Jean Delville - L'école de Platon (Musée d'Orsay)Ce matin là, je m’arrachai du lit, « la gueule dans le cul », pour passer sous la douche, priant pour qu’ils soient en retard. Je n’étais pas encore dans la salle de bain lorsque l’inopportun « ding dong » me surprit dans le couloir, nu avec une exceptionnelle trique matinale. « Et ben, ils sont pas en retard ! » dis-je de très mauvaise humeur en tirant le rideau de douche «Tu leur ouvres ? ».
Vous ricanez ? C’est énorme comme challenge ; à croire que les gens ne lisent plus : on ne trouvait que des rangements pour mettre des bibelots ou de ces gros livres qui s’achètent, qui s’offrent mais qui ne se lisent pas.

Castor et Pollux
De toute façon, l’affaire grecque se présentait mal.
Athènes, l’un et l’autre n’avions fait qu’y passer pour se rendre dans les îles, alors l’idée nous était venue d’aller passer quelques jours dans la capitale au nom de déesse, «berceau de notre civilisation européenne ».
Pourtant lorsque se trouva confirmé que le musée du Parthénon était fermé pour cause de déménagement des statues de l’Acropole vers le nouveau musée qui n’ouvrirait que début 2008, je tentai en vain de réduire le nombre de jours de réservation sur Athènes pour pouvoir avoir la liberté de partir ailleurs.
C’est alors que la grève des personnels navigants d’Air France nous ôta tout regret.
Bacchus - Le
Caravage
En attendant de pouvoir enfin y mettre les pieds, J., 14 ans, sur le prétexte qu’il porte le prénom d’un de ses héros m’a fait réviser hier soir la mythologie grecque.
J. est le fils unique d’un couple de voisins franco-britanniques très sociables, qu’on a vu grandir. Comme souvent dans une telle situation, il est un garçon parfaitement à l’aise avec les adultes avec qui il a toujours échangé, en premier lieu avec son père qu’il appelle de son prénom ; ce qui fait de lui un garçon déjà cultivé dans de nombreux domaines, et par ce seul fait, sans doute, un garçon différent de la plupart de ses camarades de collège.
Depuis peu, chaque fois que je le vois, je pense au vilain petit canard d'Andersen de mon enfance, raconté sur un disque qu’avaient acheté nos parents, avec pour illustration sonore des extraits du Peer Gynt de Grieg.
Ce soir, le vilain petit canard s’est débarrassé de son disgracieux appareil dentaire, l’acné se fait moins envahissant, pour la première fois je trouve qu’il a de beaux yeux, la métamorphose du vilain petit canard en cygne approche.
Mais quelle logorrhée ! Je me tourne vers son père tout en appuyant de l’index au creux de l’épaule du garçon « où est le bouton pour le faire arrêter de parler ? » J. sursaute, je venais de réactiver une blessure de judo.

Bacchus et Ariane - Guido Reni
L’histoire est contée dans un poème Les Dionysiaques (chant XII) par un grec qui a vécu en Egypte au Ve siècle, Nonnos de Panopolis.
Pour aller vite, Dionysos adolescent subjugué par la beauté d’Ampélos noua avec lui une amitié amoureuse. Jalouse de Dionysos, Hera fait mourir l’éphèbe. Comme Dionysos est fou de douleur, les quatre saisons se rendent auprès de Zeus pour lui demander de rendre Ampélos immortel en le transformant en un végétal comme il l’avait déjà fait pour Narcisse, Hyacinthe, ou Adonis.
Jean Broc - La mort de Hyacinthe
En cela, Zeus a fait un cadeau à Dionysos plus important que celui fait aux autres Dieux dont les amants mortels ont été transformés en plantes, il crée ainsi « la boisson qui
réconforte la race des mortels ».
Très motivé par le thème, l’artiste a réalisé en résine acrylique une plaque dont il nous a paru, à raison, très fier et qu’à notre demande il a fait dorer à la feuille de Palladium.
« J’aime le Palladium, nous dit Goran avec un sourire malicieux, ne serait-ce qu’à cause de son symbole chimique. Le connaissez vous ? ... Pd.»
Piètres traces vidéo de la troublante installation du collectif russe AES+F présentée jusqu’au 6/1/8 à la galerie Passage de Retz, parmi d’autres projets consacrés à l’enfance et l’adolescence :

Pessin pour le Monde 2
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