Préambule

 

UN JOURNAL INTIME EN LIGNE ?

 

Toujours surprenant de trouver dans un moteur de recherche de blogs la catégorie « journal intime ». L’intime n’est-il pas ce que l’on cache en général au plus grand nombre ? Le journal intime n’est-il pas ce cahier que dissimule toujours avec moult précautions la jeune fille ; pas même sa mère (surtout pas sa mère !) ne doit tomber de dessus. 
Par pudeur, et puisqu’on n’a droit qu’à un thème, je n’ai donc pas référencé ce blog dans le thème « journal intime ».

 

Mais l’intime, c’est aussi ce qui est intérieur et profond, ce qui constitue l’essence d’une personne. Ma nature intime est gay, homosexuel devrais-je dire, pour davantage signifier la prégnance du désir homosexuel dans mon existence, désir toujours contrarié par l’homophobie et la pandémie du Sida.

 

La plupart des blogs sont constitués d’une succession de billets rédigés à chaud et apparaissant dans un ordre ante chronologique, ce carnet Web est différent : j’y ai mis régulièrement en ligne des extraits d’un journal commencé en novembre 1998, à l’âge de 36 ans.

 

En accédant à mon intimité, peut-être lecteur trouveras tu des réponses à tes propres questions, des références manquantes à ta culture gay, tandis que moi, en "m’exposant", je donnerai un sens nouveau à toutes ces lignes écrites et, qui sait, aurai-je aussi le plaisir de te lire.   



30/11/2006 -
Les extraits de ce journal/carnet commencé en 1998 sont désormais en ligne. En trois mois, ce sont près de 150 pages, sans compter les illustrations, que je vous ai livrées. Puisque le passé a rejoint le présent, la fréquence de mes « post » va se ralentir.


10/4/2008 - Ce blog est confidentiel : chaque jour, vous êtes en moyenne 127 internautes à parcourir 3 "posts".

Miscellanées

Samedi 7 juillet 2007

 

 

Poids mouche
Avec Javayarman VII (XIIe siècle), l’empire Khmer connaît son apogée. On doit à ce souverain, qui avait fait du bouddhisme la religion officielle de son empire, notamment la cité d’Angkor Thom et son joyau, le temple du Bayon.
j7guimet.jpg
De ce roi, il a été retrouvé un portrait sculpté présumé : dépourvu de tout ornement princier, il apparaît sous les traits d’un ascète ou d’un bouddha, les yeux clos. Depuis l’exposition au Grand Palais sur Angkor et l’art khmer (1997) ou une visite au
musée Guimet, face à notre lit, une reproduction nous invite chaque soir à plonger dans un sommeil serein.


Jayavarman VII, c’est aussi une petite
galerie du 6e arrondissement que j’ai découverte à l’occasion de l’exposition Poids mouche d’un photographe de l’agence Magnum basé au Cambodge, John Vink. 

 

http://www.johnvink.com/ 


La boxe est un sport de « brutes ». La
boxe thaïe est sans doute la boxe la plus « physique » et la plus spectaculaire. Pascal[1], mon petit frère « casse-cou » a un temps fréquenté un club de « cité » où il allait avec un copain noir, jusqu’au jour où examinant son nouveau nez (cassé) de boxeur dans la glace, il décida d’arrêter de se faire cabosser. De toute manière il n’avait pas le physique : beaucoup trop grand, beaucoup trop vulnérable.
 

L’ambiance autour d’un ring de boxe m’évoque toujours la cruauté des combats de coqs et sa foule parieuse hystérique. Je déteste. Comme pour donner raison à cette association d’idées, Christophe Maquet dans son texte d’accompagnement du livre sorti à l’occasion de l’exposition, écrit : « on raconte qu’au Cambodge, on organisait encore des combats à mort dans les années 60. Clandestinement. ».


La boxe est un sport de pauvres. La violence physique est le langage de ceux dont la seule richesse est leur corps puissant. Que ne faut-il avoir rien à perdre pour tenter de gagner sa vie par la souffrance, au risque du K.O, au risque d’y laisser sa peau ! : «L’insécurité repoussant les limites de la douleur physique, les pays pauvres (Cuba, Angola), les milieux défavorisés (le Bronx, les Minguettes) produisent forcément de bons combattants. Le Cambodge n’est pas en reste. »[2] 


Mais la boxe est aussi une terrible ascèse pour acquérir la technique, l’endurance, la force, le corps sculpté nécessaires à la « compétitivité » du boxeur. 


