Les électeurs de la NUPES sont-ils incultes ?

Publié le 9 Juin 2022

Laurent Elie Badessi Kids & guns Gunnar
Laurent Elie Badessi, Kids & guns, Gunnar

 

 

« Le bulletin du pouvoir d’achat » ?

Contrairement à nous, Manue, a pris conscience, il y a peu, de sa perte de pouvoir d’achat : désormais, il lui manque « 200 à 300 euros par mois » pour ne pas se trouver à découvert, alors que son mode de vie ne laisse aucune prise aux injonctions de notre société de consommation. A la banque, son conseiller n’a trouvé qu’un virement de 45 euros sur le PEL de son fils, comme marge d’économie.

« Tu ne pourrais pas demander un temps complet ? lui ai-je prudemment demandé, en rajoutant, mais c’est vrai que tu fais un boulot pénible physiquement ». Elle m’a rétorqué qu’il était hors de question qu’elle bosse plus pour financer les aides sociales dont vit sa nièce.

Jusqu’à présent, elle ne s’est jamais plainte du salaire modeste que lui verse la mairie de sa commune. En revanche, elle n’a eu de cesse de s’énerver sur sa gestion en dépit du bon sens, en particulier sa gestion du personnel, qui a conduit par exemple récemment à embaucher une nana qui traînait une réputation de fainéasse, et qui, sitôt sa période d’essai achevée, a obtenu un mi-temps thérapeutique, suscitant peu de temps après une nouvelle vocation au mi-temps thérapeutique lui aussi obtenu sans problème, avec à la clé un équivalent temps plein manquant pour faire le boulot de l’équipe et aucun moyen pour recruter quelqu’un.

Ceci dit, chacun vit comme il peut, mais il est évident aussi que vivre seule avec un enfant, appauvrit. Elle n’est pas la seule : plus d'une personne sur cinq âgée de 26 à 65 ans (21%) est célibataire en France, et une personne sur deux a connu au moins une période de célibat depuis sa première histoire d'amour. La liberté « d’être en couple avec soi-même » a un coût, autrement dit, « se délivrer du mâle » n’est pas à la portée de toutes les bourses (si je puis m’exprimer ainsi).

En effet, la montée du célibat, en augmentant la demande de logement, alimente l’inflation immobilière, rallonge la file d’attente pour accéder à un HLM, ainsi que la part de cette dépense dans le budget des « ménages », tandis que ces célibataires en particulier avec enfants, davantage touchés par la pauvreté sont conduits à devoir faire appel à la « solidarité nationale », à savoir aux prestations sociales, c’est à dire aux dépenses publiques.

Alors, Manue est-elle une victime du « macronisme » « au service du patriarcat et du capitalisme » ? N’a-t-elle aucune prise ou responsabilité sur son problème de perte de pouvoir d’achat ? Bien sûr que non, puisqu’elle pourrait travailler comme la plupart des gens à temps complet, 35 heures par semaine. A-t-elle forcément subi sa situation de mère célibataire avec enfant qui la met en situation de vulnérabilité financière plus grande ? Étant donné ses attraits, je ne crois pas : sa situation résulte aussi de choix qu’elle a faits.

 

Un tract de la NUPES, trouvé dans ma boite aux lettres cette semaine

 

Ma belle-sœur ayant voté Méluche au premier tour de l’élection présidentielle, vote qu’elle a qualifié d’ « utile », je suppose qu’elle va voter pour le candidat NUPES de sa circonscription aux législatives. Je n’ai pu résister de lui dire que je ne trouvais pas très cohérent son choix : « je ne comprends pas que tu soutiennes un programme de création de plus d’un million d’emplois publics, alors que tu ne cesses de te plaindre d’être maltraitée par des administrations publiques truffées de personnels nuisibles mais qu’on ne peut virer. De même, comment d’un côté s’insurger contre ceux qui profitent des revenus sociaux alors qu’ils pourraient travailler, ta nièce pour ne prendre qu’un exemple, et de l’autre, donner son suffrage à celui qui prévoit un élargissement et une augmentation de ces revenus ? Tu ne seras même pas bénéficiaire de l’augmentation du SMIC puisque tu es au-dessus, je ne comprends pas... » Dans le canapé, aussi silencieux qu’elle, X. son mec, souriait en hochant la tête en signe d’approbation.

 

Jason Hill - Série Mindhunter - bande sonore

 

Le bulletin contre-pouvoir ?

Pour autant, je reste tenté de donner mon vote aux législatives à un candidat NUPES, histoire de mettre un peu de contre-pouvoir face à notre hyper président à l’Assemblée nationale. D’un autre côté, je crains fort qu’au sein de cette union électorale, comme toujours, l’idéologie prévale sur le pragmatisme, et que nous devions assister impuissants à une opposition non constructive bloquante, surtout si le président ne dispose pas de majorité absolue.

