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Publié le 27 Mars 2007

 

 

Welcome Europa doc. de Bruno Ulmer – Vu sur Arte

 

 

Ils s’installèrent pour prendre une bière à l’ombre des tilleuls du jardin du Luxembourg. Quand Alain eut terminé de lui raconter la fin de son histoire avec Vincent, Raphaël lui demanda comment il s’était fait volé sa carte bancaire.

 

-         Où as-tu encore été traîné, mon cochon ?

 

-         Bien vu ! Je me sentais seul après que Vincent eût débarrassé ses affaires. En revenant de déposer Mathieu chez les filles, je suis retourné au square. Un beau mec. J’aurais dû me méfier quand j’ai senti qu’il ne bandait pas mais son p’tit cul, sa bouche, sa main qui caressait mon torse sous la veste m’ont hypnotisé. Je n’ai pas senti mon portefeuille me quitter... J’aurai vraiment tout connu, même les « truqueurs »… Je pense que c’était un roumain.

 

-         Je t’envie.

 

-         Comment tu m’envies ? Donne moi ton portefeuille !

 

-         Non, je t’envie de pouvoir baiser avec autant de légèreté. Pour moi, tout ça, c’est inaccessible.

 

-         Mais Raph, y a la capote ?

 

-         Non, par pour moi ! J’ai à la fois commencé à baiser trop tôt et pas assez, ma mécanique du plaisir n’est pas du tout « safe » : Je ne crois pas pouvoir jouir avec des sexes capuchonnés. J’ai trop peur de succomber. ça serait vraiment trop con après m’être infligé autant d’années d’abstinence, terrorisé que j’étais à l’idée de choper le Sida.

 

-         De toute façon, tu as Jean-Paul, toi. Je vous le redis toujours, vous êtes pour moi le modèle de couple homosexuel auquel j’aspire.

 

-         Tu as raison. De toute façon, ce n’est pas dans notre contrat

 

Raphaël pensa un instant lui demander s’il pratiquait la fellation avec capote, le SSR[1] l’imposait. Cependant il s’abstint. Sa réponse serait sans surprise et ce n’était pas la peine de l’inquiéter au moment même où il se retrouvait sur le marché des cœurs à prendre.

 

Sur ces entrefaites, Alain dut le quitter brutalement à la suite d’un appel des filles lui rappelant que c’était lui qui s’occupait de leur fils ce soir.

 

En rentrant à l’appartement, après la suée de cette après-midi, Raphaël n’aspirait qu’à une chose : prendre une douche.

 

Tout en s’essuyant, il repensa au couple de pédés très mignons aperçu à l’expo. Il avait cherché sur leur visage une attention qui n’était jamais venue. « T’es trop vieux, mon gars ! Ils t’ont ignoré… Comme tu as sciemment ignoré les deux quinquas qui te dévoraient eux aussi du regard. » Tandis qu’il s’essuyait, son sexe grossissait irrésistiblement. Une petite sieste s’imposait.

 

 

by  Tomasz Sarnecki

 

Notes polonaises (II)

 

Yeux délavés

 

Croisé ce matin dans les rues de Krakow un jeune polonais, joli garçon, yeux délavés. Lui fixe mon bel anorak.

 

Bar Mleczny

 

Une cantine populaire avec self-service, une survivance du régime communiste. Tu commandes, les plats prêts sont annoncés à la cantonade, tu te lèves pour récupérer ton assiette. 1er expérimenté, l’excellent et populaire Polakowski 1899 dans Kasimierz.

 

Auschwitz – Birkenau

 

Jan ne veut pas y retourner : il avait mis deux jours à s’en remettre. On renonce pour rester en sa compagnie.

 

 

Cuisine

 

Selon Darek, la quintessence de la cuisine polonaise, ce sont les soupes. On se souviendra en particulier du Żurek, au jus fermenté de farine de seigle servie avec du saucisson fumé.

 

Dualité du « marché » du travail

 

De jeunes informaticiens profitent d’un week-end de ski payé par leur boite étrangère, tandis que des hommes plutôt âgés passent leur journée dehors dans le froid d’une rue piétonne du centre de Cracovie, à tenir leur un panneau indiquant un restaurant ou un bar au fond de la cour.

