Préambule

 

UN JOURNAL INTIME EN LIGNE ?

 

Toujours surprenant de trouver dans un moteur de recherche de blogs la catégorie « journal intime ». L’intime n’est-il pas ce que l’on cache en général au plus grand nombre ? Le journal intime n’est-il pas ce cahier que dissimule toujours avec moult précautions la jeune fille ; pas même sa mère (surtout pas sa mère !) ne doit tomber de dessus. 
Par pudeur, et puisqu’on n’a droit qu’à un thème, je n’ai donc pas référencé ce blog dans le thème « journal intime ».

 

Mais l’intime, c’est aussi ce qui est intérieur et profond, ce qui constitue l’essence d’une personne. Ma nature intime est gay, homosexuel devrais-je dire, pour davantage signifier la prégnance du désir homosexuel dans mon existence, désir toujours contrarié par l’homophobie et la pandémie du Sida.

 

La plupart des blogs sont constitués d’une succession de billets rédigés à chaud et apparaissant dans un ordre ante chronologique, ce carnet Web est différent : j’y ai mis régulièrement en ligne des extraits d’un journal commencé en novembre 1998, à l’âge de 36 ans.

 

En accédant à mon intimité, peut-être lecteur trouveras tu des réponses à tes propres questions, des références manquantes à ta culture gay, tandis que moi, en "m’exposant", je donnerai un sens nouveau à toutes ces lignes écrites et, qui sait, aurai-je aussi le plaisir de te lire.   



30/11/2006 -
Les extraits de ce journal/carnet commencé en 1998 sont désormais en ligne. En trois mois, ce sont près de 150 pages, sans compter les illustrations, que je vous ai livrées. Puisque le passé a rejoint le présent, la fréquence de mes « post » va se ralentir.


10/4/2008 - Ce blog est confidentiel : chaque jour, vous êtes en moyenne 127 internautes à parcourir 3 "posts".

Miscellanées

Mardi 28 novembre 2006

http://www.allocine.fr/film/video_gen_cfilm=45261.html

 

 

Vazi reprezente ton 9.2....n.a.n.t.e.2r.e...

 

La pause venait de s’achever et Nawaz montrait sur son poste de travail des photos à ses voisins. « C’est le blog de la classe Monsieur , vous y êtes, vous voulez vous voir ? »
Il se trouvait bien au milieu de ces nombreux clichés de mes étudiants tous en beauté BBB, une photo du Thomas Querqy surpris en fin de cours, souriant franchement, un peu flou.

Ça allait, je n’ai pas fait valoir mon droit de retrait, juste exigé qu’ils reprennent le TD. Je me suis alors dit que j’irai faire un petit tour sur leur blog, dont j’avais mémorisé le nom, pour voir plus tranquillement l’image que mes chers petits se donnent hors d’un contexte classe. Ce que je fis un dimanche soir, comme pour préparer la reprise de la semaine.


Le blog comporte un seul site ami. Je cliquai donc pour en savoir plus.


L’auteur du blog pose encapuchonné devant un drapeau algérien sous son pseudo avec une signature programmatique « algérien for life ». Il m’a fallu plusieurs photos pour reconnaître un de mes étudiants, plutôt effacé (je réalise qu’en un an et demi, il n’a  jamais dû intervenir en classe), d’un physique non remarquable, aux résultats a priori moyens (pas un très mauvais, ni un bon, je me souviens juste d’un flyer qu’il avait réalisé et dont la qualité m’avait surpris), bref du genre qu’on oublie vite au milieu d’une trentaine. Etant je crois très « visuel » et physionomiste, j’ai cependant en tête un image de lui : un visage impassible, et finalement en ce qui me concerne un regard fuyant. 

Pourtant, je sais autre chose de lui qui m’inclinait à le considérer positivement : Il fait partie des rares étudiants inscrits en cours d’allemand et qui participe à un échange avec une « Fachhochschule »  allemande, consistant en un stage en entreprise et l’hébergement dans une famille.

