Publié le 18 Février 2011

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Luigi&Luca

 

Un jour, ma mère glissa dans notre conversation téléphonique qu’elle intervenait en tant que parent d’enfant homosexuel dans une association. Lors de mon dernier appel, elle me raconta qu’au sortir de l’assemblée générale de cette association, elle s’était rendue avec mon père à la messe dans une paroisse dont elle apprécie l’esprit.

« Je ne sais quelle mouche m’a piquée, moi qui normalement n’intervient pas (j’ai ri), je suis allée dire une intention de prière  pour les homosexuels et leur famille (...). Tiens-toi bien ! A la fin de la messe, le prêtre a fondu sur moi pour me remercier et un certain nombre de participants en ont fait de même,  alors qu’habituellement on se salue discrètement de loin

Mais ce n’était pas fini.

Ma mère a récidivé dans un ermitage haut perché où elle aime aller avec mon père pour l’office dominical, quand ils se trouvent en Ardèche et qu’elle ne choisit pas de sécher la messe.

Sa copine du coin venait de lui parler de la fille d’une relation qui se voyait refuser par ses parents d’inviter son amoureuse chez eux, soutenu en cela par leur curé.

Ma mère de remettre le couvert avec une intention de prière pour les deux filles, les parents et le curé homophobes. «Alors que le genre du lieu n’est pas vraiment l’effusion, à la sortie, les quelques barbus qui avaient assisté à l’office sont venus me saluer chaleureusement. »

 

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David tenant la tête de Goliath - Le Caravage (1605)

 

 

J’admire la rebelle chez ma mère, ses nombreuses montées au créneau par trop plein d’indignations. Le courage, l’énergie, que cela requiert, sans doute aussi une certaine dose d’orgueil[1]. J’aime cette attitude finalement très juvénile.

 

Dans une certaine mesure, il me plaît de penser la permanence entre cette femme de plus de soixante-dix ans, ma mère, et l’enfant unique souvent punie pour avoir tenu tête à ma grand-mère, chaque fois que la petite était convaincue d’être victime d’une injustice ou d’un abus de pouvoir.

Pour obtenir de son insolente fille des excuses, ma grand-mère était capable de l’ignorer ostensiblement, au point de ne plus lui mettre le couvert. L’affrontement de ces deux caractères bien trempés pouvait durer jusqu’à une semaine...

 

Sainte mère continuez à prier pour nous !

 


[1] J’ai dans l’idée qu’elle doit casser les pieds à plus d’un avec ses combats à la "David contre Goliath".

  

 

NGT / Vade-mecum pour jeune homo

NGT / Les enfants des hommes

 

 

Presque rien à voir : La Cour de Cassation donne définitivement raison à Denis Robert aux dépens de Clearstream. La suite...

 

 

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Laissez nous rire ! (On bossera mieux)

 

Ça y est, je podcaste comme un fou, en particulier l’émission de France Culture, Place de la Toile.

« La lecture de la semaine dernière » de son animateur/producteur Xavier de la Porte donnera raison à tous ceux au boulot qui s’insurgent d’avoir été interdits d’accès à tous les sites intéressants d’Internet[1], notamment ces ressources du Web qui les mettent de bonne humeur en les faisant rire.

Des personnes exposées à des contenus audiovisuels réjouissants auraient une productivité supérieure de 10 à 20 % à celle des personnes exposées à des contenus plutôt déprimants ou à un contenu neutre.

L’hypothèse de ces résultats à confirmer de manière plus scientifique ? Un phénomène connu des sciences cognitives : les émotions agissent sur nos aptitudes intellectuelles, notamment, l’humeur joyeuse stimule notre créativité.

 

Internetactu.net/2011/ comment-lemotion-stimule-notre-creativite/

 

 

Un petit coup de mou ? Si le rire du nourrisson qui a fait s'éclater la planète vous laisse de marbre, testez peut-être Alex Lutz ! 

 


[1] Si si ça existe. J’en connais une qui n’a pas d’ordinateur chez elle, et qui passe à la maison faire tout ce qu’elle ne peut plus faire sur Internet au boulot, ni au bureau de la permanence de son syndicat.

 

 

 

 

Pathos n’en faut

 

Télérama était partagé : Entre « Bravo » et « Mélodrame complaisant ».

Comment le réalisateur d’Amours chiennes et de Babel, ces deux chef d’œuvres, a-t-il pu charger aussi lourdement la barque de la misère et du désespoir, sans avoir un seul instant l’idée qu’il était en train de la couler ?

Une seule chose très anecdotique était plutôt « Biutiful» dans ce film : le jeune chinois qui séduit le patron de l’atelier clandestin.

 

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Vous vous y ferez, on peut vivre avec ça

 

Je suis seul avec elle devant le corps. Elle me demande si c’est la première mort proche qui me frappe et, après mon oui, dit que je verrai, que je m’y ferai, qu’on peut vivre avec ça. Je suis comme un adolescent face à sa première souffrance d’amour à qui on explique que ce n’est pas grand-chose alors qu’il ne voit pas quoi de plus important pourrait lui survenir. Une sorte de rage que je crois ne pas manifester me prend contre cette femme.

 

Pol-editeur.com/ Ce qu'aimer veut dire - Mathieu Lindon

Christophe-donner.com/ Combat-de-pères

 

 

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Le Caire - Place Tahrir - 10 fév. 2011 - Dylan Martinez/Reuters

 

 

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Rédigé par Thomas Querqy

Publié dans #homophobie, #famille, #rire, #tragique

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