 

 

Exportations

 

Passé une semaine à chercher au moins un beau mec dans notre petite station des Carpates polonaises. En vain. Comme dans n’importe quel pays du Tiers Monde, les beaux produits seraient-ils systématiquement exportés ?

 

Nos deux spécialistes de la Pologne tombent d’accord pour dire que les polonais ne méritent pas les polonaises qui, elles, sont dans l’ensemble plutôt mignonnes ; elles l’emporteraient aussi largement sur les polonais « par leur énergie, leur présence et leurs couilles ».

 

PS Ce dernier soir à Krakow, les garçons polonais redorent leur blason

 

Retour aux origines ?

 

Le sentiment plutôt agréable d’être les seuls français de cette station, jusqu’à ce qu’on entende parler notre belle langue : un groupe d’adolescents du Pas de Calais (Divion) encadrés par deux jeunes élus de la mairie. Plusieurs d’entre eux pourraient bien descendre de mineurs polonais : teint très clair, yeux très bleus.

 

Cafés du soir

 

Toujours cosy grâce aux chandelles, vodka à la pomme plutôt que la bière que tout le monde semble préférer ici. Toujours terriblement enfumés, parole de futur ex-fumeur. Cette veille de départ, avons découvert par hasard le « café -galerie de photos » Pauza, sis dans un ancien appartement bourgeois : rien dans la rue n’indiquait son existence au 1er étage à part des éclats de voix. Paraît très branché et bien sûr exclusivement hétéro : http://www.pauza.pl/

 

Doublage à une voix

 

En allumant le poste de TV de la chambre, Jan nous a fait découvrir une bizarrerie polonaise : le doublage des films étrangers par la voix d’un seul lecteur qui lit toutes les répliques d’un ton monocorde. Survivance de l’époque communiste où les écrans des postes étaient bien trop petits pour supporter un sous-titrage et le doublage trop cher. Le Courrier International du 1er au 7 Mars reproduisait l’article d’un journal polonais dans lequel son signataire exhortait la télévision publique, à défaut d’avoir les moyens d’assurer un doublage de qualité, à se mettre au sous-titrage pour permettre aux polonais de « pratiquer et perfectionner leurs connaissances des langues étrangères ». 

Que nos propres dirigeants entendent cette exhortation !

 

 

Etre ou avoir

 

Mon admiration pour le travail des instituteurs s’est encore accrue depuis que je retrouve une fois par semaine Valentin, le neveu de Gabriel, pour une petite séance de soutien scolaire. Confronté à ses difficultés d’assimilation d’outils indispensables (comprendre une consigne, organiser sa réponse, l’écrire correctement, savoir compter, etc.), je mesure davantage combien est essentielle et lourde la mission qui leur est confiée. Pour moi, un peu de préceptorat à dose homéopathique d’un enfant sans doute gêné pour apprendre par la présence de sa mère que la maladie détruit, pour l’instituteur, une vingtaine ( ?) d’enfants, aux capacités et contextes familiaux contrastés, qu’il faut bon an mal an faire progresser dans un groupe appelé classe. Que le gouvernement Rocard ait revalorisé leur profession en faisant d’eux des professeurs des écoles, n’était que justice !

 

Pour autant, aujourd’hui, je m’énerve à la perspective de devoir lui faire faire des divisions de nombres à trois chiffres. Je ne crois pas savoir. Son père a cherché sur Internet, sur des forums, manifestement, on n’est pas seuls.

 

 

Pour rendre hommage à cette profession, un certain Jean Dell a réalisé un sketch qui doit pouvoir faire rire au-delà du cercle des « porteurs à vie de cartables » :  

 

http://www.wat.tv/video/instituteur-jean-dell-if03_ieyk_.html

 

 

[1] sexe sans risque

 

Juan Tessi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Thomas Querqy

Publié dans #culture gay, #touriste, #Pologne, #intergénérationnel, #famille

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