tragique

Publié le 28 Août 2020

https://www.eetindia.co.in/china-cant-mask-impact-of-coronavirus/

https://www.eetindia.co.in/china-cant-mask-impact-of-coronavirus/

Ce titre est emprunté à un article de Luc Le Chatelier, dans Télérama du 11 Mai 2020 sortie la première semaine de déconfinement. Le contenu de l’article m’avait autant intéressé qu’agacé en s’inscrivant dans la perspective inexorable d’un monde masqué («Dans la rue, le métro. Et maintenant, aussi au bureau ? ») alors que le plan gouvernemental prévoyait le port obligatoire du masque seulement dans les transports. La majorité des journalistes, notamment au quotidien Libération avaient la même conviction et ont joué un rôle essentiel dans l’acceptation sans discussion d’une France masquée.

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Avertissement : le contenu de ce billet n’a rien de spécialement gay, toutefois pour les mêmes raisons qui ont conduit le tabloïd anglais the SUN à renoncer à la suppression de ses jeunes filles aux seins nus de la page 3, j’ai glissé dans l’article quelques bibelots.

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FRONT: The Early Years – Photo de Rüdiger Trautsch
FRONT: The Early Years – Photo de Rüdiger Trautsch

 

Après plus de 4 heures d’abrutissement en autobus puis en train le masque sur la figure, à la sortie de la gare, malgré la lourdeur de mon sac à dos, j’ai enfourché avec soulagement, un vélib électrique pour rallier notre appartement au cœur d’une zone de port obligatoire du masque depuis ce 10 Août. En remontant le canal Saint Martin, le long duquel le port du masque est également obligatoire, et qualifié récemment d’ immense cluster par l’élue en charge de la santé à la Mairie de Paris, j’ai pu m’amuser de voir assez peu de masques sur les visages des nombreux jeunes installés le long du canal, sans doute parce qu’en cas de contrôle de police, ils pourront toujours se prévaloir d’être en train de boire ou de manger. De l’autre côté de la rue, de moins jeunes ou moins fauchés, confortablement installés à la terrasse des cafés et restaurants, s’exonèrent de l’obligation en acquittant de dispendieuses consommations.
Le vélo déposé à la station, je m’offre le « frisson » de parcourir sans masque les 70 mètres conduisant à la porte d’entrée de notre immeuble. En fait, ça m’a évité de me faire remarquer puisque les rares personnes marchant dans la rue avaient un visage, comme l’avait déjà remarqué Gabriel remonté à Paris avant moi. A notre décharge de contrevenants, la faible affluence à une telle heure ne justifie nullement le port du masque, mais allez expliquer ça aux policiers chargés de faire appliquer la loi !
En entrant dans l’ascenseur riquiqui, à la pensée de croiser une des affolées de l’immeuble et d’un article de Courrier International faisant état aux Etats-unis d’une reprise du travail freinée par la phobie des ascenseurs perçus comme des incubateurs de Covid-19, j’ai failli sortir le masque de la poche de mon pantalon.

 

Eyes wide shut de Stanley Kubrick (1999)

 

Bien que je fusse soulagé de rentrer chez nous et de mettre ainsi à distance la tristesse de ma mère toujours en deuil de mon père, de mon frère et de ma sœur, cette année, pour la première fois, j’ai vraiment traîné des pieds pour laisser notre vie au grand air ardéchois en remontant dans un Paris confiné sous masques. Par dessus tout, j’appréhende de devoir faire cours muselé à des élèves eux aussi bâillonnés.
En passant devant la télé que regardait encore un peu ma mère, je me suis énervé à plusieurs reprises de devoir subir l’alarmisme et les leçons de morale de journalistes et d’experts du secteur médical niant ou minorant les implications de la contrainte imposée, et ce toujours à visage découvert. La ministre-des-masques-au-travail a fini par s’en émouvoir pour des raisons sanitaires, on devrait donc sous peu pouvoir faire une expérience télévisuelle passionnante : voir et entendre leurs propos sous masque papier ou tissu. Pour l’expérience et par solidarité avec les profs qui n’ont pas de micro, je suggère aussi une minute sans micro cravate.
Les radios et télévisions font bien évidemment de la résistance en essayant d’obtenir une dérogation, Marc-Olivier Fogiel, directeur général de BFM « a estimé qu'il serait «inutile, anxiogène et handicapant d'imposer le port du masque sur les plateaux de télévision, si par ailleurs sont respectées d'autres mesures barrières contre le coronavirus ». « Anxiogène et handicapant », ça ne fait pas l’ombre d’un doute, merci MOF de l’avoir dit, mais « inutile » ?
De manière certaine, il s’agit d’une opportunité, pour les distributeurs désormais bien pourvus en stocks mais aussi pour les entreprises françaises s’étant lancées dans la production de masques en tissu lavable quand l’Asie ne parvenait pas à honorer nos commandes, mais dont les stocks se sont accumulés sitôt que les masques asiatiques, notamment médicaux jetables sont redevenus plus accessibles.