L’étudiant porte un prénom et un nom d’origine kabyle, non musulman, appelons le Arezki.

Avec ce blog, j’ai découvert un Arezki qui m’est complètement étranger.

Pour commencer, il ne parle plus la même langue que moi :

 

Ce blog é dédié a tou mé s'hab é tous mé proch, mem lé gen ki fon un tour vou ete bien venu kan mem....

 

2e  post : Un blog pour lé rebeu(z) de France é ailleur...

 

4e post : Dieu est Grand le monde est petit... En tan ke mouslim, jenkourage mé frere é seur kroyan a séloigné du haram é a resté dan la droiture.... Dieu est Grand, il nou voi é est Acceuillant au repentir... Avec un lien : un site manifik, le tout sous ce que je présume être une sourate calligraphiée.

                                                                                                

 

5e post : Maroc, Algérie, Tunisie, C la mem... Mafia maghrébine

Dédikass a tou mé frere du maghreb....

6e post : diaporama Les kartié de la zup de S....

7e post : DIEU est grand, le monde est petit... Photo de la grande Mosquée de la Mecque et de la Ka’aba bondées Noubli pa votre Dieu, en tou ka je L'oubli pa hamdoulileh....


Une photo aérienne de B. : Ma ville natale, B. koi dir de plus? C tro bien é sa m'mank grav.......

Sa famille, sa cité, son ancien lycée, ses potes musulmans de l’école, photomontage de lui  apparaissant derrière un drapeau algérien, le bas du visage masquée par une écharpe aux couleurs de l’Algérie, son pote posant un flingue pointé vers le photographe :  Ameur forever.... Ca c mon zink Ameur ki fé zaama gangsta california. vazi reprezente ton 9.2....n.a.n.t.e.2r.e...   Plus loin : Blida ma ville natale!  Magnifik rien a dire! Le jour ou ji retourneré inch'Allah, il mvéron kom un daron.....tellemen ca fé perpette...., la ville, la cité où il habite  (mon bled), etc.


Arezki a aussi écrit trois titres de rap mis en ligne et il joint une courte biographie écrite dans une langue que je comprends de nouveau et qui explique sans doute l’Arezki que je ne connaissais pas. Verbatim :

1987:Naissance à Blida (Algérie).
1989: Ses parents s'installent provisoirement à Nanterre (92), ainsi débute sa vie en France à l'âge de 2 ans.
1991: Après une série interminable de va et viens entre l'Algérie et la France, sa famille s'installe définitivement à Montbard (21) où il passera une grande partie de son enfance...
1998: Commence à découvrir le rap, alors entouré par le racisme ambiant...

Pourtant, je ne pourrai plus regarder Arezki de la même manière. Mais le pourrait-il en ce qui me concerne, s’il tombait sur ce blog ?

 

 

 

 

IN : le pignolage collectif, définitivement OUT : le crime d’Onan

 

J’étais sur le point d’oublier de noter l’information. On vit une époque formidable. Alors qu’en maints pays, on continue encore à pourrir la vie de ceux qui l’aiment, le 5 août à Londres, on a déroulé le tapis rouge aux personnes venues se masturber pour la bonne cause : collecter des fonds pour lutter contre le Sida.

 

Lancé en 2000 à San Francisco (comme c’est bizarre !), ce « masturbathon » (masturbate-a-thon) fonctionne sur le même principe que n’importe quel « thon » : des sponsors s'engagent à verser aux organisations caritatives associées à l'événement une certaine somme d'argent par «minute de masturbation» et/ ou «nombre d'orgasmes atteint. (...) Le record à battre est détenu par un américain: 8 h 30 de branlette ininterrompue. »

 

Peut-être tenons nous là un moyen de relancer un Sidathon en France ?

