Publié le 4 Septembre 2006

 

Les jeunes ne sont plus ce qu'ils étaient

Edouard Dutour dans Elle du 22/10/01 

 

Florilège  commenté :

Lorsque les garçons cultivent une silhouette informe et lâche, les filles de façon très ostentatoire, révèlent leur féminité : pantalons qui moulent les fesses et les hanches, nombril à l’air et petits tops à bretelles qui soulignent les seins.

C’est un phénomène que nous déplorons depuis fort longtemps, l’allure de ces salopes énerve les garçons qui ne pouvant plus contrôler les effets de leurs montées de testostérone les violent, ce qui n’est pas bien. Pour ce qui nous concerne, nous regrettons surtout qu’un tel fatras de tissus nous prive du plaisir des formes de ces jeunes mâles ; quant à apercevoir une de ces irrépréhensibles érections qui les assaillent, c’est bien sûr « mission impossible ». Je ne parlerai pas ici du tort immense que nous cause le pire invention que nous ait créé le prêt à porter : le caleçon. Une injure au phallus !

 

 

 

Les années 90, économiquement et socialement difficiles ont entraîné un rejet de l’autre sexe comme on rejette un étranger. Tel quel, sauf votre respect Edouard, je ne vois pas le lien. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette tension entre les deux sexes. Quelques exemples : on flirte peu dans les banlieues. Oui, on sait le jeune de banlieue basané viole en groupe, selon un rituel qualifié par ses pratiquants de « tournante », essentiellement des « blanches » esseulées. Eh oui, c’est déjà un homme d’honneur et de principes : il tuerait celui qui aurait l’audace de déflorer une de ses soeurs  lesquelles doivent arriver vierge au mariage. Les garçons ne s’initient plus entre eux comme à l’époque des internats (anodin hier et connoté gay aujourd’hui). Le plus beau morceau de l’article ! Un vrai scoop ! Je me prends à envier toutes ces générations de garçons qui ont passé leur adolescence à se branler, se sucer et s’enculer entre copains sans aucun état d’âme : « c’est pas être pédé que se donner un coup de bite ! C’est juste pour être au point quand on passera aux femmes ! » Avant de faire une scène à mes parents de ne pas m’avoir envoyé en internat (« j’aurais pu m’éclater et devenir hétéro »), il faudra que je demande à mon père comment c’était chez les frères Maristes de l’Immaculée Conception. Notez par ailleurs le très « politiquement correct » « connoté gay ».

Il n’y a plus de « déniaisement » par les filles de joie. Irréfutable, les pères n’amènent plus leur fils aux putes et les virées entre copain de régiment se perdent pour la simple et bonne raison que la conscription, c’est fini.

Les hommes intériorisent leurs pulsions ce qui les conduit parfois à une certaine agressivité. De façon heureusement marginale, les jeunes expriment alors leur libido par les injures, le porno (sous-titrage : branlette devant film porno) voire le viol (Cf ci-dessus). Parallèlement à ces phénomènes de sexe hard, H. Lagrange (sociologue spécialiste des adolescents) affirme que « le flirt des ados est de plus en plus justifié par les sentiments amoureux ». Et même plus surprenant, il précise que c’est chez les garçons qu’on observe cette évolution. C’est maman et le CLER[1] qui vont être contents de l’apprendre !

 

En 2001, on assiste à un retour en force de la différenciation sexuelle. Vous n’aviez pas remarqué qu’avant 2001, il était très difficile de distinguer une fille d’un gars, c’est d’ailleurs comme ça que je me suis retrouvé pédé, j’avais cru avoir affaire à des filles. H. Lagrange note « une incroyable remontée de la féminité chez les jeunes filles ». Un effet secondaire de la pilule ? Les garçons, eux, exacerbent leur masculinité : culte du muscle, de la virilité voire de la violence. Cela correspond à une véritable crise de l’identité masculine qui ne se définit plus par une situation professionnelle – et donc sociale – différente de celle des filles.

On comprend alors que le sexe et la dernière frontière. Comme pour dire aux filles : « tu fais des études, tu es libérée, tu es mon égal mais n’oublie pas que, avec mon sexe, je suis un homme ! » Nos ados mâles payeraient-ils les frais d’une fulgurante modification de la place de l’homme dans la société ?

 

Anne Cécile Serfati rajoute qu’on n’a jamais parlé aussi librement de sexualité. Mais certains mettent en garde contre les risques d’un excès de paroles liées à la sexualité. « Pendant trop longtemps, explique le psychologue J. P. Winter, à cause de l’hypocrisie bourgeoise et religieuse, on a confondu la gêne et la pudeur. Aujourd ’hui, en voulant se débarrasser de la gêne, ce qui est tout à fait louable, on essaie parfois de se débarrasser aussi de la pudeur. Or la pudeur est constitutive de l’érotisme et l’érotisme du désir. Ne l’oublions pas !

 

13/12/01

Tristes histoires de chiffres 

 

Ca y est, je l’ai fait. Mon premier festival des films gays et lesbiens ! A prés de quarante berges, il était temps. Samedi 18H30 pour 19H nous dévalons les escalators de la Porte St Eustache. Derrière les deux grandes portes vitrées, une meute de mecs fait déjà la queue. Pas de doute, le Forum des Images, c’est bien ici. Un peu gêné par la concentration inhabituelle pour nous de nos pairs, nous prenons place dans cette queue déjà trop longue.