Ce doute m'a fait remettre mon nez dans le programme de la France Insoumise largement repris dans celui de la NUPES. Pour l’élection présidentielle, j’avais lu que c’était le seul programme vraiment travaillé et, selon certains commentateurs, qu’il était le plus abouti. Malgré les nombreuses « entrées » proposées sur le site, je me trouve de nouveau submergé par la profusion de mesures, de "programmes" et autre vœux pieux. Il y en a vraiment pour tout le monde : la planète, les pauvres, les jeunes, les femmes (1 milliard pour lutter contre les violences conjugales !?), les chômeurs, les migrants, les noirs et les musulmans, les Français d’outre-mer, les animaux, les LGBTI, et j’en passe.

 
Jean-Luc Mélenchon, invité d'Hugo Chavez en 2012
Jean-Luc Mélenchon, invité d'Hugo Chavez en 2012

 

Le programme de la NUPES en plein déni de réalité 

D’un point de vue économique, ce qui frappe, dans cette énumération fastidieuse de mesures, c’est le déni total (à moins que ce soit de l’ignorance) des conditions de (bon) fonctionnement d’une économie française, intégrée dans l’UE et l’économie mondiale, avec une monnaie partagée l’euro : la hausse brutale du SMIC, le blocage des prix et autres mesures contraignantes qui pèseront sur ceux qui créent la richesse sans laquelle il n’y a plus de redistribution possible, et surtout le pari en 2022 que l’État, et la dépense publique, pourraient enclencher une relance par la demande, par la consommation et l’investissement public, sans considération du problème d’offre de l’économie française, avec son corollaire de dépendance croissante aux importations, ni le fait qu’il n’est plus possible de croire que les administrations publiques soient un parangon d’efficacité par rapport à des mécanismes de marché. A cet égard, je mets ma main au feu que ce programme a été rédigé principalement par des employés du secteur public.

Si l’investissement public dans la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique paraît incontournable, comme le disait Christopher Dembik, économiste chez Saxobank, à propos du programme de Mélenchon en 2017, mais qu’on peut reprendre mot pour mot pour celui de 2022 : « Le gros problème de ce programme est que M. Mélenchon vit dans un monde où dette et dépenses publiques ne sont pas importantes. Or les dernières années nous ont prouvé qu’on ne peut pas accumuler de la dette sans cesse. […] C’est en fait un programme classique des années 30 mais qui ne marche pas dans la France de 2017 », pas plus que dans celle de 2022.

Or, a fortiori après l’explosion des dettes publiques à la suite de la crise du Covid, la hausse inévitable des taux d’intérêts, la politique budgétaire de la France sera certainement contrainte. Même si l’inflation qui se profile pourra alléger le poids de la dette publique, elle réduira aussi à néant le pouvoir d’achat nouvellement distribué, au détriment des classes populaires.

A ce sujet, pour la première fois, je lis avec satisfaction dans le Point, un article de Pierre-Antoine Delhommais, « la revanche de Milton Friedman », que pourraient être à l’origine du retour de l’inflation, non seulement les conséquences de la guerre en Ukraine et de la désorganisation des circuits logistiques avec la crise du Covid, mais aussi l’explication monétariste par « les politiques de relance budgétaire géante en réponse à la crise sanitaire, d’endettement à tout va des États et de création monétaire débridée par les banques centrales pour financer les déficits publics. Des politiques pour parler clairement, alliant celle de la planche à billets et celle du « quoi qu’il en coûte ». Ce retour de l’inflation monétaire, invalide au passage le déni de de contrainte budgétaire et d’endettement sur lequel se fonde le programme de la NUPES. »

Quant à la hausse de la pression fiscale sur les plus hauts revenus annoncée pour « une plus grande justice fiscale » et financer ces dépenses, elle produira ses effets habituels, en faisant fondre le magot espéré et en réduisant l’activité.

 

Jean-Luc-Mélenchon et Alexis Tsipras participent à une manifestation contre l'austérite à Paris aux côtes du secrétaire général du PCF Pierre Laurent le 12 avril 2014
Jean-Luc-Mélenchon et Alexis Tsipras participent à une manifestation contre l'austérite à Paris aux côtes du secrétaire général du PCF Pierre Laurent le 12 avril 2014

 

Mélenchon et ses soutiens n’ont rien appris de l’histoire récente

Décidément, Mélenchon et ses soutiens n’ont rien appris de la révolution bolivarienne au Vénézuela qu’ils ont tant soutenu, tellement dévastatrice qu’elle a poussé 6 millions de ses habitants à s’exiler, souvent les plus jeunes et les plus diplômés, à qui le régime devenu furieux (et corrompu) continue de refuser le renouvellement de ses papiers (Carla et sa famille en ont fait les frais). Pas plus qu’ils n’ont appris de l’échec de Syriza en Grèce face à la Troïka en 2015. Aveuglante idéologie !

 

Les Français sont-ils dupes ?

