La cause des femmes

Publié le 11 Mars 2012

La cause des femmes
Astral body church PLEIX 2007

Astral body church PLEIX 2007

Julio Iglesias : Vous les femmes 1979

 

 

Le 8 mars, impossible d’y échapper : c’était la journée de la femme. Une journée pour faire entendre la longue plainte des femmes.

« ...... outragées ! ...... brisées ! ...... martyrisées ! Mais ...libérées », non ?

J’avoue. Le peu que j’ai entendu de la matinale de France Culture sous la douche m’a un peu cassé les couilles.

Ben oui ! Les femmes ont gagné l’égalité de droits, non ? En Occident, j’entends. On n’est pas chez les talibans.

Les filles font des études où elles réussissent mieux que les garçons (leurs professeurs sont majoritairement des femmes), elles bossent, ont des enfants quand elles veulent, avec ou sans homme. Elles prennent en général l’initiative du divorce et obtiennent la plupart du temps la garde des enfants, au grand dam d’un certain nombre de pères (les juges aux affaires familiales sont majoritairement des femmes). Quand le divorce intervient sur le tard, elles saignent le père des enfants en se faisant allouer de belles sommes en compensation du sacrifice de la belle carrière professionnelle qu’elles auraient pu faire si elles n’avaient pas fait des enfants.

Dans les squares, au bout d’une poussette, il y a souvent un père qui fait prendre l’air à sa progéniture.

 

Kandahar

 

Kandahar de Mohsen Makhmalbaf

 

On ne peut même plus se retrouver entre hommes : mon prof de yoga s’est vu menacer d’une action en justice par un groupe de nanas, s’il maintenait sa séance d’une heure réservée aux hommes (à raison, il y voyait le moyen de leur faire découvrir cette discipline perçue comme « féminine » parce qu’en grande majorité pratiquée par des femmes).

La prostitution et la fessée sont sur le point d’être prohibées.

En politique, si on a échappé à Ségolène, on n’oubliera jamais le général en chef MAM, la toujours rassurante Christine qui est partie depuis au FMI ou la toujours pertinente Nadine.

  

 

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Cézanne Baigneuses et Baigneurs vers 1890

 

Bref, par chez nous, je ne vois pas trop le problème. Sur les ondes de France Culture, la responsable d’une association de soutien des jeunes femmes isolées (18-25 ans) explique pourtant que les jeunes femmes sont davantage touchées par la crise économique.

En dehors du fait qu’évaluer la situation de celles-ci depuis une expérience au contact avec les jeunes filles qui sont en difficultés porte un biais identique à celui qui consisterait à évaluer la santé mentale des français depuis le rapport d’un hôpital psychiatrique, je ne suis pas frappé par l’évidence de ses explications qui pourraient être tout aussi valables pour de jeunes hommes : «en rupture familiale, ne touchant pas encore le RSA (- de 25 ans), sans formation, pas d’emploi ou à temps très partiel. ».

L’autre intervenante de l’OFCE précise que les hommes sont dans un premier temps plus touchés par la crise compte tenu de la répartition sexuée des emplois (ex. BTP) et que les femmes trinqueraient dans un deuxième temps davantage (ex. coupes dans les dépenses publiques, services non marchands où les femmes sont plus présentes).

 

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AES + F Action Half Life 2003-2006

 

Fort heureusement, Brice Couturier est venu replacer la question de la condition des femmes dans un champ où elle demeure un vrai sujet : celui du reste du monde. S’appuyant sur l’ouvrage « La moitié du ciel » des journalistes américains Nicolas D. Kristof et Sheryl WuDunn, il a commencé son intervention en citant le chiffre choc donné par le prix Nobel d’économie indien Amartya Sen, qui a calculé qu’il manque 107 millions de femmes sur la planète. « Les femmes, qui vivent plus longtemps que les hommes, devraient être plus nombreuses qu’eux. S’il en manque, c’est simplement qu’on les tue. » Il évoqua ensuite toutes les autres horreurs commises contre les femmes dans certaines parties du monde non occidental : viols, crimes d’honneur, esclavage sexuel, excision, infibulation,...

 

La directrice du centre d’hébergement et de réinsertion est alors intervenue pour donner quelques chiffres sidérants sur les violences faites aux femmes dans notre pays :

- une femme meurt tous les 2 jours et demi de violences conjugales ( ?),

- 75 000 viols par an avec près de 70 000 femmes qui ne portent pas plainte, les affaires jugées passant en correctionnelle et non aux assises.