 

A titre personnel, je continuerai à verser mon écot à Act-up ; peu porté sur l’exhibitionnisme, je supporterais mal le «surveillant» chargé de chronométrer ma performance. Quoi qu’il en soit, nul doute que la grande majorité des mâles[1] continuera à :


se branler, se taper une queue, se toucher, se pignoler,
se palucher (le poireau), cirer le pingouin, s'astiquer le missile, tirer sur l'élastique, s'astiquer le manche ( le chinois), moucher le cyclope, se taper sur la colonne, étrangler le borgne, se bigorner un rassis...


Définitivement. On vit une époque formidable.


http://www.liberation.fr/vous/197168.FR.php

 



[1] Aucun sexisme de ma part, les femelles seraient de plus en plus nombreuses à en faire de même mais les expressions argotiques et imagées trouvées semblent faire référence à un organe dont elles sont dépourvues.

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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Dimanche 26 novembre 2006

 

Shortbus de John Cameron Mitchell

 

« Comme dans les 60’s, l’espoir en moins »

 

 

13/11/2006

 

 

En quelques tirets :

 

 

-          Du sexe explicite (spéciale dédicace au « self sucker » qui se filme et qui s’éjacule dans la bouche), mais plutôt ludique et du coup pas du tout pornographique (on n’a pas de crampe) ; au sommet : le trio qui entonne l’air de l’hymne national américain avec l’un qui le siffle dans le cul du deuxième, lequel se sert de la bite dressée du troisième comme micro...

 

-          Le long baiser du beau jeune homme au vieillard gay qui dit avoir été maire de NYC : un geste d’humanité rare, a fortiori dans un monde où l’on vieillit beaucoup plus vite qu’ailleurs ; émouvant.

 

-          Le trompe-l’œil du couple idéal au travers de la rencontre avec le voyeur amoureux de l’image que ce couple lui donne à voir de ses fenêtres.

 

-          La difficulté d’introduire un troisième dans un couple fusionnel.

 

-          Tous artistes ; sujet : soi-même, tous exhibitionnistes, tous voyeurs : James sujet de son film qu’il destine à Jamie ; Severin sans arrêt en train de prendre ses polaroïds qu’elle légende, le voisin, Caleb, qui enregistre les faits et gestes du couple.

 

 

Côté baise, les acteurs et figurants avaient vraiment l’air de s’éclater, espérons que les bonus et le making off du DVD nous permettront d’en profiter un peu plus.

 

 

 

Surmoi défaillant

 

 

-          J’ai fait des rêves bizarres

 

-          Ah bon ? Du genre ? Tu t’en souviens ?

 

-          J’avais de la merde plein mon peignoir et j’étais bien embarrassé. Je ne savais pas comment m’en débarrasser. J’avais peur de flinguer la machine à laver avec tout ça.

 

-          ça je vois, c’est ton souci d’aérophagie.

 

-          Peut-être.

 

-          Tu te rappelles d’autre chose ?

 

-          Oui, c’était très bizarre. On était chez ma mère et on cachait des enfants, un truc pédophile. Fallait pas que ma mère le découvre. On les embrassait, on les caressait.

 

-          sur la ziquette ?

 

-          Je ne sais plus, mais toi t’en faisais plus que moi, j’étais un peu gêné.

 

-          Ah ça, ce sont des fantasmes pédophiles qui ont échappé à ton surmoi... Estime toi heureux de ne pas vivre dans le monde de « Minority Report » !

 

-          Pourquoi ?

 

-          Rappelle toi ! Sur la base de visions divinatoires de mutants qui clapotent dans un liquide, des gens sont arrêtés avant d’avoir commis leur crime.

 

-          Mais je ne suis pas pédophile !

 

-          Ce n’est pas grave ! Ton rêve a été capté, tu présentes un risque pour les enfants et dans le monde de « Minority Report », on ne prend pas ce genre de risque,  fut-il infime. Dans cette société, il n’y a plus de crime, juste des policiers qui interviennent chaque fois qu’un crime peut avoir lieu et des prisons bien pleines.