Enfin, la boxe est, par excellence, le sport de la masculinité exacerbée. 

Les corps des combattants de Phnom Penh sont ceux de l’« Asie brune », des « poids mouche » (en boxe thaïe, combattants pesant entre 48 et 50.8 kg), aux antipodes des lutteurs géants du Sénégal, plus fins et secs que les boxeurs kenyans, cette « Afrique à poings nus » que Philippe Bordas a photographiée (http://www.photosapiens.com/L-Afrique-a-poings-nus-de-Philippe.html). 


La galerie Jayavarman
VII
commercialise principalement des sculptures dans un très beau grès rose, reproductions d’œuvres angkoriennes voire des « interprétations contemporaines » de ces oeuvres. 
Certains des bas reliefs d’Angkor figurent des scènes de boxe, ce qui autorise les cambodgiens à dire que la « boxe thaïe » n’est pas thaïe mais khmer.

 poidsmouchejohnvink5.jpg

La violence de cette boxe tranche « avec la douceur des gestes et regards » des cambodgiens. « Elle rappelle la fulgurante brutalité que peut générer la retenue. »[3] 

Elle tranche également avec la douceur de l’atmosphère de la galerie J 7 : éclairage tamisé, parquet en teck, parfums d’encens, en sourdine, la bande son d’un diaporama et l’amabilité d’une cambodgienne ( ?) rare qui a pratiqué la boxe « thaïe ». 

Ceci dit, John Vink présente surtout des clichés de scènes avant et après le combat : entraînement, échauffement, bandage des mains, prières, massages, soins des blessures à la tête (on combat sans protection), la vie sociale autour des boxeurs...
Ce qui est beaucoup plus intéressant.

 


 

Karim in http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-3740495.html 

Paris africain in http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-3999260.html 

Lady boy – carnet de voyage au Cambodge in http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-5615050.html

 


 

 http://emmanuelguillaud.com/top_fr.html


 

Banlieue pas gay

La mauvaise réputation GEORGES BRASSENS

 

Il a déjà été évoqué dans ce blog tous ces pays dans lesquels les homos sont persécutés[4]. En comparaison, les pays occidentaux apparaissent comme un paradis pour gays et lesbiennes. Même s’il est incontestable que l’homophobie y a reculé, elle n’en reste pas moins prégnante. 
Symptôme de sa permanence, l’homosexualité d’un enfant est toujours vécu comme une catastrophe par la plupart des parents. 
On sait également par exemple qu’il demeure souvent beaucoup plus facile de vivre avec son homosexualité à Paris ou dans une autre grande métropole, loin des siens, qu’en province, tout comme il est bien plus facile en général de se faire accepter comme tel dans un milieu de CSP+ qu’au sein des classes populaires.

 

Deux documentaires sont venus nous rappeler la disgrâce d’être homo dans les cités populaires de banlieue : 

" Le très touchant Banlieue gay diffusé sur France Ô : 

http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=dossiers&articleID=12255 

http://www.vodeo.tv/4-32-2589-banlieue-gay.html 


"  Et un Grand Angle dans Libération du 7 Mai 2007 Banlieues « J’ai cru que t’étais pédé, j’ai eu trop peur » : http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/252115.FR.php 

Les rares jeunes qui ont accepté de témoigner analysent avec beaucoup de recul et de pertinence les rouages de l’homophobie dans leur banlieue. Aux racines du mal :
 

·               un monde clos dans lequel « la sexualité en général pose problème », et dans lequel la « réputation » est l’alpha et l’oméga de l’existence ; 

·               le désoeuvrement des garçons sans activité qui se sentent exister avant tout par l’affirmation violente d’une masculinité machiste et homophobe ; 

·               la prégnance de l’Islam comme religion identitaire et comme creuset de l’homophobie. 

