsque l’amour est là, de manière quasi chorégraphique.

 

Au début, le dispositif, quoique surprenant, vous séduirait presque. L’os, c’est que le film dure 2H20 sur un synopsis épais comme une feuille de papier cigarette ; impossible d’éviter qu’il n’apparaisse comme lourdement artificiel, quand il ne frise pas franchement le ridicule.

 

Alors notre attention se porte rapidement sur les détails :

 

-         c’est un vrai défilé de mode, t’as vu, il change de fringue à chaque séquence ?

 

---

 

-         par contre, il ne change pas souvent de slips.

 

-         si, regarde mieux. J’aimerais bien la chemise que Jonas porte s’il n’y avait pas cet écusson avec le numéro 20.

 

---

 

-         je t’assure,  il change moins souvent de slips que de chemises

 

-         il va y avoir une liste interminable d’annonceurs « placements de produits » au générique de fin

 

---

 

-         c’est un beau plan que ce plan éloigné des deux garçons dans les gradins, regarde ! Celui qui a le cœur qui saigne a un tee-shirt et un sac rouge, l’autre qui ne l’aime plus est habillé en bleu, une couleur froide.

 

-         le réalisateur doit travailler dans la pub. (Vérification faite, apparemment non)

 

 

 

Pourquoi parler encore ici de ce film qui aura du mal à trouver sa place dans une anthologie du film "gay" ?

 

Juste pour suggérer à ceux qui l’ont vu, d’imaginer exactement le même film mais avec des couples de filles et garçons, et de s’interroger alors sur le bien fondé du « interdit au moins de 16 ans »[2] qui a été infligé à ce film.

 

P.S. Lorsque nous sommes sortis, seuls restaient dans la salle deux jeunes garçons qui s’embrassaient avec fougue. En voilà au moins deux que le film avait inspiré !

 

 


La petite critique qui nous y a envoyé : http://www.telerama.fr/el cielo dividido

 

Le « papier » de Thomas Sotinel : http://www.lemonde.fr/el cielo dividido

 

Le « post » d’Olivier à l’occasion du festival gay et lesbien de Grenoble : http://psykokwak.livejournal.com/

 

Quelques perles dans cet article dithyrambique : http://www.cinema-france.com/el-cielo-dividido.html

 

Bande-annonce

 

http://www.premiere.fr/bandes-annonces/video/el-cielo-dividido-ext-1

 




[2] et non de 12 ans comme l’indique Thomas Sotinel du Monde

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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