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Publié le 14 Septembre 2014

http://www.photographie.com/news/tamara-abdul-hadi-ou-quand-la-photographie-brise-les-stereotypes

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Boyz In The Oud - Cosmique Arabe (Turzi, Judah Warsky, Dj Gilb'r, Adnan Mohamed)

Aujourd’hui, des groupes multimédias puissants dans le Golfe, comme MBC, ART, Rotana ou Al Jazeera, sont apparus : ils entendent construire des industries créatives puissantes pour parler à l’ensemble du monde arabe, défendre les valeurs de l’Islam, et conquérir de nouveaux marchés. Ce faisant, ils visent à lutter contre la domination culturelle et idéologique de l’ « Ouest ». Mais vu des pays arabes, l’ « Ouest » est une image, parfois un mirage, plus qu’une réalité géographique. C’est un mélange d’attitudes et de valeurs, Georges Bush et Disney, le « hard » et le «soft power », les droits de l’homme et le christianisme, la libération de la femme et les droits des gays, une culture dominante extérieure mais aussi des ennemis de l’intérieur.
Quand on interroge les combattants musulmans des industries de contenus et des médias sur le terrain, on s’aperçoit qu’ils brandissent contre l’Occident les valeurs de la famille, la tolérance religieuse, le rejet de la violence et de la sexualité – bref, assez précisément les valeurs mainstream et familiales de Disney et de la MPAA. Les contradictions de cette bataille contre l’ « Ouest » sont vite visibles.

Frédéric Martel Mainstream, enquête sur la guerre globale de la culture et des médias Flammarion 2010

La nuit était tombée sur le balcon, face à nous s’illuminait Paris, le Sacré Cœur,  la Tour Eiffel... Champagne, mozzarella di buffala, douceur de l’air sous un beau ciel dégagé de fin d’été, plaisir de se retrouver, la conversation prenait son envol pour la soirée.

Sachant Alberto physicien, je l’interrogeais sur sa spécialité. Bien que l’entropie me rappelât vaguement un cours de « théorie générale des systèmes » infligée durant mes études, je renonçai à en savoir plus à l’instant même où il commença à résumer son sujet de recherche : je n’avais pas les pré requis. Lorsque Darek voulant participer, nous a entraîné dans l’espace à des années lumière de notre Terre, la perte de contrôle du sujet de la conversation était une telle évidence que Jorge s’exclama : « Et bien dîtes donc les copains, ça démarre fort ! », et moi d’enchaîner en aparté : « Ne t’inquiète pas, je vais demander qui a vu Gravity, ça va nous faire redescendre ! » 

Jorge encore, lança ensuite : « pour moi qui m’intéresse à la littérature de fin du monde, vous ne trouvez pas qu’en ce moment, ça y ressemble un peu ? Ce qui se passe en Irak, en Syrie, en Ukraine, Hollande… »

« … A Gaza, en Libye, Boko Aram au Nigeria, en Centrafrique, le virus Ebola… » Avons-nous rajouté, non sans avoir relevé qu’« Hollande », c’était grave mais qu’on ne pouvait tout de même pas tout mettre sur le même niveau (Oups ! C'était une procédé humoristique.)

 

Last voice de Chen Chieh-Jen

collection Antoine de Galbert à la Maison Rouge

 

Quand je pense qu’un matin sur France Cul, Aurélien Bellanger, qui venait parler de son dernier livre, s’interrogeait sur le mystère de ce besoin d’Etat qu’avaient les populations ! « Besoin de sécurité par le monopole de la violence légitime, Ducon, fonction première de l’Etat, sans lequel c’est le chaos, tu veux des exemples ? », avais-je alors gueulé du fond des chiottes.

Quand je songe aussi, à propos du soi disant « Etat Islamique » en Irak et en Syrie, qu’on en est venu à croiser les doigts pour que l’Iran tienne le coup, après des années d’éditoriaux et chroniques sur le risque majeur que ferait peser sur la région le régime iranien, et que depuis peu ce pays pourrait bien se retrouver dans la coalition particulièrement hétéroclite contre les djihadistes de l’Etat islamique, on croit rêver. Faut-il que le chaos soit total !

 

La récente levée de fonds de Vice.com, petit média en ligne subversif devenu gros, m’a fait pensé à visionner le documentaire de Medyan Dairieh sur l’Etat Islamique. Même s’il s’agit en grande partie de propagande (le journaliste est embarqué par un « attaché de presse » du « Califat »),  on sort sidéré de cette incursion parmi des bandits et des soudards qui imposent à coup d’exactions barbares et au nom d’Allah, un gouvernement totalitaire qui inculque aux jeunes garçons le rêve de massacrer tout ce qui n’est pas musulman sunnite. 

http://www.vice.com/fr/vice-news/l-etat-islamique-version-integrale-125

La rue, fief des mâles

Sans surprise, les femmes semblent largement invisibles dans le documentaire, ou jamais suffisamment recouvertes de toile épaisse pour la police de la Charia. A la différence de chez nous, où l’espace public est mixte, enfin du moins le croyais-je jusqu’à ce que j’écoute à la radio une émission sur les femmes et l’espace public, qui fait état d’un espace public largement conçu par et pour les hommes et des comportements d’évitement par les femmes du harcèlement masculin.