Sur ce dernier point, le frère de Brahim, l’éducateur, fait remarquer, avec raison, que ce n’est pas propre à l’Islam et qu’un jeune homo connaît les mêmes difficultés dans une famille catholique. Sauf, que le catholicisme ne dirige plus depuis longtemps la majorité des consciences françaises (même s’il en reste des traces).  


Ça me fait d’ailleurs penser que pour mon bac, j’avais choisi en philosophie le sujet : « les religions,  moyens de libération ou d’oppression ? » J’avais eu 15/20, ce qui était parmi mes camarades une excellente note. J’avais produit une « réponse » façon « philo », c'est-à-dire une peu « normande » : «ça dépend » en deux parties. Il est loin d’être sûr qu’aujourd’hui, je pourrais obtenir la même note car je pressens que mes parties seraient très déséquilibrées.

 

Alors, demandez donc à Brahim, Julia, Mickaël ou au formidable Emir si la marche des fiertés GLBT et le Marais ont encore une utilité (question que pose Têtu ce mois-ci et que je m’étais un temps posé[5]),  ils vous répondront sans doute par l’affirmative.

 bbbshowgaysspice.jpg

Si t’es gay / Cité pas gay 

Spéciale dédicace aux homos de nos banlieues

 

Si t’es gay mon ami, mieux vaut peut-être bien la fermer. 

Cité pas gay 

Shame on you

 

« Car si t’es pédé, sale porc, 

ta race déshonorée, 

tu vas tourner... »

 

Si t’es gay mon frère, mieux vaut peut-être ne plus bouger. 

Cité pas gay 

Shame on you 

« Car si t’es pédé, sale porc, 

c’est grand péché, 

tu vas brûler... »

 

Si t’es gay mon ami, mieux vaut peut-être attendre qu’on te marie... 

Stop ! 

Si t’es gay mon ami 
 

pride on you 

Tu n’es pas seul mon frère, t’as rien choisi. 

Sois ce que tu peux : héros dans ta cité, ou homo à Paris. 

Tu n’es pas seul mon ami, sors de ta prison, stoppe la schizo ! 

Si t’es gay, pride on you my friend.


 

[1] Vie de famille I : mon “petit” frère Pascal in http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-5099510.html

[2] John Vink en 4e de couverture

[3] Ibid. C’est cette même douceur apparente qui rend d’ailleurs si difficile à concevoir  le cauchemar « khmer rouge », mais comme le dit souvent Jorge, l’humanité se tient toujours en équilibre très instable « au dessus d’un précipice, celui de la barbarie ».

 

 

 

 

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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Samedi 30 juin 2007

 

La seconde guerre mondiale dans le Pacifique : des soldats se mettent à l’aise

Men of WWII fighting men at ease

 

In the Navy Village People 1979

 

Etonnantes photos que ces jeunes soldats se baignant nus dans un décor d’apocalypse ensoleillé : aux alentours, des palmiers déchiquetés par les bombes, sur la plage des cadavres de matériels, juste à côté du cratère de bombe rempli d’eau de pluie dans lequel ils barbotent, un avion abîmé. Une bataille a eu lieu contre les japs. Peut-être ne sont-ils pas très loin ? Un bref moment de relaxation après l’enfer et un temps indéterminé avant de le retrouver.

 

On doit ces clichés dans l’ensemble de très bonne qualité à l’unité de photographie de l’aviation navale américaine (Naval Aviation Photographic Unit) dirigée par le photographe Edward Steichen.

 

Un homme Evan Bachner a exploré ce gigantesque fonds photographique. Après avoir découvert que ces photos étaient libres de droits, il a fait une première sélection qu’il a fait éditer dans un beau livre At Ease: Navy Men of World War II.  

 

Le Washington Blade rapporte que c’est devenu pour lui une obsession après être tombée au Brooklyn Museum sur une photo d’un tireur nu dans sa tourelle de tir, il voulait tout connaître du photographe... et du tireur[1]. Dans la préface du 2e recueil qu’il vient de sortir aux Etats-Unis Men of WWII Fighting men at ease et dont il est ici question, il raconte également que son père a servi dans le Pacifique en plusieurs lieux de combats où les photos ont été prises, et que n’en ayant aucune, il espérait toujours tomber sur une photo avec son père.[2]

 

 

Les photos collectées par Evan Bachner nous montrent une guerre « en creux », sans combat, sans morts, sans feu, sans peur, sans blessés, sans explosion. Les « boys » dorment, lisent, jouent, se lavent, peignent, écoutent de la musique en souriant....