 

-          Je proteste, Monsieur le juge, un enfant ne me fait pas bander.

 

-          Trop tard !

 

 

Après vérification, l’argument de « Minority report », cet excellent film d’anticipation de Spielberg est un peu différent :

 

 

http://www.objectif-cinema.com/analyses/141.php

 

 

http://sfstory.free.fr/films/minorityreport2002.html#A%20propos

 

 

 

Anatrella la la la la lère

 

22/11/2006

 

 

Lorsque nous apprîmes dans Têtu que Tony Anatrella, le curé psy auto déclaré[1] mais adoubé par l’Eglise catholique, était suspecté d'abus sexuels sur de jeunes hommes, nous ne pûmes nous empêcher d’applaudir de joie.

 

Depuis le temps que ce « prêtre et psychanalyste » abonné des médias s’efforçait assidûment à empêcher toute avancée en matière de lutte contre l’homophobie et de conquête de l’égalité des droits des homosexuels, et nous humiliait à toujours pourfendre l'homosexualité notamment comme "Un inachèvement et une immaturité foncière de la sexualité humaine", ce n’était que justice.

 

 

Ma mère qui a fait une analyse avec une psychanalyste également catholique, lors de ses séances, avait évoqué à propos de mon homosexualité qui lui posait alors problème, l’argumentation qu’Anatrella assénait à ce sujet dans ses nombreux ouvrages et articles. Sa psychanalyste qui le connaissait et qui ne partageait pas du tout ses vues, lui avait dit à peu près ceci, que « la croisade obstinée de Tony Anatrella contre la banalisation de l’homosexualité » était « pour le moins suspecte ».

 

 

Pour autant, c’était trop beau pour être vrai, et comme le monde est peuplé de « cinglés », a fortiori dans le cabinet d’un « psychiatre » (j’ai lu des articles où il signait avec cette étiquette), j’ai tout de suite après l’euphorie,  pensé qu’il pouvait être victime d’une dénonciation calomnieuse et qu’après tout il demeurait présumé innocent. Toutefois, ça tombe mal pour notre porte drapeaux de l’ordre moral catholique, au même moment, il se voit consacrer un dossier par la revue Golias , revue catholique très critique à l’égard de l’institution (au demeurant je n’ai pas réussi à savoir sur leur site qui composent ces Editions Golias), dans lequel un ex-séminariste raconte des faits identiques.

 

 

A suivre donc, juste pour le « fun » car il y a bien longtemps que nous zappons lorsque ce triste sire sévit dans nos médias.

 

 

http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=10459&date_info=2006-10-31

 

 

http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=10573

 

 

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-836414@51-825868,0.html

 

 

http://www.golias.ouvaton.org/recherche.php3?recherche=anatrella

 

 


[1] N’est-ce pas le cas de tous les psychanalystes ?

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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Samedi 25 novembre 2006

Exils

 

Le nombre des migrants irréguliers qui arrivent sur les côtes méridionales de l’Europe a atteint un niveau critique en 2006. L’Espagne a vu le nombre des arrivées dans les îles Canaries bondir de 4 700 en 2005 à environ 25 000 dans les neuf premiers mois de 2006 ; l’Italie a compté 16.838 arrivées cette année déjà, Malte en a enregistré 1 445 pendant les huit premiers mois de cette année et la Grèce a intercepté 900 arrivées par mer et arrêté 28 700 migrants irréguliers sur son territoire pendant la période allant de janvier à juin 2006 (Source : Conseil de l’Europe 3/10/6).

La majorité provient du continent africain majoritairement d’Afrique noire. Il s’agit d’hommes, le plus souvent jeunes (se pose désormais le problème du sort des mineurs), prêts à tout pour accéder à un sort meilleur (mise en jeu de leur vie, racket par les passeurs de toutes leurs économies) puisque l’immigration légale et même l’obtention d’un simple visa touristique leur sont en pratique interdits dans la plupart des pays occidentaux (Cf les propos de Bibi concernant les démêlés qu’il a eu avec sa femme angolaise).

