Gloria vit avec son mari, sa belle-mère et ses deux fils dans une « cage à poules » de la banlieue de Madrid. On ne peut pas dire qu’elle ait une vie bien rigolote entre l’entretien de sa maisonnée, son mari qui lui est devenu un étranger et les ménages qu’elle doit enchaîner pour à peine joindre les deux bouts.
Son mari chauffeur de taxi, vit dans la nostalgie de sa vie passée en Allemagne où il eut une liaison avec une chanteuse dont il était le chauffeur.
Le plus jeune de ses garçons a l'habitude de coucher avec les pères de ses camarades de classe. L’aîné Toni deale de l'héroïne pour gagner l'argent nécessaire afin de partir vivre avec sa grand-mère au « pueblo ».
Dans l'immeuble vit aussi une prostituée au grand cœur un peu nunuche et une mère maniaque de la propreté et de la déco kitch, persécutée par sa fille qui abuse de ses pouvoirs surnaturels en prenant un malin plaisir à tout détruire dans leur appartement.
Pour tenir le coup, Gloria prend des amphétamines.
Lorsqu’un jour la pharmacie refuse de lui vendre ses pilules sans ordonnance, qu’en plus, Toni et la grand-mère lui imposent le gros lézard vert qu’ils ont recueilli, et que son mari lui annonce qu’il attend la visite de sa chanteuse, venue spécialement d'Allemagne pour lui proposer de falsifier les mémoires d'Hitler, ce jour là, Gloria, craque définitivement et tue net son mari d’un coup de jambon à l’os, d’un geste digne d’un maître de kendo.
Son petit dernier parti vivre avec le dentiste, son aîné et sa belle-mère ayant eux aussi rejoint le « pueblo », Gloria, à bout, seule et abandonnée, est sur le point de se jeter du haut du balcon de l’appartement, lorsqu’elle est interpellée par son fils cadet...
Abracadabrantesque scénario d’un film qui n’a pas choisi son genre et qui sans prévenir, vous fait passer du rire aux larmes : Hommage (ou parodie) du néoréalisme italien, humour
noir...
Un film sans tabou, qui ose tout, y compris le mauvais goût et la crudité, qui fait de l’usage des drogues et de l’homosexualité une banalité du quotidien, un film qui ne respecte rien.
Un film qui ne ressemblait à rien de ce que j’avais jusqu’alors vu, un cinéma qui me donnait envie d’apprendre l’espagnol, de le chanter, de dessiner (splendides génériques et affiches), de m’essayer aux fausses publicités ou fausses actualités.
Je jubilais. Je n’avais plus qu’une envie, tout connaître de ce qu’avait fait ce mec et de le faire connaître : « Il vous aller voir ses films, rien n’est plus subversif, déjanté et drôle que les films de Pedro Almodovar ».
C’est Elise[1] avec qui nous avons dîné à deux reprises, qui m’a rappelé cette époque où, tel le nouveau converti, j’évangélisais avec passion sur le campus.
Avec elle mais aussi sans doute avec Hélène avec qui j’avais découvert ce Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça et qui partageait, peut-être dans une moindre mesure, mon enthousiasme, je me suis ensuite précipité voir Dans les ténèbres (une chanteuse se réfugie dans un couvent de charité après la mort par overdose de son mec, l’abbesse, junkie, tombe amoureuse d’elle....), le fascinant Matador (Eros et Thanatos réunis par le geste tauromachique), Le labyrinthe des passions (Inoubliable « Première » de l’ouverture du film par de gros plans sur le « paquet » des mecs qui passent et que mate depuis une terrasse un personnage homo !), son premier long métrage, le très « underground » Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier , et La loi du désir qui universalise le désir homosexuel.
Ai-je osé voir ce dernier film avec un de mes amis de l’époque ? Je ne crois pas. J’ai dû utiliser ma formule habituelle de censure : « c’est un film à part, pas pour tous publics, ça intéressera peut-être les homosexuels ».
A cette époque, je parlais avec passion des acteurs fétiches du cinéaste madrilène, comme de vieux amis : de Carmen Maura d’abord, d’Antonio Banderas, de Chus Lampreave, de Marisa Paredes, de Cécilia Roth et de Rossy de Palma.
En 1987, avec son « Femmes au bord de la crise de nerfs », le cinéaste accéda à la reconnaissance internationale, à celle
de la critique comme à celle du grand public. Ce film par ailleurs devenu un « classique », marque, me semble-t-il, la fin d’une folle période – le virage avait commencé à être pris
avec Matador et La loi du désir - et le début d’un cinéma, qui en prenant de la maturité, fait de moins
en moins rire mais gagne en profondeur, dans des scénarios toujours plus complexes et inattendus.
Almodovar avait vieilli, l’esprit de la movida espagnole, cette effervescence artistique et festive née de l’après franquisme et de la démocratie retrouvée, n’était plus, d’autant que beaucoup de ses acteurs étaient morts prématurément, fauchés par le Sida et/ou l’overdose.
Pour revenir à ma vieille cops, dans sa vie déjà bien remplie elle s’est rajoutée cette année une activité prenante et fort coûteuse : une formation à la production et à la
réalisation de film.
« Vous ne vous êtes pas plu pas hasard, a souligné avec raison Gabriel, c’est vraiment le genre de projet que tu pourrais avoir. »
Le scénario de court qu’elle avait écrit a été retenu par le groupe en formation, aussi a-t-elle été propulsée réalisateur. Je me suis d’ailleurs aperçu que son film était déjà googlisé par l’intermédiaire du CV d’un de ses acteurs, en ligne sur un site de casting.
encore
Deux articles de Frédéric Strauss (Télérama, Cahiers du Cinéma) :
Biographie de P.Almodovar dans Universalis 6.0 (une copie d’un article excellent dans un site perso au design épouvantable)
A l'occasion de l'Almodovar Exhibition à la Cinémathèque en avril 2006
Un site perso : http://lastrada.free.fr/Almodovar/sommaire.htm
Sur ce blog : http://notesgaydethomas.over-blog.com/la mauvaise éducation
Vidéos
http://www.youtube.com/ qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça
http://www.dailymotion.com//almodovar/la-loi-du-desir-ne-me-quitte-pas
http://www.dailymotion.com//almodovar/la-loi-du-desir-dejame-recordar
http://www.youtube.com/Almodovar y Mc Namara Voy a ser Mama
Le XXe siècle est et restera le siècle où une faiblesse humaine, la persistance rétinienne, aura été utilisée par la technique pour créer l’illusion, pour rendre le rêve et le réel visible, pour réinventer le temps.
Alain Rey, Introduction à La Petite Encyclopédie du Cinéma Editions du Regard/Réunion des Musées Nationaux 1998
Interdit aux adultes non accompagnés d’un mineur
Au jardin des dunes et des vents au Parc de la Villette où nous avons rendez-vous avec Pierre-Emmanuel, Valentin et les toulousains, l’homme en faction à l’entrée fait un pas en avant avec un geste de la main comme pour nous barrer le passage :
- l’accès du jardin est interdit aux adultes non accompagnés d’enfants, vous avez des enfants à l’intérieur ?
- oui, on rejoint de la famille qui en a (Gabriel et moi, pratiquement en même temps).
- bon, ça va, mais normalement vous devez entrer avec les enfants.
Curieuse expérience, que de se voir refuser l’accès d’un lieu parce qu’on n’est pas accompagné par des enfants. Un côté monde à l’envers du Carnaval.
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Pessin pour le Monde 2