 

Pour nous, comme pour Evan Bachner (« He lives in New York City with is husband”[3]), l’homoérotisme des sujets de la plupart de ces photos saute aux yeux. Pourtant, comme l’a souligné Jorge lorsque lui et Darek nous ont offert ce livre, leurs protagonistes ne devaient pas les considérer comme tel ; ces photos racontent des relations entre hommes avant que l’homosexualité ne devienne un fait social en Occident. Le fait homosexuel, la peur des hommes d’en être ou d’être pris pour un pédé ont sans doute modifié leur comportement avec les personnes de leur sexe, du moins dans le monde occidental[4]. Evan Bachner ne dit pas autre chose à propos d’ « At Ease » :

 

« Les photos sont clairement homo-sociales et je pense que les hommes vivaient différemment leur proximité à une époque pré-gay. (...) Pour nous, elles sont sans ambiguïté homoérotiques, c’est incontestable. Pour moi, elles ont un contenu homoérotique. Etaient-elles considérées comme tel ? Je ne crois pas.”[5]

 Dans cet ordre d’idée, selon Darek et Jorge, les hommes hétérosexuels décryptent parfaitement le regard homosexuel (Je n’ai pas pensé à leur demander me montrer leur manière de regarder les hommes). Darek a même une théorie qu’il m’a démontré brillamment sur les téléskis polonais : « Fixe un mec, immanquablement il portera une main à son sexe, manière de te dire, attention, moi je suis un homme, un vrai. »

 

Attention aussi! La recherche scientifique n’est pas sans risque.

 


shopping

 

At Ease: Navy Men of World War II est disponible aux Mots à la bouche

 

On peut commander Men of World War II: Fighting Men at Ease à la libraire Powell ’s de Portland (Oregon), « la plus grande librairie indépendante de livres neufs et d’occasion du monde » : http://www.powells.com/biblio/1-9780810992870-1

 

La seconde guerre mondiale dans le Pacifique - Repères

 

http://memorial-wlc.recette.lbn.fr/article.php?lang=fr&ModuleId=18

 

Au Cinéma

 

La ligne rouge (The thin red line) de Terrence Mallick, un film de guerre qui suinte la trouille et qui nous la fout avec sa camera subjective – fait historique relaté : la bataille de Guadalcanal

 

http://www.fluctuat.net/cinema/paris99/chroniq/redline.htm

 

Fétichisme de l’uniforme

 

Des dessins de Tom of Finland : http://www.tomoffinlandfoundation.org/foundation/N_Tom.html


 

 

Non !? Tu ne connais pas Pierre et Gilles ?

"J'aime parler de rien, c'est le seul domaine où j'ai de vagues connaissances"

 

Oscar Wilde

 

Coincés avec Colette par un bouchon sur le périphérique :

 

-         Non !? Tu ne connais pas Pierre et Gilles ?

 

-         Non.

 

-         Ils font des portraits photo peints kitschissimes, de jeunes gens sublimes plus ou moins déshabillés et de célébrités.

 

-         Non, ça me dit rien.

 

-         Culte chez les homos. Tu connais Etienne Daho ?

 

-         Oui.

 

-         Et bien par exemple, c’est eux qui ont fait la couverture de son album week-end à Rome, où il pose avec un polo marin. Tu sais «Week-end à Rome, tous les deux sans personne, na na naa...»

 

Grâce à Erick sorti de plus d’un an de chômage avec un nouveau job qui le ravit chez un diffuseur distributeur de livres d’arts, on tenait le sésame d’entrée au vernissage de la rétrospective Double Je au Jeu de Paume de l’incontournable couple d’artistes homos :

 

« J'ai vu une petite avant-première jeudi dernier et bon, le kitsch dégoulinant c'est moyen mon truc. »

 

Nous, c’est la foule qui est moyen notre truc. Mais on n’allait tout de même pas bouder l’occasion d’aller en invités voir l’expo et d’approcher un peu la faune qui fait la « Hype ».