Coronavirus : ce qui se cache derrière le masque

OK, mais d’un point de vue sanitaire ? Qu’est-ce qui a changé et justifie l’imposition du port du masque en lieux clos puis maintenant à l’air libre ?
Le principe de précaution : début juillet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a admis que la transmission par l’air du Covid-19 « ne peut pas être exclue » même si « à ce jour, la transmission du SRAS-CoV-2 par ce type de voie aérosol n'a pas été démontrée ». Des recherches récentes sur la genèse de foyers de transmission (« clusters ») ont mis en évidence la probabilité que le virus se transmette de façon aérienne dans des lieux clos, mal ventilés et abritant un grand nombre de personnes où les gens sont présents pendant une durée de temps longue,
Dans ces situations, l’OMS recommande désormais le port d’un masque qui permettrait de réduire les risques de contaminations selon plusieurs études.
Étant donné l’entassement dans les transports publics notamment en Ile de France, dans la plupart des salles de classes accueillant des jeunes potentiellement positifs et dans tout lieu confiné où la distanciation est impossible, le port obligatoire du masque prend du sens (je m’étonne juste qu’il n’ait pas été rajouté une consigne d’aération au moins en ouvrant les fenêtres).

Le port du masque nous libère-t-il des gestes barrières qui prévalaient jusqu’alors ? Pas du tout, l’OMS maintient l’avertissement d’un masque pouvant créer « un faux sentiment de sécurité amenant à négliger des mesures telles que l’hygiène des mains et la distanciation physique », toutes deux indispensables, et rajoute des consignes de bon usage des masques.
Sur ce point, l’on touche aux limites d’une politique sanitaire bureaucratique, paternaliste et autoritaire censée nous protéger, qui apparaît incohérente en se coltinant la réalité : afin de permettre le redémarrage de l’activité, les contraintes de distanciation dans les lieux publics clos (transports, classes...) ont été levées, du coup, plus personne ne respecte de distanciation nulle part, hormis les personnes dont la santé mentale, à l’évidence, a été atteinte par la Covid. Dans le même temps, j’ai déjà eu le loisir d’observer que les détracteurs de l’utilisation du masque à grande échelle avaient raison : la gêne occasionnée par le masque conduit de nombreuses personnes à se toucher fréquemment le visage et souvent à le porter sous le nez, sous le menton ou à la main. Quant à son changement toutes les 4 heures, le lavage des mains avant de le mettre et après...

Scissor Sisters - Let's Have A Kiki (2012)

Pour le professeur urgentiste Yonathan Freund qui dénonce régulièrement l'"alarmisme" des autorités sanitaires quant à une possible reprise de l'épidémie de coronavirus, le port du masque obligatoire dans la rue  «est une décision politique et pas de santé publique, pour dire +nous prenons toute la mesure de cette épidémie+».
Il craint aussi que cette mesure que «rien ne justifie scientifiquement» crée «de la méfiance dans la population». Nombre de ses collègues du corps médical partagent son avis d'inutilité du masque en extérieur, quand ils ne parlent pas d'effets pervers. Entre autres (je ne citerai pas les partisans, car on les a déjà trop entendu), pour l’épidémiologiste et professeur de santé publique à l’université de Genève, Antoine Flahault, « le masque en extérieur est plus une « mesure visible politiquement » que réellement utile car pour le moment aucun cluster n’y a été recensé, mais elle a quand même un certain intérêt : celui « de rappeler que le virus circule toujours et de rappeler aux individus de porter un masque. Au moins s’ils l’ont à l’extérieur, ils l’auront dans les lieux clos ». Porter un masque partout pour être sûr d’en avoir un sur le visage dans un endroit confiné ? 12 ans d’études pour cette perle ! Comme si on pouvait l’oublier cette obligation de port de masque !
Pour Martin Blachier, médecin épidémiologiste : « Ce qu’il faut absolument faire pour lutter contre le coronavirus, c’est arrêter de porter le masque en extérieur, ça ne sert à rien ». Déjà au début du mois d’août l’épidémiologiste alertait sur les effets pervers du port du masque en extérieur : « Il faut arrêter de faire du principe de précaution inutile et qui va finalement être contre-productif. Les gens, au bout d’un moment, vont avoir besoin d’une respiration et c’est important de prévoir cette respiration. »