J’ai alors pensé à Luisa et Marc, d’anciens étudiants retrouvés par un réseau social professionnel, qui me disaient cet été à la terrasse d’un café leur enthousiasme pour Dubaï où ils avaient passé six mois. Comme je trouvais la chose un peu étonnante, je les cuisinais davantage sur ce « monde parfait » (« du moins en apparence » avait aussitôt rajouté Marc qu’un faisceau d’indices me fait penser gay). Luisa (jolie fille, très classe) a dit combien, en tant que femme elle se sentait en sécurité et respectée par les hommes là-bas, contrairement à ce qu’elle vit en région parisienne. Les codes vestimentaires étaient-ils contraignants pour les femmes ? Pas du tout, elle n’avait eu de remarques ou de regards mauvais qu’à proximité de l’université islamique.

http://next.liberation.fr/sexe/2014/09/08/des-timbres-finlandais-affranchis-des-conventions_1093850

http://next.liberation.fr/sexe/2014/09/08/des-timbres-finlandais-affranchis-des-conventions_1093850

L’érotisme musulman

Malgré les changements en cours de la sexualité dans le monde arabe, Malek Chebel rappelle ainsi dans Libération que l’érotisme musulman demeure largement basé sur la pudeur et la distance (mais n’est-ce pas consubstantiel à l’érotisme, musulman ou non ?). Ainsi, « il y a une distance que l’homme doit tenir publiquement par rapport à une femme, pour ne pas l’offenser. Dans la tradition orale arabe, la femme ne doit pas être à portée de main de l’homme pour éviter les médisances. » C’est sans doute ce qui explique le sentiment de Luisa à Dubaï. Malgré que Malek Chebel soit contre la burqa et le voile, il reconnaît que « sur le terrain arabe, les contraintes de mouvement et de contact sont si compliquées qu’une femme voilée est, paradoxalement, plus libre pour arriver à son amant qu’une femme dévoilée. »

Tamara Abdul Hadi "Picture an Arab Man"

Tamara Abdul Hadi "Picture an Arab Man"

Electro Chaabi d'Hind Meddeb

Dans la même entrevue, où il répond à une question sur l’origine de la pudeur régissant les rapports entre les deux sexes, Malek Chebel évoque la responsabilité des juristes des deux siècles de dynastie des Omeyyades. En réaction, il signale que c’est sous la dynastie suivante, celle des Abbassides, où la vie était nettement plus joyeuse et coquine, que l’on invente les Mille et Une Nuits et qu’Al-Jahiz écrit un texte réservé à une élite, Ephèbes et Courtisanes dans lequel « deux hommes, l’un très attiré par les femmes, l’autre par les hommes, rendent hommage, sans tabou, à la fraîcheur évanescente des jeunes gens ou des jeunes filles. »

Las, ce bon vivant, est mort, il y a un bail, en 868, à Bassorah dans l’actuelle Irak, et depuis, de toute évidence, la charia a pris le pas sur l’alternative pédérastique.

Adèle Haenel et Kevin Azaïs dans "Les combattants" de Thomas Cailley

Adèle Haenel et Kevin Azaïs dans "Les combattants" de Thomas Cailley

Kevin Azaïs par Yann Rabanier pour Libération

Kevin Azaïs par Yann Rabanier pour Libération

Les combattants de Thomas Cailley

Aux crises politiques, rajoutez celles du capitalisme contemporain, les catastrophes et alarmes écologiques de l’ère anthropocène, et vous comprendrez sans peine que, dans le film « les combattants » de Thomas Cailley, Madeleine, le garçon manqué, fasse des pieds et des mains pour intégrer un stage de survie dans l’armée, persuadée que «ça va péter.» D’où tient-elle ça ? Elle l’a vu à la télé. D’une douceur toute féminine, le bel Arnaud lui, ne sait toujours pas ce qu’il veut devenir (mais c’est de son âge), une seule chose est sûre, il doit suivre cette fille.

Ce film est un bijou.

« Boys like us » de Patric Chiha

Une autre belle réussite, très gay.

La critique de Télérama

Le CV de Patric Chiha

Le Facebook du film

Thanatos et Eros en terre d’Islam
Thanatos et Eros en terre d’Islam
Thanatos et Eros en terre d’Islam

"Boys like us" de Patric Chiha

Sonate n°20 en La Majeur de Schubert, thème de "Winter sleep" de Nuri Bilge Ceylan

 Adam Bakri dans "Omar" d'Hany Abu-Assad (Palestine)

Adam Bakri dans "Omar" d'Hany Abu-Assad (Palestine)

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Rédigé par Thomas Querqy

Publié dans #XX, #barbarie, #Au nom d'Allah, #trépalium, #culture gay

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