Lorsqu’elle évoqua les femmes excisées et les mariages forcés avec viol, j’ai compris qu’il était question de mondialisation et de filles d’immigrés.

 

 

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Publicité de Marithé et François Girbaud

d'après la Céne de Leonardo Da Vinci

 

A raison,  Béatrice Vallaeys de Libération se demande s’il n’y a pas « encore beaucoup d’indignité à mettre dans même panier les «misères» infligées aux femmes sur toute la planète ? Peut-on sérieusement mettre sur le même plan les Pakistanaises aux prises avec des Talibans, véritables bourreaux et assassins, et les Occidentales, certes toujours défavorisées par rapport aux hommes mais qui possèdent des lois pour se défendre. Et s’il est vrai qu’en France, les violences domestiques entrainent la mort de beaucoup de femmes, les maris torgnoleurs sont condamnés chez nous par la justice, quand la charia encourage au contraire les hommes à battre leurs épouses. »

 

Côté France, l’INSEE comme l’observatoire des inégalités concluent que le statut de la femme s’est amélioré ces dernières décennies même si des progrès restent à faire. Une femme est toujours moins bien payée qu’un homme, travaille plus à temps partiel et doit assumer la majorité des tâches domestiques (comme moi-même d'ailleurs, car mon mari passe plus de temps que moi au bureau).

 

« La femme moins bien payée que l’homme ? », ça exigeait des éclaircissements que Marc Voinchet a demandé à l’économiste de l’OFCE.

L’écart de rémunération de 25% en moyenne s’explique pour moitié par un temps de travail moindre (plus de temps partiel), pour près de 20 % par des emplois de moindre qualification. A cela rien à redire. Reste un tiers d’écart (de « discrimination ») non expliqué, soit un différentiel moyen de 8% de revenus, ce qui est beaucoup moins édifiant.  

Sans doute que les enfants et la maternité constituent un frein pour la carrière d’une femme et peuvent plomber leur rémunération, mais quand je vous entends parler, vous les mères, il me semble que le bonheur que vous procurent vos gosses justifie bien ce petit écart statistique : "on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre".

 

D’ailleurs ça semble vous réussir : dans l’Hexagone, vous vivez en moyenne 6 années de plus que nous les hommes (accessoirement 6 ans de retraite et pension de réversion en plus !).

A quand la journée des hommes ?

 

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How-to-paint-like-leonardo Adi  Nes  

  

Je cause, je cause des femmes mais vous ai-je dis que j’étais de votre côté ?

De gré ou de force, nos droits ont progressé de conserve ; qu’ils régressent sous la domination masculine et les droits de lgbt en feront de même. Quand l’antiféminisme pointe son nez, l’homophobie n’est jamais loin.

Alors Mesdames, vous avez raison, vigilance !

 

 

La domination masculine sur Arte TV

NGT / Où sont les hommes ?

 NGT / Questions de genre

NGT / Les frustrés

 

 

 

 

P.S. Synthèse : Grâce à Tumblr, on peut voir à quoi ressemble le 3e sexe.Troublant.

 

 