 

Keith Vaughan Bather 1939
Keith Vaughan Bather 1939

 

Bref, l’obligation du port du masque notamment en extérieur est une décision politique « qui vise à rassurer la population » angoissée par l’épidémie. En effet, le sondage Harris Interactive pour LCI publié le 20 Août recueille 80 % d’opinions favorables au port du masque obligatoire dans les lieux publics clos et 63 % dans la rue ou dans les parcs et jardins.
 
Autrement dit, fort de cette majorité, mais aussi du fait qu’ailleurs de nombreux pays (à l’exception notable des pays nordiques) mettent, pour les mêmes raisons, de manière plus ou moins coercitive du masque dans leur politique de lutte contre la Covid, imposer ces nouvelles obligations est une aubaine pour des pouvoirs publics contestés et ne contrôlant pas grand-chose : ainsi, avec les mesures de masque obligatoire, ils disposent de décisions qui ne leur coûtent rien (ou presque), qui attestent qu’ils agissent contre la Covid, avec des moyens immédiatement visibles (tant que la population y adhère), relayées par un battage médiatique assuré.

De plus, il s'agit de la mesure idéale puisque le bien fondé sera forcément indiscutable : si le nombre de cas sévères se met à baisser, on dira que c'est grâce à l'obligation du port du masque en plein air, qu'il continue à augmenter, et ce sera la faute de tous ceux qui ne le portent pas ou mal.
Outre des amendes fortement dissuasives, faire pression sur les récalcitrants reste un jeu d’enfant avec l’argument altruiste culpabilisant : «on ne le fait pas pour soi mais surtout pour les autres. » ou cet argument massue pour tous ceux ayant une forte aversion au risque : "C’est moins contraignant qu’un passage en réanimation."

 

 

dessin de Gengoroh Tagame
dessin de Gengoroh Tagame

 

Alors justement, y-a-t-il de nouvelles raisons de craindre de se retrouver en soins intensifs et de peut-être mourir de la Covid ?
Dès le mois de juillet le directeur général de la santé appelait à « se préparer à une reprise de l'épidémie ». A la fin du mois, les médias annonçaient « une lente reprise de l’épidémie ». Dans ce contexte, dès le début du mois d’Août, des maires et préfets, nouvellement autorisés à le faire, se mettent les uns après les autres à édicter le port du masque obligatoire dans des lieux publics en plein air. Ils justifient ces mesures d’anticipation par des données qui attesteraient d’un « frémissement » de reprise et d’un possible rebond épidémique.
L‘inquiétude repose sur le fait qu’avec la multiplication des tests qui sont désormais accessibles, le nombre de testés positifs augmente ainsi que le taux de positivité, ce qui indique que le virus continue à circuler (les mesures de prévention étaient censées l’en empêcher). Sans surprise, les testés positifs sont désormais plus jeunes et donc le plus souvent asymptomatiques voire avec les symptômes d’une « grippette », le problème restant, toujours le même, qu’ils augmentent le risque de contamination d’autres « personnes fragiles» qui contractent plus souvent des formes plus graves de la maladie. Ce qui avait amené l’infectiologue Eric Caumes à faire le 2 Août la proposition d’un changement radical de stratégie, épousant celle de la Suède, celle de  laisser «les jeunes se contaminer avec le coronavirus entre eux, à la condition expresse que ceux-là ne soient pas en contact avec parents et grands-parents. », tout en rajoutant pour se couvrir que ce n’était pas sans risque pour eux non plus : « Les jeunes peuvent aussi avoir des formes graves… », sans que l’on puisse savoir combien d’entre eux avaient eu cette malchance.

 

Gif les amants de Magritte
Gif les amants de Magritte

 

Vérifier les données s’annonçait plutôt facile puisqu’elles sont mises en ligne en temps réel. En fait, il n’en est rien. Le tableau de bord de l’épidémie en chiffres sur le site de Santé Publique France semble avoir été conçu pour affoler la population. On commence par les chiffres cumulés de « cas confirmés » (les testés positifs par forcément malades) et des morts dans le monde et en Europe. Ensuite, pour la France, 6 indicateurs dont le néophyte retiendra surtout le nombre cumulé de « cas confirmés » avec la variation par rapport à la veille, le nombre cumulé de décès avec la variation par rapport à la veille, et le nombre de patients hospitalisés et en réanimation, autant dire rien de signifiant pour vérifier le frémissement de reprise d’épidémie, en particulier dans sa région. Pour cela, il faut aller sur le site Geodes qui moyennant quelques tâtonnements permet de faire des requêtes.