S’il n’était pas mort en 2001, René Dumont, qui publia en 1962,  « l’Afrique noire est mal partie » aurait pu commenter «ça fait 45 ans que je vous le dis, on va dans le mur ».
Image stupéfiante d’un noir échoué sur une plage des Canaries, en train de reprendre conscience, à quelques mètres de la serviette de touristes blancs lézardant au soleil et faisant mine de ne pas l’avoir vu.

Autres exils, autre motif d’exil, épiphénomène certes, mais tout aussi dramatique au plan individuel. Celui d’homosexuels ostracisés par la société dans laquelle ils sont nés ou par leur propre famille, torturés ou menacés de mort et qui ont décidés de partir au Canada, où les étrangers persécutés en raison de leur orientation sexuelle ne peuvent prétendre au statut de réfugiés.
Pour autant, qu’il est long et aléatoire, le chemin qui conduit de la Jordanie, de la Jamaïque, du Brésil ou du Mexique, à cet « eldorado » du statut de réfugié dans le pays du grand froid.

Ce type d’atteinte aux droits de l’homme est rarement relayé dans l’opinion, merci PINK TV de diffuser le « Gloriously free » d’Ed Sinclair.

 

 

7/10/2006
 
Un jeune homme, Walt, tient un drugstore dans un quartier pauvre de Portland : 
-          Je veux déguster Johnny Alonso, ce mexicain de LA. Il fait battre mon cœur à la chamade quand je le vois... Il dit qu’il a 18 ans mais il pourrait en avoir 16...Je veux le caresser, l’enlacer. Il a des suçons dans le cou (dit-il en tentant de les toucher)
-          c’est quoi ça ? Demande l’intéressé en reculant 
-          il aime les hommes, lui explique un client (...)
-          Je veux être ton ami, su amigo... Avec ses potes, il dort dans un hôtel borgne sur la 6. Il ne parle pratiquement pas anglais... Hé, je ne suis pas de l’immigration... Como se llama ?
-          Johnny Alonso.
-          Tu ne sais pas où dormir ?
 
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Toujours, Johnny refusera d’être « dégusté » par Walt, jamais Walt ne gagnera vraiment son amitié. L’histoire d’une rencontre qui n’aura pas lieu, l’histoire d’une lancinante frustration qui mine Walt.

Une histoire d’aujourd’hui : des clandestins qui n’ont pour seul capital que l’énergie, la débrouillardise et la beauté de leur jeunesse et qui mènent une vie dangereuse, un jeune homme qui assume sans honte son homosexualité. Leur rencontre socialement improbable, que le sexe peut rendre possible.

Le seul moyen pour Walt de se rapprocher un tant soit peu de Johnny est de se faire baiser par son compagnon d’infortune Pepper. Cette relation, vécue dans la honte par Pepper manifestement hétéro sera pour lui une nouvelle frustration et source d’un mal au cul récurrent.
 
Adaptation de l’unique roman écrit par Walt Curtis, né en 1941, auteur de plusieurs recueils de poèmes, traducteur de Neruda et de Garcia Lorca (son désir frustré pour les gitans sublimé en poésie), un récit autobiographique publié en 1977.
 
Premier film de GVS, contient en germe les suivants notamment l’amour impossible entre River Phoenix et Keanu Reeves dans My own private Idaho. Il est réalisé avec des bouts de ficelles (pour tourner de nuit, l’équipe recherchait les éclairages publics les plus forts), ce qui donne un film dans l’ensemble pénible à regarder car sous exposé, même si parfois le choix esthétique de ce noir et blanc est du plus bel effet.

mala-nochegvs2.jpg

Casting : Si Walt, un certain Tim Streeter qui semble n’avoir rien joué depuis ce film, est irrésistible même s’il n’est pas spécialement canon quand il se déshabille, les deux garçons mexicains m’apparaissent presque dépourvus de grâce (ils font d’ailleurs plus vieux que l’âge qui leur est prêté) et la passion de Walt pour Johnny un peu incompréhensible, mais n’est-ce pas l’expérience banale de n’importe quel témoin de la passion d’autrui ?
 

