Mon genre ? La comédie

Publié le 9 Mars 2014

 

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JR en Israël / Palestine

 

Les nia...les Jap... Enfin les trucs là (...)

 

Quand on les voit faire, on sent qu’ils sont totalement irradiés, il y a un truc. Enfin voilà un peuple qui n’a aucun sens de l’histoire, je suis désolé : deux bombes atomique explosent au monde, les deux au Japon, eux ils font quoi ? Des centrales nucléaires. C’est comme si au lendemain de la 2e guerre mondiale Israël se spécialisait dans la production de Zyklon B. (...)

Vous savez, il y a des choses qui peuvent m’émouvoir. Fukushima, ça m’a vachement ému. Cette fumée blanche qui s’échappe des réacteurs. Tiens les japonais élisent des papes ! Et puis au bout du 6e pape élu, j’ai douté, mais... Et on les voyait fébriles les nia...les Jap... Enfin les trucs là, qui appellent à la rescousse les américains, donc les mecs qui les ont irradié deux fois, You know what... C’est comme si les anciens colonisés pour fuir la misère de leur pays décidait de revenir dans le pays colonisateur. (...)

Gaspard Proust tapine

 

 

 

 

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« Jacky au royaume des filles », queer en diable

 

En ce samedi 8 Mars délicieusement printanier, je profite de cette « journée de la femme » pour saluer la comédie aussi hilarante qu’inventive de Riad Sattouf, « Jacky au royaume des filles ». Si le sujet de cette satire ne se réduit pas à une critique moqueuse de la domination masculine par le procédé d’inversion des rôles sexuels dont raffolent par nature une bonne partie des homosexuels, son film est résolument féministe, pour ne pas dire « queer ».

D’ailleurs, maintenant que j’ai lu la typologie des féminismes que donne Elisabeth Badinter dans Libération de ce week-end, je peux affirmer Riad que t’es un grosse féministe « universaliste » et que pour ton rattachement au « féminisme différentialiste religieux », c’est râpé, tu es excommunié.

 

L’invention langagière que l’on trouve dans tous les systèmes totalitaires nous a tellement réjouis qu’après le film, nous n’avions plus que « blasphèmerie », « voileries », « culotin » et « couillard » à la bouche comme en « République populaire et démocratique de Bubunne ».

 

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Depuis, j’ai lu qu’une fille avait précédé Sattouf, avec un court métrage « Majorité opprimée » montrant également aujourd’hui « une société dominée par les femmes, où les hommes sont voilés et où un pauvre type se fait agresser sexuellement par une bande de filles. » La journaliste de Télérama qui la présente dans la rubrique « vous l’avez repéré » le trouve « à la fois drôle et violent », je n’y ai perçu que la violence (c’est le problème avec l’humour, c’est beaucoup plus difficilement consensuel que le tragique). En cela le film est certes efficace pourtant, contrairement à la dystopie loufoque tout aussi efficace imaginée par Sattouf, il prête le flanc à la critique selon lequel ce petit film qui a fait un malheur sur Internet véhiculerait des « préjugés de classe » et « racistes ».

Mon N+1, une belle jeune femme, de type méditerranéen, longue chevelure, en veste et pantalon noirs, pas vraiment du genre aguicheuse, a beau m’avoir raconté comment à l’occasion de visites d’appartements entre Belleville et Couronnes, elle n’a cessé de se faire maltraiter par des mecs dans la rue au point de renoncer à s’installer dans ce coin de Paris, il m’apparaît pourtant inacceptable d’attribuer à tous les hommes d’origine maghrébine plus ou moins lointaine, musulmans ou non, le monopole du « harcèlement » des femmes dans l’espace public.

Bon après, se voir proposer par un jeune mec « Si tu cherches le chemin du bonheur, je veux bien t’avancer de 22 cm. », il n’y a pas mort d’homme de femme - si seulement on pouvait me proposer des plans pareils ! - Non ?... C’est tout de même plus élégant que « Hey, tu suces ? Vas-y je vais te voler ton portable, bouffonne ! » Ah non ! Tout ce qu’il veut le mec, mais pas mon portable !