Une séquence d'analyse des derniers chiffres du Covid-19 en France, sur CNews par Jean-François Toussaint, professeur de physiologie et directeur de l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (Irmes), nous confirme que parmi la batterie d’indicateurs disponibles, ce sont toujours les mêmes qui doivent retenir notre attention s’agissant de l’évolution d’une épidémie  : l’évolution du nombre de décès, d’admissions à l’hôpital et d’entrées en réanimation.

J’ai fait aussi fait des requêtes pour la région, l’Ile de France « confrontée à un rebond épidémique » qui m’ont permis d’obtenir sur la période du 19 mars au 25 août :

    • le nombre quotidien de personnes nouvellement hospitalisées
    • le nombre quotidien de nouvelles admissions en réanimation
    • le nombre quotidien de personnes nouvellement décédées

En cumulant par quinzaine sur les fichiers exportés, on constate bien une croissance exponentielle du nombre de cas sévères cumulé par quinzaine qui passe de 46 pour la quinzaine finissant au 11 juillet (le plus bas niveau) à 124 pour la quinzaine écoulée (46 , 52, 106, 124), soit un quasi triplement en 60 jours.
Il en va de même du nombre de nouvelles personnes hospitalisées cumulé par quinzaine qui passe de 322 pour la quinzaine finissant au 10 juillet (le plus bas niveau) à 609 pour la quinzaine écoulée (322 , 374, 589, 609), soit un doublement en 60 jours

Quant aux personnes décédées, il est pour l’heure relativement stable : on passe de 79 pour la quinzaine finissant le 27 juin  à 74 pour la quinzaine écoulée (79 , 50, 63, 74).

Pour autant, le système hospitalier n’est pas sous tension pour le moment. En un mois, le nombre de malades hospitalisés a baissé (par des sorties d’hôpital plus importantes que les nouvelles hospitalisations) et celui des gravement malades est stable.

    • Nombre de personnes actuellement hospitalisées :  2389 au 25/8 contre 2766 un mois plus tôt
    • Nombre de personnes actuellement en réanimation ou soins intensifs : 183 au 25/8 contre 188 un mois plus tôt

 

indicateurs épidémie Covid en IDF au 25 août 2020 - Germain Forestier
indicateurs épidémie Covid en IDF au 25 août 2020 - Germain Forestier

 

Bien que le 24 Août, le chercheur à l'INSERM Laurent Toubiana ait déclaré sur BFM TV que l’épidémie était terminée et ait affirmé ce que j'ai entendu la première fois de la bouche de ma mère quasiment mot pour mot : « Nous n’avons pas une épidémie infectieuse, nous avons une épidémie d’angoisse. Et la population est à genoux à cause de ça. Et l’économie aussi. », il se passe bien quelque chose sur le front de l’épidémie en Ile de France depuis cet été, mais qui, sans commune mesure avec ce que nous avons connu en mars, ne met pas pour l’heure l’hôpital en tension (pour relativiser ces chiffres rappelons que l’Ile de France a une population de 12.21 millions d’habitants). Pourtant, vu que rien n’indique que la virulence du virus soit moindre, on a toujours la même épée de Damoclès du virus parvenant à davantage circuler chez les personnes à risques et dans les tranches d’âge les plus élevées à la faveur de la rentrée.

Face à ce constat, il est permis de s'étonner que ne soit pas exigée une évaluation de la stratégie sanitaire "tester-tracer-isoler" annoncée fin avril par Édouard Philippe, dont on n'entend plus parler sans doute parce qu'elle est à la peine (340 clusters en cours d'investigation le 26 Août). Il y a fort à parier que la protection juridique de la vie privée et des données personnelles soit un des obstacles du traçage. Au point où l'on en est de la privation de nos droits fondamentaux, je ne vois plus où ça coince.