 

Brèves de soirées

 

On a beau dire, on a beau faire. Quelles que soient les résolutions avant de commencer la soirée, comme dit la chanson : « boire un petit coup est agréable, boire un petit coup, c’est doux. », difficile donc d’y résister. 
Alors forcément, lorsqu’il commence à se faire tard, que les verres de vin se sont succédés, la mémoire se grippe et la qualité de la conversation en pâtit.

 

J’ai depuis quelques temps un alibi technologique qui fait toujours son petit effet :

 

-          Désolé, ma mémoire flanche de plus en plus depuis qu’Internet tend à la remplacer

 

Si je suis davantage parti en vrille :

 

-          Si je suis déconnecté, je n’ai plus aucune mémoire... Tu ne savais pas ? J’ai mis en ligne mon cerveau sur Internet.

 

En soirée, il est connu qu’alcool et tabac font bon ménage, l’un entraînant l’autre et vice-versa.

 

Depuis peu, chaque fois que je sors une tige, je me sens un peu moins coupable :

      -         
t’as enlevé ton patch au moins ?

 

-          t’inquiète, j’ai rangé la boite pour quelques temps. T’en veux une ?

 

-          non merci, j’ai arrêté.

 

-          celles-ci ne font pas de mal, ce sont des clopes biologiques.

 

-          N’importe quoi !

 

-          si je t’assure, c’est la seule marque qui ne mêle pas au tabac et papier les agents de texture qui contiennent ou produisent les produits hyper toxiques comme le cyanure.

 

-          Tu sors ça d’où ?

 

-          Ben regarde la composition. Et va voir d’autres paquets... Des clopes bios, je te dis.

 

coplans1.jpg

 

De mauvais poils (caresse psychologique)

 

-          La calvitie n’est plus pour moi une disgrâce physique. Depuis bien longtemps. Il me suffit de me faire raser la tête par mon tamoul et je peux imaginer que je ne suis pas si différent de tous ces jeunes, qui le font pour marquer qu’ils sont de mauvais garçons ou pour faire semblant de l’être. Non, le problème, ce sont tous ces poils qui colonisent ma peau.

 

-          c’est affreux, ça va que c’est toi (Gab)

 

-          Le buste, passe encore, mais les épaules et le dos, ça c’est la disgrâce ! Bienheureux êtes vous d’être imberbes !

 

-          on porte d’autres croix (Goran)

 

-          en plus maintenant pour couronner le tout, ils blanchissent. Le pire étant de se trouver un poil blanc au pubis.

 

-          Je m’en arrache de temps en temps (Gab)

 

-          Moi aussi (Fernando)

 

-          qu’est-ce que tu crois que je fais ? Mais sur le torse, j’en ai trop désormais, pas moyen de les arracher. La seule chose qui m’empêche de plonger dans la déprime, c’est que tout cela pousse sur un corps dont je n’ai pas à avoir honte.

 

-          ça non, tu es vraiment bien foutu (Goran)

 

...

 

-          venant d’un sculpteur, ton compliment me va droit au cœur.

 

robertreckerkrieger.jpg

La mort de Lady Diana : « The Queen », les sri lankais et les sans culottes

 

12/11/2006

 

« The Queen » de Stephen Frears : film magistral qui narre la crise qu’a connu la monarchie britannique lorsque la reine s’est obstiné durant un peu moins d’une semaine à vouloir traiter la mort accidentelle de son ex belle fille Lady Diana, comme une affaire strictement privée, et comment Tony Blair, qui venait d’accéder au pouvoir, tirera lui parti de cette affaire.

 

Une occasion de vouer aux gémonies des médias omnipotents, la sotte sensiblerie de la populace et l’inanité de la monarchie.