En général, les
hommes qui se présentaient devant Syed aimaient les femmes. Ils venaient simplement servir un maître. Toutefois, chacun repartait content. L’un d’eux était son amant. Il s’appelait Umaid. Nez
fin, épaules larges, favoris épais, cheveux longs et drus. Il veillait sur les écuries de Syed et pouvait le faire gémir comme personne. Avec Umaid – et seulement avec lui-, Syed s’attardait
après l’étreinte, parcourant tendrement son corps musclé du bout des doigts, caressant son membre alangui avec amour.


Dans un premier temps, on conclut que ce peuple n’avait plus de culture propre à force d’absorber, telle une éponge, celles d’étrangers. Une déception donc pour le touriste avide de pittoresque. Pourtant, on a fini par trouver cette attitude vraiment sympathique, par l’ouverture aux autres et l’absence de préjugés qu’elle implique. Emblématique fut à cet égard une expérience culinaire que nous eûmes à la fin de notre séjour sur l’île de 
Il y a de cette ouverture à la différence dans le film d’Auraeus Solito, l’éveil de Maximo Oliveros. L’éveil de Maxi, un garçon de 12 ans très efféminé d’un quartier défavorisé de Manille (est-il possible qu’un garçon torde autant les fesses à Manille ?), c’est l’éveil à l’amour de ce garçon joyeux. Le père et les frères aînés de Maxi sont de truands qui traitent plutôt gentiment ce petit frère qui remplace les femmes absentes de cette famille, l’homme dont il tombe amoureux est un policier incorruptible (espèce manifestement introuvable à Manille si on en croit l’auteur) qui, même si la résolution de son enquête passe par Maxi, ne semble pas complètement insensible au gringue et à la tendresse touchante que lui prodigue ce petit bonhomme.



Comment ne pas compatir à son désarroi ? Lui qui sa vie durant a pris soin de développer son « capital santé » par l’activité physique, la diététique, la naturopathie, lui dont nous avons appris très tôt la locution latine « mens sana in corpore sano », lui qui avait fait de nous alors des originaux parce que nous mangions végétarien bio, avec plein de choses bizarres, des graines germées, de la purée d’amande et j’en passe, lui qui nous a protégé de l’abus d’antibiotiques, mis à la diète et au repos lorsqu’on était malade, toutes ces précautions santé devenues aujourd’hui tendances

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