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Rédigé par Thomas Querqy

Publié dans #XX, #politique, #vivre ensemble, #mâlitude,

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T
<br />  « En 2010, une diplômée de HEC, analyste financier, qui s’était arrêtée de travailler dix ans<br /> pour élever ses cinq enfants, a reçu plus de 351 000 euros pour licenciement sans cause réelle et pour discrimination de salaire et de carrière. Une condamnation de la cour d’appel de<br /> Paris. Cette affaire ouvre un débat complexe : peut-on prétendre aux mêmes avantages financiers, à la même carrière alors que l’on a pris des congés parentaux et travaillé à temps partiel pendant<br /> dix ans ? (...)»<br /> <br /> <br /> Libération du 3/3/14 Des femmes entament des recours pour inégalité salariale<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour moi, le débat ne peut être celui-ci, car la réponse est bien évidemment non : cette femme qui a fait ce choix de vie  pendant dix ans, du<br /> fait de sa perte d’employabilité, ne peut en aucun cas prétendre au «aux mêmes avantages financiers, à la même carrière », pour des raisons économiques et d’équité. Je le dis et le redis,<br /> on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La seule question qui vaille est, pourquoi continue-t-on à offrir aux mères de tels droits à la charge des entreprises alors même que cette liberté est ingérable notamment pour les petits<br /> employeurs, où se trouvent aujourd’hui l’essentiel des gisements d’emplois, quand elle ne met pas carrément en danger la santé de l’employeur et la survie de l’activité. Il ne faut pas chercher<br /> plus loin d’éventuelles discriminations à l’embauche de femmes du fait de potentielles maternités.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Etude de cas vécue par une proche : Au moment d’un gros coup d’activité dans un contexte devenu encore plus concurrentiel, votre unique salariée vous annonce pas très à l’aise qu’elle est<br /> enceinte depuis trois mois et que son médecin vient de la mettre en arrêt de maladie (même pas pour une grossesse pathologique). Vous n’avez ni les moyens ni la possibilité de la remplacer au<br /> pied-levé, d’autant que vous devrez payer son salaire et charges afférentes jusqu’à ce que la Sécu prenne le relais (normalement au bout de 3 mois). D’après une de vos copines sage-femme, autant<br /> ne plus compter sur elle, les arrêts maladie seront renouvelés, jusqu’à son congé de maternité. Vous finissez par bricoler une solution de remplacement partiel qui n’est qu’un pis-aller, pour une<br /> durée (in)déterminée car si vous connaissez la date de fin de son congé de maternité, vous ne savez pas si votre salariée ne va pas continuer en arrêt de maladie voire en congé parental. Pendant<br /> toute cette période indéterminée, il vous est juridiquement impossible de licencier la salariée même si ce serait pour vous le seul moyen de réembaucher quelqu’un à plein temps pour pouvoir<br /> fonctionner normalement sans vous épuiser.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il est temps que la lutte pour l’égalité homme-femme, cesse d’ignorer d’aussi triviales réalités économiques.<br /> <br /> <br />  <br />
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J
<br /> je me trompe ... on dirait du vécu? bien sûr tu as parfaitement raison mais tu sembles un peu colère. à mon sens il n'y a plus de luttes lorsque celles-ci deviennent consensuelles, équipées d'un<br /> discours qui a l'effet "plumes de canard" sur toute tentative critique et qui trouve aisément toutes ses justifications dans le politiquement correct ambiant. j'ai donc l'impression qu'en<br /> exprimant ton exaspération tu brises un tabou, et bien que tu dises des choses vraies il faut se garder de toute provocation... le féminisme, je trouve, a encore lieu d'être, mais non pas en tant<br /> que "cause des femmes" intégrée aux grandes croisades de l'Occident, mais comme réalité de terrain, passant par l'éducation et la mise en cause du mâle dominant lui même soumis à nombre de<br /> contraintes culturelles. nos luttes sont solidaires, le demeurent comme elles l'ont toujours été. nous ne faisons pas la course à qui se situe le plus haut sur l'échelle de l'oppression, je pense<br /> que dans nos sociétés si développées le pédé moyen ne doit pas être sujet au vertige, il souffre souvent en solitaire à des hauteurs que ne soupçonne pas la ménagère de base! pourtant lui aussi<br /> devient une marchandise idéologique dans l'argumentaire de l'ordre sécuritaire qui s'installe, le sujet gai blanc est assimilé dans le discours fascisant comme espèce à protéger au même titre que<br /> les femmes, contre ces sous-cultures qui les oppriment. on le voit dans le discours FN et ailleurs, l'hypocritie sans nom qui prétend prendre la défense de ceux et celles qu'elle condamne par<br /> ailleurs sans appel, ainsi les LePen deviennent ils les chantres de la lutte égalitariste des femmes autant que du combat contre l'homophobie. cherchez l'erreur. ce qu'il faut s'est éduquer le<br /> regard, celui qui accepte la différence.<br /> <br /> <br /> j'ai été un peu long et surement pas très clair... mais bon, je me relis pas sinon ce sera encore un commentaire à la poubelle. (j'aime toujours autant te lire, même si j'efface les traces de mon<br /> passage en général!)<br />
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T
<br /> <br /> Continue à ne pas te relire ! Merci Jean-Luc pour ce juste recadrage.<br /> <br /> <br /> Thomas qui, s'il aime toujours autant te lire, efface aussi en général les traces de son passage.<br /> <br /> <br /> <br />