L’âge des pédales

Publié le 18 Septembre 2007


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Bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle
I want to ride my bike
I want to ride my bicycle
I want to ride it where I like
 
Bicycle race Queen 1978
 


Dans le film In et Out, un professeur est « outé » publiquement par un de ses anciens étudiants. Le premier surpris est l’intéressé qui ne se sait pas gay. Ses étudiants de lui expliquer pourquoi il l’est forcément : « Vous êtes intelligent, toujours bien sapé, ... clean,... assez précieux » et argument ultime, (sauf erreur de ma part), « vous roulez à vélo ».
Si tant est que cet indice ait eu un jour une validité quelconque, le succès de Vélib à Paris, va rendre la traque du gay « dans le placard » beaucoup plus hasardeuse.
 
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N’en déplaise aux grincheux[1], il y a bien longtemps que les pouvoirs publics n’avaient pas pris une initiative aussi enthousiasmante.
Même si Vélib n'a pas été le précurseur du concept (On l’avait découvert à Vienne en Autriche), bravo à l’équipe municipale PS-les Verts d’avoir osé le lancer à très grande échelle et d’avoir fait le dos rond face à la grogne des automobilistes durant toute la période de travaux d’aménagement des rues visant à faire de la place aux cyclistes et aux piétons.
 


 
Dans une entrevue publiée dans Libération ce week-end sur un tout autre sujet, Philippe Lemoine cite un propos d’Edgar Morin dont il avait été l’assistant : «Quand il y a de l’enthousiasme quelque part, c’est un bon marqueur ­sociologique, c’est un bon début pour entamer une réflexion.» 

L’idée paraît pouvoir s’appliquer à Vélib : on se prend ainsi à rêver d’une ville dans laquelle la majorité de ses habitants renonceraient à prendre leur voiture pour de courts déplacements, une ville en grande partie débarrassée de l’agressivité que génèrent les modes de déplacement motorisés (même nous y succombons inévitablement sous l’effet du stress), une ville moins asphyxiée par la pollution automobile...


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En attendant, comme le souligne Patrick Thévenin dans son article de Têtu « La pédale (enfin) libérée » : « [...] en nos temps de communication virtuelle, Vélib, au moins le temps d’un été de grâce, aura contribué à rétablir un semblant de sociabilité, si l’on en juge par le leitmotiv, entendu jusqu’à plus soif : « C’est incroyable ! Quelqu’un m’a parlé à une borne ! » [...]
 
A une époque où plus d’un milliard de chinois roulant en vélo n’aspirent qu’à pouvoir le remplacer par un engin motorisé, nous pédalons, tu pédales, je pédale, ravi, avec cette rengaine dans la tête : 
 
Quand on partait de bon matin
Quand on partait sur les chemins

A bicyclette

Yves MONTAND- 1969
 
 
Decaux cité sur ce blog : Rêve de vespasiennes
 

[1] Toute innovation implique d’inévitables ratées ou simplement mésaventures et son (petit ?) lot de « n’importe quoi » dès lors qu’elle est utilisée par une population nombreuse et hétérogène. 
 

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The Gao brothers

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Will McBride Surpopulation 1969

 

 

Rédigé par Thomas Querqy

Publié dans #Paris, #pédale, #politique, #écolo

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O
Le week end dernier j'étais à Paris et j'ai expérimenté Vélib. Enthousiaste, évidemment.  J'ai été surpris de constater l'effet boulle de neige en voyant que de nombreux cyclistes avaient sorti leur vélo.Enfin le biclou s'echappent des voies sur berges dominicales pour envahir toutes les rues de la capitale à toute heure. Et même les automobilistes sont obigés de ralentir et tenir compte de cette nouvelle compagnie.Etonnant qu'il ait fallu attendre si longtemps pour redonner à la ville une dimension humaine. Dans le N Obs de cette semaine il y a un dossier consacré au vélo dans la ville.Quel paradoxe, d'un côté des vélos et de l'autre ces imondes et incongrus 4x4 qui polluent l'espace et même l'idée de partage.
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T
Content de retrouver tes commentaires, et pour ce coup, ton témoignage de provincial habitué des virées dans la capitale.Complètement d'accord avec ton opinion sur les 4x4, pour ma part je ne sais pas pourquoi mais chaque fois que je dois en croiser un qui est conduit par un mâle, je pense très mâlement :  "p'tite bite".