Préambule

 

UN JOURNAL INTIME EN LIGNE ?

 

Toujours surprenant de trouver dans un moteur de recherche de blogs la catégorie « journal intime ». L’intime n’est-il pas ce que l’on cache en général au plus grand nombre ? Le journal intime n’est-il pas ce cahier que dissimule toujours avec moult précautions la jeune fille ; pas même sa mère (surtout pas sa mère !) ne doit tomber de dessus. 
Par pudeur, et puisqu’on n’a droit qu’à un thème, je n’ai donc pas référencé ce blog dans le thème « journal intime ».

 

Mais l’intime, c’est aussi ce qui est intérieur et profond, ce qui constitue l’essence d’une personne. Ma nature intime est gay, homosexuel devrais-je dire, pour davantage signifier la prégnance du désir homosexuel dans mon existence, désir toujours contrarié par l’homophobie et la pandémie du Sida.

 

La plupart des blogs sont constitués d’une succession de billets rédigés à chaud et apparaissant dans un ordre ante chronologique, ce carnet Web est différent : j’y ai mis régulièrement en ligne des extraits d’un journal commencé en novembre 1998, à l’âge de 36 ans.

 

En accédant à mon intimité, peut-être lecteur trouveras tu des réponses à tes propres questions, des références manquantes à ta culture gay, tandis que moi, en "m’exposant", je donnerai un sens nouveau à toutes ces lignes écrites et, qui sait, aurai-je aussi le plaisir de te lire.   



30/11/2006 -
Les extraits de ce journal/carnet commencé en 1998 sont désormais en ligne. En trois mois, ce sont près de 150 pages, sans compter les illustrations, que je vous ai livrées. Puisque le passé a rejoint le présent, la fréquence de mes « post » va se ralentir.


10/4/2008 - Ce blog est confidentiel : chaque jour, vous êtes en moyenne 127 internautes à parcourir 3 "posts".

Miscellanées

Lundi 12 mai 2008

Rudolf Noureïev par Richard Avedon (1961)

  

Belle réussite que ce film qui n’a droit qu’à deux écrans pour sa sortie nationale à Paris. Quelle iniquité !

Et dans quelle salle ! A croire que l’Espace St Michel, où nous l’avons vu, n’aspire plus qu’à une chose : ne plus avoir de clients et se transformer en boutique de fringues !

 
Bien que la queue finisse par empêcher la foule de passants sur le Boul’ Mich de circuler et que l’employée soit inactive depuis une demi heure, cette dernière ne commencera à délivrer les billets qu’à l’heure de la séance (qui coïncidait avec celle de la sortie des spectateurs de la séance précédente) ; si vous êtes deux, ça vous laisse largement le temps de chercher de la monnaie, puisque le candidat spectateur est « prié de faire l’appoint », et que « cartes bancaires et chéquiers ne sont pas acceptés » ; quant au confort du fauteuil, en nous décalant pour être aimable à deux spectateurs sans gêne, Gabriel a hérité d’un défoncé, tandis que pour la première fois depuis longtemps au ciné, j’expérimentais un léger mal au cul (« Nann ! Sur la vie de ma mère, j’avais pas fauté »).

 


Après tout, peut-être avons-nous participé sans le savoir à un « happening » destiné à nous mettre dans des conditions soviétiques, celle du film.

 

Merci donc à Pierre Murat de Télérama et à Gérard Lefort de Libération qui titre joyeusement « Très bon film, coco », de  nous avoir donné envie d’aller voir de toute urgence (« because le nombre de salles susmentionnées »), ce Loin de Sunset Boulevard d’Igor Minaev.

 

Qu’écrire de plus que ce qui a déjà été écrit dans les articles auquel il est renvoyé dans ce « message » ? Qu’écrire de plus qui ne gâchera pas le plaisir de ceux qui pourraient avoir envie d’aller le voir (parce qu’on aurait déjà tout « raconté ») ?

 

 


Qu’est-ce donc qui nous a donné envie d’aller le voir, à part la confiance accordée à deux journalistes avec qui on a en général une identité de goût ?

Allez ! Pas de baratin ! Largement le personnage central qui est un cinéaste homosexuel se débattant pour créer et survivre durant les années de terreur du stalinisme.

 


Notre intérêt était d’autant plus grand que le grand cinéaste, son mentor dans le film ((Mansourov), et son propre personnage, Dalmatov, s’inspirent, respectivement, de la vie d’
Eisenstein, et de son assistant, ami et amant Alexandrov, réalisateur de comédies musicales de propagande, dont raffolait Staline (Les joyeux garçons, Volga, Volga).

 



Non parce que je serais un spécialiste du grand cinéaste et théoricien soviétique – ai-je seulement vu son Cuirassé Potemkine en entier ? En fait, je me souviens surtout de quelques dessins pornographiques qu’il a fait - ni parce que je suis fanatique de comédies musicales au point de connaître celles d’Alexandrov,  non, uniquement parce que le film en s’appuyant sur des personnages réels y gagne en crédibilité et en émotion, même s’il n’est en aucun cas un film biographique (voir l’entrevue avec Igor Minaïev).

 


A propos du documentaire « Folle de Brejnev » de Frédéric Mitterrand, j’avais noté
en 2001 dans mon journal :

 

Côté Russie, l’avènement du libéralisme sauvage a-t-il apporté avec lui celui des mœurs ? On en est loin si l’on en juge les témoignages que contient le sujet de Mitterrand : que ce soit les tapins de St Petersbourg (Léningrad) et de Moscou, les transformistes interviewés ou une star nationale du 3e sexe, impossible de leur faire cracher qu’ils sont homosexuels ! Faut-il que la pression homophobe soit forte ! Ça évolue lentement une mentalité.

 

Les difficultés de casting évoquées par le réalisateur de Loin de Sunset Boulevard montrent que, sur ce point, les russes n'ont pas évolué d'un iota :

 

Pour les deux jeunes héros principaux, c’était plus difficile, l’homosexualité était vraiment pour beaucoup un obstacle infranchissable. (...) Le plus difficile fut pour le rôle masculin. J’étais presque désespéré quand j’ai enfin rencontré Sergueï Tsiss, dont ce fut le premier film et qui très rapidement s’est parfaitement intégré dans le scénario.

 



http://www.critikat.com/Loin-de-Sunset-Boulevard.html


Les dessins érotiques d’Eisenstein

D. Fernandez "Art et homosexualité" (chap. 12 Les Dictatures) : 10 reproductions de dessins de la collection Andreï Moskvine, Moscou.

S. M. Eisenstein Dessins secrets (Seuil)


 

Autoportrait Joël-Peter Witkin

par Thomas Querqy
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