Keny Arkana - "La Rage" (2006)

La question cruciale aujourd’hui est donc de savoir jusqu’à quand les Français, en particulier les habitants des grandes métropoles accepteront ces mesures inutiles toujours plus liberticides, toxiques et punitives, telles que celle du port du masque dans toutes les rues du Grand Paris (Paris et les communes de la petite couronne) qui a été annoncée hier par le premier-ministre-du-Covid, y compris sur un 2 roues ou en faisant son jogging, en rajoutant l’interdiction de fumer tant qu'on y est, applicable dès le lendemain, et au motif que ce serait « plus lisible pour les piétons » que les obligations par secteurs.

Mais de qui se moque-t-on ? Dans quel mépris nous tiennent ces élus et fonctionnaires, nous les 37 % opposants au port du masque en plein air (taux France, Louis Harris Interactive ne donne pas les résultats par régions ou départements) !

Quand je pense que j’ai voté pour ces ayatollahs et que j’ai même accepté de dépouiller les bulletins du 2e tour de municipales ! Quel couillon je suis ! Ces gens là décident "hors sol", le pouvoir leur fait complètement perdre le sens des réalités : comment ne leur est-il pas venu à l’esprit que les gens masqués du matin au soir et ne pouvant respirer qu’à leur fenêtre d’immeuble n’allaient pas devenir dingues ? C’est presque pire que le confinement.

Dans le Courrier International de la semaine du 13 au 19 Août que j’ai acheté pour essayer de voir un peu le point de vue d’ailleurs (mal m’en prit, c’était pire encore), il est traduit des extraits d’un article du New York Times racontant la colonie pénitentiaire qu’est redevenue la 2ème ville d’Australie suite aux mesures prises pour réagir au rebond des contaminations. De l’avis même d’un soutien de cette politique « il a de plus en plus l’impression d’évoluer dans 1984 de Georges Orwell ». Le traducteur a titré l’article : « Melbourne, un avant-goût pour le monde ? »
Si j'étais plus jeune, j’apprendrais le suédois.

 

Thomas Querqy, consterné.

 

Edouard-Henri Avril "Socrate et Alcibiade" (vers 1860)

 

Nous avons basculé dans un univers de précaution absolue visant l’asepsie et le risque zéro pour préserver la vie et nous sommes en réalité en train de perdre la vie. Car la vie n’est pas la survie. 

Michel Rosenzweig, philosophe de formation et psychanalyste dans son article « Le masque et la vie ? » publié dans Tribune Juive le 29 juillet 2020

Post Scriptum du 29 Août

J'ai lu hier avec intérêt l'article sur le port obligatoire du masque en extérieur dans le Grand Paris dans l'édition de ce week-end du journal Le Monde qui était annoncé en couverture par la manchette "Coronavirus : l'exécutif durcit la prévention" et un chapeau parmi 5 indiquant : "Ces mesures destinées à éviter un nouveau confinement généralisé ne font pas l'unanimité, alors que les contaminations en extérieur restent l'exception." L'article afférent en page 7 de François Béguin titré "Le port du masque obligatoire à Paris" indiquait notamment la manière dont le premier-ministre-des masques avait pris de court la Préfecture de police et la Mairie en faisant cette annonce, la justification pleine de morgue de la mesure par le 1er adjoint d'Hidalgo : «Cette mesure de lisibilité simplifiera les règles de port du masque dans l’espace public », mais aussi la critique du désormais bien connu Pr Caumes qui a déclaré : « Sur le plan épidémiologique et scientifique, cette mesure ne se justifie pas à l’extérieur, il y a zéro cluster dehors. Alors qu’en intérieur c’est absolument indispensable, cela fait longtemps qu’il n’aurait pas dû y avoir d’exception. Les autorités sous-réagissent sur certains points et surréagissent sur d’autres, personne n’y comprend rien. »

Même si je conçois que Monde.fr est le support "chaud" du journal, j'ai pu m'étonner ce samedi matin que cet article n'apparaisse nulle part sur le site pour ne laisser la place qu'à des articles alarmistes sur le sujet ne discutant pas la mesure. Il n'était même pas possible de le retrouver en utilisant la thématique "coronavirus et pandémie de Covid", seulement en mettant les mots du titres dans le moteur permettant enfin d'accéder à la version web de cet article.

J'ai demandé au médiateur du Monde de m'expliquer cette fâcheuse invisibilité qui fait mauvais genre,... le genre Pravda.

"Souviens-toi l'été dernier" Benjamin Biolay, album "Grand Prix"

 

 

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Rédigé par Thomas Querqy

Publié dans #libertés, #coronavirus, #politique, #les français, #bio pouvoir, #propagande, #tragique, #rage

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