 

 

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Par sa farce pleine d’inventions, Riad Sattouf peut lui s’autoriser une critique au vitriol de la manipulation des populations par la religion sachant que vu les costumes ce n’est pas l’hindouisme qui monte en premier à l’esprit : en « République populaire et démocratique de Bubunne », on ne cesse de prier et d’invoquer « les deux chevalins » divinités locales (dans ce régime matriarcal, les femmes raffolent des étalons).

Subversif vous dis-je !

 

NGT /  Lucrative vocation : circonciseur

 

NGT / Ségrégation sociale à Paris : l'entre-soi de la très grande bourgeoisie

 

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« Les Grandes Ondes (à l’ouest) : Les œillets, la féministe et le macho »[1]

 

« Aller voir Ida ?... C’est magnifique ?... Une nonne polonaise qui découvre dans les années 60 ses origines juives ? La Pologne, l'Eglise et l'antisémitisme durant la seconde guerre mondiale, comme c’est original ! Ça va être gai encore... La presse est unanime ?... Bon OK, mais après « les Grandes Ondes (à l’ouest) » de Lionel Baier, il paraît que c’est une « singulière et réjouissante comédie ». 

 

Avril 1974. Deux journalistes de la radio sont envoyés au Portugal pour réaliser un reportage sur l’entraide suisse dans ce pays. Bob, technicien proche de la retraite, les accompagne à bord de son fidèle combi VW. Mais sur place, rien ne se passe comme prévu : la tension est à son comble entre Julie, la féministe, et Cauvin le reporter de guerre roublard. La bonne volonté de Pelé, le jeune traducteur portugais, n’y fait rien : la petite équipe déclare forfait. Mais le vent de l’Histoire pousse le Combi VW en plein coeur de la Révolution des Oeillets, obligeant cette équipe de Pieds nickelés à prendre part, et corps, à cette folle nuit du 24 avril 1974.

 

Sitôt dit, sitôt fait, et l’on s’est régalé. A un moment, le cinéaste fait répéter doucement au délicieux interprète portugais « de 18 ans » qui continue son apprentissage du français : « un garçon sensible est un garçon à fleur de peau ». Sensible même sans garçon, ça te va bien ça Lionel : ton film, c’est de la balle, bourré d’humour, d’intelligence et de poésie.

 

 

    Les Grandes Ondes (à l'ouest) sur Suissinfo.ch

 

NGT /  Un vaudois d'origine polonaise

 

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série «Museu Penitenciário/Cicatriz», 1998, par Rosângela Rennó

 America Latina à la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain

 


[1] Titre de l’article du Monde  

 

Rire tant qu’on le peut encore

 

Cette semaine, alors que j’étais en pleine bourre pour préparer à manger à une tablée de six, le fixe a sonné. C’était Djamila : «Erik a besoin de vous, il vient de perdre sa mère d’un cancer foudroyant, il est anéanti.» Gabriel parti bosser chez « les nia...les Jap... Enfin les trucs là », on s’est retrouvé à la sortie de mes cours pour déjeuner ensemble.

Je vous dispenserai l’essentiel de notre conversation de circonstance. Toutefois, il m’a aussi fait part du fait qu’il était physiquement épuisé. Depuis la rentrée Djamila ayant obtenu son CIF pour une formation d’ingénieur, il assume en plus de son boulot qui le passionne mais toujours plus dévorant, les gosses et les tâches domestiques. Il a obtenu de travailler chez lui le mercredi après-midi et le soir après 17H30 il débauche. Avec la baisse des revenus du ménage, il est impensable qu’il se fasse aider.

Si ce n’est pas de l’égalité, ça !

 

NGT/ La cause des femmes

 

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Pierre Desproges "on me dit que des juifs se sont glissés dans la salle...." 1980's

 

Peut-on rire de tout : des dieux, des noirs, des handicapés... ?

Il le faut, répond Philippe Geluck dans la Libre Belgique

 

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Ken, pas content du tout
 
 
 
 
  
Stromae Bâtard
 

 

Rédigé par Thomas Querqy

Publié dans #ciné-séries, #rire, #XX, #culture gay, #tragique

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