 

 

Et je me souviens....

 

Le 31 Août 1997, avant-veille de notre départ du Sri Lanka. Il nous faut remonter du sud de l’île vers le nord de Colombo, à Negombo où nous passons notre dernière nuit et journée.

 

Dans un bus bondé et bruyant, un garçon essaye d’engager la conversation avec Gabriel :

 

-          where’re you from? (D’où êtes vous ?)

 

-          from France. (De France)

 

-          Ohh! Something terrible happened in your country. Have you heard about it? (Quelque chose d’affreux est arrivé dans votre pays. En avez-vous entendu parler ?)

 

-          No, what? (Non quoi ?)

 

-          Lady Diana is dead yesterday in Paris (Lady Diana est morte hier à Paris )

 

-          What? (Quoi ?)

 

-          Lady Diana , the Princess of Wales, …is dead yesterday  in your country (Lady Diana, la Princesse de Galles,… est morte hier dans votre pays)

 

-          And so what? (Et alors ?)

 

-          It’s terrible! (C’est affreux !)

 

-          A thousand people die every day in the world, you know. (Gab) (Des milliers de personnes meurent chaque jour dans le monde, vous savez.)

 

-          But, Lady Diana… (Mais Lady Diana…)

 

-          We don’t mind! You know, in our country we killed the royals. (Moi) (On s’en fout ! Vous savez, dans notre pays on a tué la famille royale)
Mine sidérée de notre interlocuteur. On recommencera ce sketch à la réception de l’hôtel à Negombo.

 jagatsrilanka97040.jpg

 

 

Pédagogie de la résolution de l’équation à une inconnue : Q ou X ?

 

Chaque promotion m’arrive traumatisée par les « maths » au point que, sauf de rares exceptions, les étudiants sont incapables de poser et résoudre une équation à une inconnue. J’ai beau leur avoir déjà montré la démarche, chaque fois qu’un problème de ce type leur est soumis, c’est de nouveau le blocage et, chaque fois, ils semblent la découvrir.

 

Une fois de plus la question s’est posée pour leur donner les moyens de trouver un seuil de rentabilité, quelle que soit la forme prise par les données.

 

Grand silence donc dans la salle après que je leur ai demandé d’exprimer la marge sur coût variable en fonction des quantités vendues que je propose d’appeler Q. Quelques minutes après, Nawaz au premier rang, lève le doigt et prend la parole :

 

-          je crois que j’ai trouvé, enfin, je ne suis pas sûr... 100 000

 

-          je ne peux vous dire si c’est juste, je n’ai pas fait le calcul, donnez nous plutôt votre démarche. Alors comment avez-vous exprimé la marge sur coût variable en fonction des quantités vendues Q que l’on recherche ?

 

-          en fait, je n’ai pas utilisé Q, mais X

 

-          très bien, va pour X, si vous préférez.  Nous vous écoutons

 

Un tantinet lassé par cette routine, je commence à écrire distraitement « Q » au tableau.

 

-          X multiplié par (prix de vente – coût variable unitaire)

 

-          trèèès bien Nawaz

 

-          pas Q, mais X, me corrige-t-il

 

-          c’est la même chose, vous appelez X, ce que je désigne par Q, dis-je dans un sourire

 

La salle s’illumine à son tour de quelques sourires

 

-          moi c’est le Q, vous le X,  tous deux parlons de la même chose, non ? Mon Q ou votre X sont une manière de nommer l’inconnu que nous recherchons, continué-je en riant de plus en plus franchement.

 

La salle est soudain très détendue.

 

-          bref, X multiplié par (prix de vente – coût variable unitaire) est égale à quoi Nawaz ? ...À mon âge, je ne devrais pas rire de telles sottises, dis-je en reprenant avec peine une mine de circonstance.

 

-          26 000

 

-          très bien, Et à votre avis que représente ce qui se trouve dans la parenthèse, comment cela s’appelle-t-il ?

 

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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