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Publié le 17 Avril 2007

 

 

Detroit, ville sinistrée, ville musicale

Autour de 8 Mile  

 

Dimanche matin, 11H45, Gabriel me donne le feu vert pour aller voir 8 Mile au MK2. Comme moi, il aime le rap de Slim Shady, « le maigrichon louche » qui y joue le rôle principal dans une histoire qui ne paraît pas très éloignée de la sienne.

 

Les polémiques autour de ses textes homophobes n’y ont rien fait, le jour où on m’a fait faire des abdos sur  Loose yourself , j’ai eu envie d’en écouter plus. A défaut de pouvoir vraiment apprécier ses textes,  j’ai tout de suite aimé la singularité de son « flow » et ses choix de musique.  Ça ne faisait aucun doute, le petit blanc était doué.

 

Eminem comme Rabbit le personnage qu’il incarne dans ce film a grandi à Detroit, du mauvais côté du rêve américain, celui des prolétaires, précarisés par la raréfaction du travail et sa trop faible rémunération (obtenir quelques heures supplémentaires à l’usine est un immense privilège qui se mérite). Au début du film, après avoir rompu avec sa petite amie, il se trouve contraint de retourner dans le mobil home où vit sa mère, son jeune amant connu au bingo et la petite dernière. L’amant est un ancien camarade de classe de Rabbit, un garçon peut-être déjà alcoolique qui attend le versement d’une prime d’assurance pour sortir de ses problèmes d’argent.  

 

En tous points, ces « petits blancs » partagent la condition de la très grande majorité des noirs de Détroit qui constitue les ¾ de la population de cette ville. 8 mile road marque la frontière entre la ville blanche et les quartiers noirs. Rabbit, comme le jeune Eminem, navigue entre les deux, cependant, le job qu’il a obtenu à l’usine et son talent pour faire du rap, le fait fréquenter surtout des noirs.  

 

Visuellement le Detroit qui nous est montré a un peu des allures de New Orleans après le passage de l’ouragan « Katherina », une ville sinistrée et sinistre (voir aussi les photos de deux blogs "Detroit destroye" et Les immeubles abandonnés de Detroit - blog de mathias.rousseau)

  

 

On associe naturellement cette ville et sa région à l’industrie automobile et depuis une vingtaine d’années aux suppressions massives d’emplois. C’est d’ailleurs ce qui avait poussé Michaël Moore à réaliser le film qui allait le faire connaître en 1989, "Roger & moi"

 

En effet, en 1986, viré de son journal après avoir refusé de publier un article antisandiniste, Michaël Moore revint à Flint, sa ville natale, et  retrouva une cité à demi-morte. La société General Motors (GM) venait de fermer ses portes. Tourné sur trois ans, ce documentaire a pour fil conducteur l’invitation toujours déclinée du PDG de GM de venir voir les conséquences économiques et sociales de sa décision.

 

Manifestement, la désindustrialisation poursuit son cours, Detroit va encore perdre 10 000 emplois suite à  la décision de la maison mère allemande Daimler-Benz de fermeture de deux usines Chrysler (http://cultureetloisirs.france3.fr/automobile/actu/28080893-fr.php, noter au passage la délicatesse de la rubrique dans laquelle s’inscrit la brève : culture et loisirs).  

 

Tout cela serait définitivement déprimant si un tel contexte n’avait pas fourni le terreau d’un extraordinaire bouillonnement poétique et musical. Dans le genre du Rap bien sûr, paroles avant d’être musique, énergie exutoire au mal de vivre, garde-corps au-dessus du vide. Dans 8 mile, il est difficile de ne pas être bluffé par ces joutes oratoires rimées et rythmées improvisées n’importe où (8 mile extrait - joute a capella -) ou en club au cours de « clash », face à face entre deux rappeurs, deux MC, sur le son balancé par un troisième, le DJ.[1]

 

 

 

Cependant ce n’est pas tout, une histoire de la musique en général et de la techno en particulier ne manquera pas d’attribuer également à la ville de Detroit de la fin des années 1980, la paternité d’un genre musical nouveau, la musique Techno (Cf par exemple La techno de Guillaume Bara chez Librio musique 1999).

 

Si le rap est considéré d’abord comme une musique noire et que la techno est plus facilement associée aux blancs (...et aux gays), ses fondateurs à Detroit sont noirs.  