 

Un peu avant 20 H, la galerie du Jeu de Paume n’avait sans doute jamais connu pareille affluence : deux flots continus de visiteurs circulent lentement en sens opposée et ne dévient leur trajectoire que pour s’éviter ou pour éviter ceux qui ont décidés de s’immobiliser.

 

Au bas des escaliers conduisant à la galerie supérieure, une créature filiforme en robe, à la peau diaphane recouverte de tatouages, crâne rasé, piercée, stoppe quelques instants le flux en posant devant deux photographes qui la mitraillent.

 

Je perds très rapidement Gabriel, pour parcourir dans un temps qui s’annonce record les 120 photos – peintures. J’ai déjà vu la plupart des œuvres, ce qui est intéressant ici est de se confronter au grand format et aux cadres ; pas de matière : pas vraiment de traces visibles des rehauts de peinture de Gilles sur les tirages photo sur toile.  

 

Je taille tellement vite la route que je ne reconnais pas grand monde sur le trajet, hormis les « plasticiennes » Eva et Adèle (sauf à être mal voyant, il était impossible de les manquer) et Bettina Rheims que j’ai identifié parce que j’avais visionné deux jours plus tôt un documentaire Les tabous, le sexe et l'art sur lequel elle était interviewée. Toutes les trois sont d’ailleurs représentées par la même galerie que Pierre et Gilles (Jérôme de Noirmont). Ah si, peut-être aussi un acteur de la pièce Jeffrey (le petit au cul de danseur), adaptation d’une pièce américaine de 1993, comédie sur l’amour, le sexe, la peur, en temps de sida, montée cette année au Théâtre Clavel.

 

 

 

Alors, forcément, je me suis caillé à l’extérieur à attendre Gabriel. Je passe le temps en regardant amusé le ballet des travestis très habillés et des fashionistas, des vieux Messieurs précieux, des jeunes pressés d’entrer dans le « grand monde », et cerise sur le gâteau, « J’ai pu mater Salim Kechiouche » (Gabriel est vert).

 

Pas vu les héros de la fête (une rétrospective, ça sentirait pas un peu le sapin non ?), pas le moindre verre à boire et amuse-gueule à grignoter : « Quelle mesquinerie ! Quand on n’a pas les moyens, on n’invite pas autant de monde. Vive les « petits » artistes, au moins avec eux, on a droit à un apéritif dînatoire ! »

 

 


 

 

http://fr.news.yahoo.com/24062007/5/les-icones-de-pierre-et-gilles-au-jeu-de-paume.html

 

http://perso.orange.fr/pierre.et.gilles/gallerie.htm


 

 

Think different

Volem rien foutre al païs de Pierre Carles : rien vu de plus subversif depuis bien longtemps, la palme du séditieux revenant au groupe El dinero gratis en Espagne qui organise notamment des happenings de « fauche » dans les magasins et l’occupation d’immeubles vides à Barcelone (les okupas).

 

Encore programmé dans trois salles parisiennes.

 

 

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-879587,0.html?xtor=RSS-3476

 

http://www.critikat.com/article1175.html

 

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1126

 



[1] “AFTER SEEING A PHOTO of the nude gunner in a Brooklyn museum in 1997, Bachner, 47, says he became obsessed with finding out everything about the picture and the photographer, Horace Bristol.”

 

[2] “All of the USMC pictures included in the book were taken in the Pacific. My father served in the Pacific, in some of the battles for the island locations where the photographs were taken. These images could have easily been found in one of his photo albums, if he had one from the war. I imagined that in looking through the many boxes of the pictures at the National Archives I would find one of him.”

 

[5] “The photos are clearly homo-social and I think men felt differently about being close in the ‘pre-gay’ days,” he says of “At Ease.” “To us, they are clearly homoerotic, there’s no denying that. They have a homoerotic content for me. Were they meant that way? I don’t think so.”

 

 

 

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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Dimanche 24 juin 2007

 L’idée m’était venue en suivant une formation multimédias annuelle : j’allais faire un CD ou un site sur l’histoire de ma famille. Pour cela, pressentant qu’il pouvait y avoir urgence, j’ai commencé par la branche maternelle en interviewant ma grand-mère.

