Publié le 19 Décembre 2011

 

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Photo : Alejandro Gonzalez

 

 
Bande-annonce en VOST français
 
Javier Fuentes-Leon à contre-courant (Contracorriente)

 

Je n’ai jamais mis les pieds au Pérou. Mon Pérou se résume pour l’heure au «temple du soleil », d’énormes montagnes, des lamas soupe au lait, et pleins d’incas dessus. Rien à voir avec ce beau coin de côte Pacifique, baigné de lumière blanche, où se vit l’amour caché de Miguel, pêcheur bientôt père d’un enfant qu’il a fait à Mariela sa femme, et Santiago, « le peintre » installé dans ce village de pêcheurs pour les beaux yeux de Miguel.

A Cabo Blanco, la prégnance de l’homophobie des hommes comme de leurs femmes, pétris de religion qu’ils sont, rend l’amour de Miguel et Santiago inconcevable, indicible, honteux, de cette honte dont il semble impossible de se relever.

 

Contracorriente est un mélo aussi convaincant que militant, avec une échappée bienvenue de réalisme magique. Javier Fuentes-Leon réussit même l’exploit de me faire trouver très « sexy » barbes et poils des deux hommes.

Une seule réserve de la chochotte qui s’insurge en se grattant : les étreintes à poil en roulé-boulé dans le sable mouillée. Honnêtement, Javi, tu ferais ça ?

 

 

Contracorriente sur Critikat 

 

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La honte selon Steve McQueen (« Shame »)

 

Une œuvre pour le temps présent, celui du sexe virtuel accessible en quelques clics, l’addiction qui va avec et quelques dommages collatéraux.

La nature a tellement été généreuse avec Michaël Fassbender, qu’on ne doute pas un instant qu’il fatigue son corps en ne pensant qu’à ça. Sauf que Brandon, le yuppie new-yorkais dont il tient le rôle, passe surtout son temps à se manualiser, et que s’il se décide à baiser « en chair et en os », c’est avec une prostituée en guise de « sex toy », selon les multiples scénarii pornos déjà vus maintes fois sur le Net.

Problème, le corps magnifiquement fait pour faire l’amour de Brandon est incapable d’y parvenir quand survient une vraie rencontre qu’on imagine un brin sentimental. Brandon connaît alors la honte de l’impuissant.

 

 

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Je comprends ça, l’émotion d’une relation qui vient foutre en l’air l’efficacité de la mécanique huilée de l’autoérotisme.

Pour moi, la principale honte du film, c’est celle-ci, celle de Brandon l’impuissant.

Mais l’addiction n’est qu’égoïsme, car il n’y a de place que pour elle. Alors forcément, quand débarque de manière inopinée une sœur bordélique qui pleure de s’être faite larguée et qui tombe aussitôt dans les bras de votre chef marié, vous ne pensez qu’à vous en débarrasser, sans mesurer combien elle va mal....

Faut-il interpréter la pipe que se fait faire Brandon désespérément bourré dans un "sex club" gay comme l’acte par lequel il touche le fond la honte ?

Il est possible que Steve McQueen dans un accès de moralisme l’ait voulu interprété comme tel, mais il filme tellement amoureusement son antihéros qu’il est permis de douter d’une telle intention. J’y vois pour ma part une manière de dire que l’addiction vous pousse toujours plus loin dans le « moralement incorrect » (je ne vais tout de même pas écrire « l’abject ») pour avoir votre dose.

 

 

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A part ça, contrairement aux détracteurs du film, je ne me suis pas ennuyé une minute, Steve McQueen signe de nouveau un film plastiquement irréprochable, avec une post synchro musicale aussi parfaite que celle d’un autre film important, L’exercice de l’Etat où la bande-originale de Philippe Schoeller était vraiment remarquable. Rien à voir, je sais.

 

 

 

 
Le plus vieux métier du monde et la fessée bientôt abolis

  

 

-          T’as entendu qu’ils veulent supprimer le tapin en punissant les clients ?

-          C’est pas vrai ?! C’est n’importe quoi, on va où ?

-          Sont pas foutus de nous sortir de la merde, alors faute de mieux, ils font plaisir aux mal-baisés.

-          Du boulot pour tous, bien payé et on fera pas les putes ! De toute façon, dans ce pays, on empêche les gens de travailler.

-          ... et maintenant de baiser. Merci la Suède ! On n’est pas obligé de faire leurs conneries.

-          La Suède ? J’croyais qu’ils étaient décoincés du cul ?

-          Ouais il paraît, sauf qu’ils ont aussi la parité...

-           ?

-          Les femmes ont autant droit au chapitre que les hommes ; et la plupart des femmes, tu le sais bien, ne supportent pas l’idée même de "prostitution".

-          Mais en France ? Y a pas de parité ?

-          Non, mais devine qui a lancé ce projet ?... Une femme.

-          Comme d’habitude, on fait chier les gens dans la merde...

-          Mais attends, c’est pas fini, dans le même genre, ils veulent interdire la fessée. ça vient aussi de Suède.

-          Naaannn ?! C’est pas vrai ?!

-          Siiiii ! Un môme pourra envoyer au tribunal ses parents, s’ils lèvent la main sur lui.

-           N’importe quoi ! ... Je crois que quelques roustes au bon moment, ne m’auraient pas fait de mal. Je n’en serais pas là où j’en suis.

-           Moi, je m’en suis pris un paquet. Mais faut dire que je les cherchais. D’ailleurs, il y a longtemps que je n’ai pas eu un « plan fessée », ça me manque.

-          Quelle salope ! T’as pas honte ?! [...]

 

 

Retranscription plus ou moins exacte d’une indiscrétion dans un café parisien

 

 

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Dessin de Seiji Inagaki   

 

 

Prostitution : Polémique autour de la pénalisation des clients - Le Nouvel Obs

 

Contre la pénalisation de la prostitution :

Un peu de philosophie morale avec Ruwen Ogien

  

Soirée fessée interdite sur Arte

 

  NGT / Querelle morale

  

 

 

 
Shirley & Co Shame, shame, shame (1974)

 

 

 

 

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Rédigé par Thomas Querqy

Publié dans #ciné-séries, #homophobie, #culture gay, #sex, #économie

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