Je mate un peu l’air de rien, Gabriel en fait sûrement tout autant, la conversation qui chez nous ne se tarit jamais, me paraît laborieuse et à voix basse (surtout ne pas se faire remarquer en disant une connerie). A 19 H est programmé « Oi warning ! » une gay story dans le milieu skin allemand. Le film dure 35 minutes. A 21H, on reviendra pour « Tableau de famille » de l’italo-turc Ferzan Ozpetek qui a fait le très émouvant « Hammam », lui aussi dans un format équivalent. Coincé dans cette queue interminable, je peste contre cette drôle d’idée de ne pas faire une séance qui enchaîne les 2 films.

 

Après avoir pris nos billets pour les 2 séances (« 40 balles pour un film de 35 minutes, s’font pas chier tout de même ! Ah, ils les ont vu venir les Dinks  – double incomes, no kids -) » soufflai-je à Gabriel. Arrivée par le haut dans le grand auditorium déjà bien plein de ce qui faisait surtout la queue dehors, autrement dit de mecs. Je descends les escaliers comme mes homologues, très digne, un brin hautaine mais avec un seul souci : être séduisante en compagnie de Duddy. Je fuis tous ces regards, mon objectif comme toutes celles qui m’ont précédé et qui me suivront : me faire voir tout en trouvant une place qui me plaît. Nous nous enfonçons dans notre fauteuil : « C’est grand ! Je suis déjà venu ici, ah oui pour voir les Etoiles, il y a un bail ! » A côté de moi, assez rapidement un monstre, « c’est bien ma chance » pensai-je.

« Deux ans déjà que nous réclamons ce film pour le festival, enfin nous pouvons vous le présenter. Je rappelle qu’il est sous-titré en anglais. » Les « Campers jaunes » (le jeune présentateur) s’effacent et c’est parti pour un beau noir et blanc. Au bout de 5 minutes peut-être, chacun dans la salle attend qu’un voisin bien placé aille demander de lancer le sous-titrage, car pour l’heure ça n’arrête pas d’éructer en chleu. Coupure et retour des «Campers jaunes » qui confirment ce que nous craignions : deux ans d’attente pour recevoir la mauvaise copie. Eclats de rire, quelques cris d’orfraie. L’organisateur propose aux non germanophones de revenir à la séance de dimanche, voire de se faire rembourser. Gabriel et moi, presque en même temps : « on pige queudale à ce qui est dit mais pour 35 minutes, ça s’annonce pas mal ». Ca faisait un moment que les 35 minutes étaient révolues lorsque j’eus une illumination : « pas 35 minutes,…35 millimètres, film en 35 millimètres  ».

 

 Cette méprise me pose soudainement un nouveau problème : « quelle est la longueur de ma queue en érection ? » Si c’est pas sauter du coq à l’âne, ça ! Enfin à l’âne, pas vraiment puisque j’hésite entre 14 et 16 cm. Je crois me souvenir que j’étais affligé de la taille moyenne déclarée par les coqs de notre pays. Ça ressemble à quoi 14 à 16 ? Un œil sur la braguette. Pas vraiment le moment de vérifier. Cette histoire de longueur, c’est relatif. Elles font combien celles de nos étalons du porno ? Direction Factionx.com, le site du distributeur d’un film qui met en scène des étalons latinos dont Thévenin ne se tarit plus d’éloges dans Têtu.

Les fiches acteurs sont formelles : 18 cm pour le plus petit, 33 cm pour le mieux doté par la nature – s’il n’y avait pas de photo, inimaginable ! -. Le scientifique qui sommeille en moi, observe que les déclarés « passif » ou « actif-passif » ont systématiquement la plus petite (si ce terme est approprié).

Anéanti, je suis. Enfin, ça me conforte dans la configuration que je préfère. D’ailleurs, je commence à être gêné aux entournures du pantalon.

Quelques temps après, le mètre est formel, au top : 15 cm.

A prés de 40 berges, mon pauvre garçon, t’es vraiment puéril ! Il te faut vraiment aller voir « Mon copain Rachid », ce court (ça t’ira) qui met en scène les tribulations d'un gamin d'une douzaine d'années, petitement doté par dame nature et qui n'a de cesse que de vouloir toucher la grosse teub à son pote Rachid.

 

Postface philosophique : Réjouis toi ! Plus elle est grosse, plus elle te rappelle qu’elle existe. Ne trouves tu pas que la tienne te tyrannise suffisamment ?

 

[1] « Le CLER Amour et Famille se propose d'aider toute personne, jeune ou adulte, en couple ou non, croyante ou non, à mieux vivre son affectivité et sa sexualité, en vue d'un meilleur épanouissement humain et spirituel. Il est un organisme de formation et d'information agréé par les pouvoirs publics. Il propose les services de ses membres qualifiés en Conseil Conjugal et Familial, Education Affective et Sexuelle, Planification Familiale Naturelle. Il est aussi un mouvement chrétien. »

 

 

 

 

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Rédigé par Thomas Querqy

Publié dans #mâlitude,, #culture gay, #ciné-séries, #sex

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