 

Lorsque je rapportai à ma mère que je lui avais fait raconter son adultère avec le curé de sa paroisse (que j’ai titré « la surprise de l’amour »), Maman, hors d’elle, avait dû me dire : « qu’est-ce qu’elle avait besoin de te raconter cette histoire sordide ? Ma mère est amorale

 

 

Sur la bagatelle, incontestablement, ma grand-mère maternelle était une exception dans sa génération. Gabriel ne manquait jamais de raconter à nos amis cette liaison et avec quel naturel cette octogénaire avait accueilli l’amant de son petit-fils. De son côté, ma mère, avec peut-être une part de vérité, avait expliqué cet accueil d’une toute autre manière : « Ce n’est pas du respect mais de l’indifférence : ma mère est trop égoïste pour être touchée par ce que vivent les autres. »

 

En songeant à la pudeur de ses propres grands-parents, Gabriel avait également été estomaqué d’apprendre que vingt ans plus tôt, ma grand-mère m’avait expliqué doctement que les femmes avait elles aussi en quelque sorte un petit phallus : leur clitoris, démonstration descriptive à l’appui.

 

J’aime à penser qu’elle m’a transmis de son « amoralité », même si je crois que c’est de ma condition d’homosexuel que je tiens ma défiance à l’égard de toute norme morale et/ou juridique concernant les relations sexuelles, autres que celle du consentement mutuel.

 

De façon très inattendue, notre jeune Jan m’a entraîné dans une controverse sur la prostitution, au cours de laquelle j’ai eu le sentiment d’être complètement immoral.

 

Au départ, peut-être cette conversation sur la qualité de la presse, sur les forces et faiblesses d’une publication comme Courrier International.  Comme d’habitude, j’ai dû dire mon agacement d’y trouver traduits les articles de la « pensée unique » mondiale, mais aussi la satisfaction d’y lire des articles « exotiques », comme ce plaidoyer en faveur de la prostitution au Koweit - Les jeunes hommes célibataires du Koweit (les frustrés 1).

 

Que n’avais-je pas dit ! Selon lui, cet article oubliait de souligner l’essentiel et méritait un commentaire dénonçant la prostitution, cette activité «incompatible avec la dignité de la personne humaine et avec ses droits fondamentaux».

 

Comme il parlait de « traite des êtres humains », j’ai bien sûr dit la nécessité de combattre l’esclavage et j’ai invoqué les « indépendantes ».

 

Quand il a signalé qu’elles étaient minoritaires, j’ai évoqué la prostitution masculine qui ne connaît pas le proxénétisme.

 

Comme il argumentait sur l’horreur de la violence faite au corps contre rémunération et qu’il contestait mon argument du consentement, je l’ai définitivement scandalisé lorsque je lui ai opposé l’idée suivante :

 

«En l’état de violence du monde du travail, violence physique mais aussi violence psychologique (régime généralisé de la peur, pression jusqu’au suicide pour les plus vulnérables, harcèlement moral, etc.), je me demande si la prostitution comme activité indépendante est vraiment l’activité la plus incompatible avec la dignité humaine, et si elle est vraiment plus anxiogène. ... D’ailleurs, cette focalisation sur l’indignité d’une activité de « services sexuels » et la volonté de l’abolir - avec pour corollaire l’ignorance de l’exploitation généralisée dans le monde du travail - découle d’une sacralisation du sexe et d’un jugement moral contestable. »

 

Bref, il était temps de parler d’autre chose.

 

Quand j’ai lu la semaine suivante cette brève dans Charlie Hebdo, je n’ai pu résister à une petite provocation en lui envoyant par mail :

 

AUSTRALIE

 

Code du travail

 

Selon une étude de l'université de technologie de l'État du Queensland, les prostituées qui travaillent dans les bordels aus­traliens sont aussi satisfaites de leurs conditions de travail que les femmes travaillant dans les autres secteurs. Ce n'est pas tel­lement que ce soit rassurant pour la prostitution, mais c'est surtout très inquiétant pour les autres secteurs.

 

Charlie Hebdo mercredi 7 Mars 2007

 

Erreur !

 

 

De : Jan

 

Envoyé : samedi 17 mars 2007 19:01
À : Thomas
Cc : Darek; Gab
Objet : RE : je ne me fais d'illusions....

