Les notes gay de Thomas Querqy
UN JOURNAL INTIME EN LIGNE ?
Toujours surprenant de trouver dans un moteur de recherche de blogs la catégorie « journal intime ». L’intime n’est-il pas
ce que l’on cache en général au plus grand nombre ? Le journal intime n’est-il pas ce cahier que dissimule toujours avec moult précautions la jeune fille ; pas même sa mère (surtout pas sa
mère !) ne doit tomber de dessus.
Par pudeur, et puisqu’on n’a droit qu’à un thème, je n’ai donc pas référencé ce blog dans le thème « journal intime ».
Mais l’intime, c’est aussi ce qui est intérieur et profond, ce qui constitue l’essence d’une personne. Ma nature intime est gay, homosexuel devrais-je dire, pour davantage signifier la prégnance du désir homosexuel dans mon existence, désir toujours contrarié par l’homophobie et la pandémie du Sida.
La plupart des blogs sont constitués d’une succession de billets rédigés à chaud et apparaissant dans un ordre ante chronologique, ce carnet Web est différent : j’y ai mis régulièrement en ligne des extraits d’un journal commencé en novembre 1998, à l’âge de 36 ans.
En accédant à mon intimité, peut-être
lecteur trouveras tu des réponses à tes propres questions, des références manquantes à ta culture gay, tandis que moi, en "m’exposant", je donnerai un sens nouveau à toutes ces lignes écrites et,
qui sait, aurai-je aussi le plaisir de te lire.
30/11/2006 - Les extraits de ce journal/carnet commencé en 1998 sont
désormais en ligne. En trois mois, ce sont près de 150 pages, sans compter les illustrations, que je vous ai livrées. Puisque le passé a rejoint le présent, la fréquence de mes « post »
va se ralentir.
10/4/2008 - Ce blog est confidentiel : chaque jour, vous êtes en moyenne 127 internautes à parcourir 3 "posts".
9/1/5
Est-ce cette fin d’année qui a exaspéré sa solitude ? Lui depuis toujours si prudent quand il encule, vient de méchamment « bétonner la caverne » d’un amant connu sur Internet, sans enfiler une capote (voir ci après les mots du sexe chez nos ados). Plus jeune que lui, c’est un occasionnel avec qui il a déjà eu un accident de capote. Cette fois-ci, impossible d’échapper à un traitement post-exposition (il s’est de nouveau copieusement fait engueuler par Yasmina, la mère de son fils). Finalement il nous a assez vite rejoint. Son test est négatif. Une semaine de trithérapie s’il n’en va pas de même pour son partenaire, trois jours seulement dans le cas contraire. Persuadé que ce dernier est « clean », il lui a envoyé un mèl pour l’enjoindre de faire un test.

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Sexe masculin |
Chibre, pilier, guez (apocope de merguez), teub (verlan de bite), tuba, zob, poteau |
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Sexe féminin |
Feutou (verlan de touffe), fisse, fouf, chagatte, schnek |
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Faire l’amour |
Bétonner la caverne |
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Partenaire féminin (péjoratif) |
Findus, cadavre, macchabée, cratère, proto (abréviation de prototype), streum (verlan de monstre), deux trous, double verrou (une fille qui ne veut pas) |
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Partenaire féminin (mélioratif) |
(mega) beubon (verlan de bombe), belette, gazelle, caviar, saumon, gwendoline, charnelle, criminelle |
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Se faire faire une fellation |
Fournir le dentifrice |
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Désignation de l’acte sexuel |
Coulisser, pomper, défourrailler, cracher, guézer |
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Aimer, être amoureux |
Kiffer qui signifie aussi avoir peur ou fumer |
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Draguer |
Blablater, linker, branchouiller, embaumer, chasser l’escalope (pour les garçons), le steak (pour les filles), encanailler (draguer, séduire et conclure) |