 

La techno, plus expérimentale, plus proche aussi du courant techno rock et donc de la musique blanche, apparaît à Détroit en 1987 sous l'impulsion des créateurs noirs Juan Atkins, Marshall Jefferson et Derrick May. Les sons qu'elle présente sont plus urbains, plus industriels. A ce propos, Derrick May affirme qu'ils sont issus de l'atmosphère postindustrielle de leur ville d'origine qui présente d'énormes friches industrielles laissées notamment par la désertion de la compagnie Motor. Il explique que les créateurs ont insufflé dans leur musique le souvenir de leurs parents d'un âge d'or où tout le monde avait du travail : le bruit des usines et de la ville en effervescence. La liaison avec le courant de musique industrielle de la fin des années 70 est évidente aussi, à ce niveau. Les couches de population qui écoutent et dansent sur la techno sont sensiblement les mêmes au début que celles qui écoutent la house.

 

Source : CIREN - PARIS VIII  

 

P.S. Réserve : Comme il s’agit d’une grosse production américaine, Rabbit alias Eminem est un gentil garçon qui souffre, tout ce qu’il y a de plus « gay friendly », mais ça on ne peut décemment s’en plaindre. Vive la fiction !  

 

 


 

Sexe virtuel  

 

Anon2: salut les meks

 

Anon2: ya quelqu'un,

 

Anon1: pa grand monde

 

Anon2: ta quelle age?

 

Anon1: 30

 

Anon1: et toi ?

 

Anon2: 18

 

Anon1: ok 

 

Anon2: je bande a donff ce soir

 

Anon1: cool

 

Anon1: ta cam?

 

Anon1: si oui prend une tof

 

Anon2: vous ètes parti?

 

Anon1: ki ?

 

Anon1: y rame un peu le chat ou koi ?

 

Anon2: tu bande?

 

Anon1: NAN ET TOI ,

 

Mecbi1: MOI OUI JE BANDE

 

Anon1: ta quelle age mecbi1

 

Anon2: au cas ou la photo en haut c moi

 

 Mecbi1:  32 ANS

Anon1: t comment,

 

Mecbi1: MEC NORMAL ET TOI

 

Queutard: salut, tres envie de cracher mon yop

 

Mecbi1: VIENS SUR MSN 

 

[..]

 

Anon2: Qui pour branle hard sur msn??

 

bandan: slt a tous

 

Anon2: salut bandant

 

moi: salut

 

bandan: mecbi ok pour cam?

 

bandan: personne pour cam??

 

bandan: personne pour cam??

 

Anon2: oui moi si tu veut

 

Anon2: bandan

 

Anon2: alors ya quelqu'un

 

Anon1: marche pa bien tt ca !

 

Anon1: ya kelk1?

 

Anon1: laisse tomber c naze ici ca me fé débander tiens !!

 

Anon2: oui j'sui la

Echanges sur un « chat » pour adultes


 

 

 

Notes roumaines

(Roumanie Mai 2005)

 

  Ferveur religieuse

Messe de minuit pour la Pâque orthodoxe, à la cathédrale de Sighisoara : Bondée, toutes générations confondues. Ferveur manifeste, bougie à la main.

   

Une jolie petite église à proximité de la place de l’Unité à Bucarest, déserte lorsque je l’avais visitée avec Luc en 1992, aujourd’hui les gens s’y bousculent pour donner leur liste de morts.

 

Dans la cathédrale de la Patriarchie, les femmes font la queue pour se confesser à genoux sous l’étole du pope.  Une posture un tantinet équivoque.

 

  Jeunesse de rue

 Au pied de notre immeuble strada Mendeleev Chaque soir, deux ou trois enfants se tiennent devant le Nic, un supermarché ouvert 24 heures sur 24. Ils font un peu la manche et retournent à leurs jeux. Parfois, ils viennent s’allonger collés à une jeune fille prostrée, le visage toujours caché. Ce soir, l’un d’eux tortille du cul de manière obscène. Très tard dans la nuit, ils pousseront des cris qui nous obligeront à fermer la fenêtre.

Au matin, ils ont disparus, laissant la place à des marchands à la sauvette, d’oignons frais ou de pantalons.

 

En montant sur la colline de la Patriarchie. Nous voyons débouler en courant une meute de préadolescents et une mamie. Ils stoppent leur course pour se diriger vers nous le sourire au lèvres et la main tendue. Je sers des mains et aussitôt je dois en chasser une qui commence à se glisser dans ma poche avant de pantalon. Gabriel me crie que l’un a commencé à ouvrir mon sac à dos à l’arrière. Je beugle un grand coup en virevoltant pour chasser cette nuée de mouches.

 

 

Autobiographie érotique de Bruce Benderson :

 

Récit de la rencontre de l’auteur  et d’un jeune gigolo en Roumanie

 

Le billet « Jalouse » dans http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-4215482.html

 

 


[1] Voir aussi à ce propos, la vague du Slam

 

 

 

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Rédigé par Thomas Querqy

Publié dans #ciné-séries, #musique, #sex, #touriste, #Roumanie

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