 

Voici qqs indications de lectures qui - j'en suis convaincu- reflèteront peut-être une idée plus précise de la réalité que "Charlie Hebdo"!

 

·                Malika Nor: Idées reçues. La prostitution, Le Cavalier Bleu, 2001.

 

·                Yolande Geadah: La prostitution, un métier comme un autre ? VLB Éditeur, 2003.LB Éditeur, 2003.

 

·                Elisabeth Coquart et Philippe Huet. Préface de Jean-Marie Rouart: Le livre noir de la prostitution, Albin Michel, 2000.

 ·                La convention internationale du 2 décembre 1949, "Pour la Répression de la Traite des Êtres Humains et de l’Exploitation de la Prostitution d’Autrui", souligne que la prostitution bafoue quotidiennement les droits fondamentaux de la personne. La prostitution est par ailleurs reconnue depuis 1983 par l’ONU comme une "forme persistante de l’esclavage".

 

 

 

A raison, Jan était sans illusions : Je ne lirai pas un seul des textes qu’il m’a recommandés car je crois en connaître assez sur l’horreur de l’esclavage sexuel. En revanche, j’ai eu envie d’aller lire ce que disait la belle et iconoclaste Marcela Iacub, juriste qui a un talent sans pareil pour contester les évidences de la nécessaire (re) judiciarisation du sexe. Dans un article du Monde, entre autres « provocations » d’une logique implacable, elle écrit :

 

Certes, on se prostitue pour de l'argent, et non pas, par définition, gratuitement ; mais si tous ceux qui sont poussés à travailler parce qu'ils ont besoin de gagner leur vie étaient considérés comme des esclaves, il ne resterait que quelques rentiers pour se prévaloir du statut d'hommes libres. Je suis, pour ma part, assez favorable à l'idée de revenu universel inconditionné. Mais il est curieux qu'on ne se montre jamais aussi furieusement anticapitaliste qu'avec la prostitution...

 

La propriété de son corps et la prostitution : sexe en location, par Marcela Iacub Le Monde 16-10-2006 : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-824010@51-818396,0.html

 

Comme en écho à cette argumentation, Libération a publié un cliché du photographe italien Fulvio Roiter, sur laquelle un homme nu pousse un chariot dans une mine de soufre en Sicile. La photo a été prise en 1953.

 

Rebonds Regarder Voir de Gérard Lefort à propos de la photo de Fulvio Roiter

 

http://www.liberation.fr/rebonds/261590.FR.php

 

 

 

http://www.terryrichardson.com/Start.html

 


 

 

 

Prostitution en France : le cadre juridique

 

http://www.sosfemmes.com/sexwork/sexwork_droit.htm#loi2003

 

Ressources vidéo

 

L’université de tous les savoirs : La propriété de son corps et la prostitution, interventions et débat entre Marcela Iacub et Stéphanie Hennette-Vauchez http://www.canalu.com/canalu/chainev2/utls/cycle_id//programme/1003237599/sequence_id//format_id/3003/

 

Militant(e)s

 

http://www.lesputes.org/

 

http://gaadjou.joueb.com/news/travailleurs-du-sexe-un-metier-a-re-inventer

 

Pour élargir

 

PREF n° 20 Mai Juin 2007 Dossier Sexe, justice, si c’était vous : En France, un détenu sur cinq est condamné pour infraction sexuelle...


 

 

I les manifs

 

de droite

 

« À bas ! À bas ! Le second degré ! »

 

 

12 juin 2007 - 3e manif de droite 

 

http://www.dailymotion.com/video/x29frf_manif-de-droite-12-juin-2007

 

http://www.dailymotion.com/video/x298rk_la-manif-de-droite-du-12-juin-2007

 

 

20 mai 2007 – 2e manif de droite

 

http://www.rue89.com/2007/05/20/fausse_manif_de_droite_tous_tout_seul_tous_tout_seul_ouais_ouais

 

http://www.dailymotion.com/video/x2179p_les-artistes-de-droite-fetent-leur

 

 

25 octobre 2003 – 1ère manif de droite

 

http://www.arnaudcontreras.com/travaux/videos/artistes_de_droite.html

par Thomas Querqy publié dans : notesgaydethomas
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