« Vies brûlées » (Plata quemada) raconte l'équipée sanglante d'un gang de quatre malfrats qui avait défrayé la chronique de l'Argentine de 1965. Cette bande avait fini sa cavale dans un appartement de Montevideo en Uruguay, après avoir volé sept millions de pesos et tué trois personnes. Un seul d'entre eux survécut. Il avait quitté ses acolytes avant l'assaut de
Dans Kamchatka, un couple se cache après le coup d’état militaire de Videla en 1976 et essaye de dissimuler à ses enfants la réalité de leur situation.
La famille de Gabriel est sortie épuisée de la visite de trois jours que leur a fait Armande à Tours pour Noël. Surexcitée, elle dort très peu et s’agite sans arrêt avec trois obsessions en tête : manger, boire du vin et sortir faire des courses. Elle qui cuisinait si bien, arrose tout ce qu’elle baffre de ketchup et de Tabasco, en particulier les infâmes soupes qu’elle se fait, y compris celle qu’elle s’est envoyée en mixant les reliefs de la lotte de midi, provoquant ainsi une indignation généralisée au sein de la famille. « On boit pas de vin ?» demande-t-elle à chaque repas, « non » lui répond-t-on invariablement. Toutes les bouteilles ont été cachées. C’est pour la mère de Gabriel que c’est le plus dur mais elle a trouvé la parade : elle s’enfile le verre en cachette.
Tout le monde surveille Armande comme du lait sur le feu notamment parce qu’elle oublie le plus souvent d’éteindre le gaz. Redevenue une enfant, elle ne supporte aucune contrainte et cherche à tout prix à satisfaire ses envies. Toute inhibition « de civilisation » a chez elle disparu. Elle vole sans arrêt à n’importe qui et n’importe où, tout objet qu’elle désire. Avant de quitter Cognac-Jay avec Gabriel, l’infirmière a de nouveau retiré de ses bagages des livres qu’elle avait piqués, quelques instants après, Gabriel a dû se fâcher pour qu’elle ne parte pas avec une plante de l’hôpital dans un sac en plastique. Elle m’a elle-même raconté qu’elle avait passé en douce une soupe à la caisse alors qu’elle faisait des courses avec son mari, persuadée que Pierre-Emmanuel lui refuserait de l’acheter. Pour finir, elle n’a pas hésité un instant à dérober des couverts en argent de sa belle-mère qui l’hébergeait.
S’agissant de son état mental, Gab utilise l’image du livre dont quelques pages auraient été déchirées. Elle peut être d’une franchise indécente avec autrui : apprenant qu’elle allait manger chez Isabelle, la femme du frère de son mari, elle n’a pas hésité à lui dire : « y a pas à dire, tu cuisines moins bien que ta mère, ta mère elle, cuisine bien. », familiarisée aux gens qui pètent un câble, Isabelle qui est infirmière dans une unité psychiatrique, l’a heureusement bien pris.
D’un égoïsme forcené, elle voulait absolument réveiller Pierre-Emmanuel, qui faisait une sieste pour se reposer de la migraine qui le minait depuis qu’Armande était arrivé, afin qu’il l’amenât faire des courses au Leclerc – le mensonge selon lequel le Leclerc était fermé n’était pas passé ou elle l’avait oublié -. Et la nuit, elle empêchait tout le monde de dormir avec la télé ou la radio qui marchait à fond (il faut dire qu’elle reste encore un peu dure d’oreille).

La mère de Gabriel était vraiment désemparée face à
Pourtant, la médecin qui s’occupe d’Armande à Cognac-Jay venait courageusement de lui annoncer sur son répondeur que sa femme allait pouvoir retourner chez elle d’ici peu. Après cette pénible expérience d’Armande-réalité, Pierre-Emmanuel a mis le paquet au retour pour qu’on examine sérieusement sa femme d’un point de vue neurologique et psychiatrique et pour lui trouver une structure d’accueil.
L’unité maladies infectieuses et tropicales de St Antoine, a accepté provisoirement de
Natacha nous a dit que son état était certainement dû en partie à la prise de corticoïdes, elle venait de vivre ça avec sa mère. En effet, Armande m’a parlé de ses oedèmes aux jambes, or ces médicaments les traitent. Toujours faim et donc obsession de la bouffe, visage et bide qui enflent, tremblements.
PS Personne à Tours ne sait qu’Armande est S+. Isabelle l’infirmière est très intriguée et cherche à savoir ce qu’Armande prend comme médicament. Combien de temps Armande et Pierre-Emmanuel garderont-ils secrète cette information ? ça devient franchement insensé.
Blague judéo-chrétienne racontée par Goran
Un juif se présente au rabbi désespéré.
- mon fils s’est converti au catholicisme. J’ai tout essayé, impossible de l’en dissuader.
- Tu n’es pas le premier, il m’est arrivé la même chose.
- Alors qu’est-ce que t’as fait rabbi ?
- J’ai prié très fort Dieu et il a fini par m’entendre
- Alors, qu’est-ce qu’il t’a dit ?
- Il m’a dit qu’à lui aussi ça lui était arrivé.
- Et alors qu’est-ce qu’il a fait ?
- Il m’a conseillé de faire comme lui, il a écrit un nouveau testament.
Vestiaires
Ses affaires sont à côté de mon casier. Il est en tenue de sport blanche et écrue. Il est très beau. Vingt ans ? Une trace de barbe au collier, quelques poils noirs autour de
Je ne reverrai plus l’éphèbe qui semble se trouver bien au sauna. Un gars plus âgé a pris sa place. Il me fait de
- ah merci chef !
- solidarité avec les petites têtes, j’en suis au moins à mon 4e d’oublié
- Allez, bonne soirée chef ! ».

J’ai coutume de dire que le souvenir d’un épisode vécu associé à une émotion forte demeure. Pourtant, aucune image ne me vient si j’essaie de me souvenir la première fois que j’ai éjaculé, ce qui pourtant a dû être un événement d’importance. Quel était à cette époque mon niveau d’information à ce sujet ? Rien ne me vient. Impossible non plus de me rappeler d’avoir joui juste avant d’être capable d’éjaculer, encore moins de me souvenir de m’être touché et d’avoir trouvé ça agréable. Nulle image d’effroi à la découverte de traces des fameuses pollutions nocturnes. En ai-je eu une seule fois ?
Dieu merci, je me souviens de m’être tellement masturbé du bout du pouce et de l’index qu’il m’en coûta une ampoule sur le prépuce et qu’une croûte m’obligea à le ménager pour quelques temps.
A partir de quand d’ailleurs, ai-je empoigné mon pénis ? Rien ne me revient. Quand il fut devenu suffisamment gros ?
Seuls me reviennent les reflets « verdorés » du soleil sur les branches du tilleul s’agitant doucement derrière les volets mi-clos de ma chambre à Jaujac, l’été, pendant
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