Les Français sont-ils dupes ? A priori non, d’abord parce qu’on devrait connaître une abstention record pour ces législatives (plus de 50%), principalement chez les jeunes que le programme de la France Insoumise était censé séduire. TTSO de relever :

En 25 ans le poids des électeurs de plus de 50 ans relatif aux moins de 30 ans est passé du double au triple (…) Il est 3 fois plus rentable électoralement de parler aux plus de 50 ans qu’aux moins de 30 ans. Résultat, un débat qui se focalise sur les questions qui concernent les générations qui votent : la retraite sujet n°1 au gouvernement comme à la NUPES, la dette oubliée par les deux.
En moyenne dans l’OCDE les retraités gagnent 87% du revenu moyen de leur pays, en France le chiffre est de 103%. Voter, ça paye.

https://ttso.paris/2022-05-23

Les Chinois à Paris réalisé par Jean Yanne (1973)

 

Il reste donc un électeur sur trois qui a besoin de rêver à des « lendemains qui chantent ». Bah ! Dans une France où tout se jouerait à l'école, tout le monde n’a pas eu la chance de faire des études qui peuvent aider à appréhender la complexité du monde contemporain. Sauf que, là où le bât blesse en France, c'est l'enseignement de l'économie.

 

Les Français fâchés avec l’économie

En effet, en 2016, dans son ouvrage « Économie du bien commun », le prix Nobel 2014, Jean Tirole, soulignait le manque de culture économique en France : « les Français sont plus fâchés que les autres avec l'économie car celle-ci a été longtemps très administrée. [...] Il faudrait enseigner plus de microéconomie, plus intuitive, et qui touche les gens au jour le jour. Il faut commencer par des choses pragmatiques : l'entreprise, son financement, le fonctionnement des marchés, etc. Dans les lycées, les écoles, les universités, il faut repenser la pédagogie. »

Deux ans plus tard, en 2018, le think tank libéral Sapiens publiait une note de Pierre Robert « Comment élever le niveau des Français en économie ? La culture économique : la clé du dialogue social et de la démocratie » qui pointait de nouveau l’inculture économique des Français et la responsabilité de l’enseignement de l’économie. Peu de temps après, Pierre Robert revenait à la charge en cosignant avec le créateur de Sapiens une nouvelle note « L’inculture économique, un danger pour notre démocratie », en visant cette fois-ci l’enseignement en sciences économiques et sociales (SES) :

 Les causes de notre ignorance sont à chercher dans notre détestation culturelle de l’économie de marché. [...] On en trouve l’écho dans la façon assez politisée dont nombre d’enseignants du secondaire en sciences économiques et sociales conçoivent aujourd’hui leur mission. L’étendue démesurée du programme prétendant embrasser à la fois l’économie, la sociologie, la démographie et les sciences politiques en accentue le flou et favorise un traitement extrêmement superficiel des questions essentielles qui ne sont pas assimilées. La réforme annoncée du baccalauréat offre une occasion unique de remettre en chantier tout ce pan de notre système éducatif. La nomination par le gouvernement d’un groupe de travail dirigé par l’économiste Philippe Aghion est la preuve d’une prise de conscience réelle. Il faudra la traduire en acte en revoyant en profondeur le programme du lycée afin de laisser plus de place aux concepts et mécanismes de base et moins aux opinions militantes.
Photo Vic Bakin, "Heavy clouds", Kyiv, Ukraine, 2021
Photo Vic Bakin, "Heavy clouds", Kyiv, Ukraine, 2021

 

L’enseignement de l’économie en question

Comme il fallait s’y attendre, cette réforme souleva un tollé parmi les enseignants de SES, sur le pied de guerre face à cette « offensive libérale sur les SES », soutenus par quelques universitaires qui ont leur rond de serviette dans les médias. En fait, la guerre était déclarée depuis l’élection du président Sarkozy en 2008 qui avait conduit à une première réforme appelée de ses vœux par le MEDEF, avec le soutien de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, à qui le ministre de l’éducation avait demandé des propositions de réforme.

L’enseignement de l’économie selon Jean Tirole, je crois qu’on l’a depuis longtemps en bac technologique de gestion et les BTS attenants. Lorsque j’avais dû mettre mon nez dans celui des SES, étant correcteur de sujets d’annales donnés à des salariés d’une entreprise publique pour une préparation au concours d’entrée dans une école de commerce, j’avais alors trouvé ce programme plus intéressant par ses apports en sociologie, démographie... Pour autant, je suis loin d’être sûr que ces apports auraient davantage intéressé mes élèves, tant étaient déjà grandes leurs difficultés à raisonner, apprendre et surtout rédiger.

De mes souvenirs de jeune professeur d’économie dans la filière gestion, toujours en quête de documentaires télé que j’enregistrais alors pour "mettre de la couleur" dans mes cours sur cassette VHS, puis sur CD, je garde aussi en mémoire mon insatisfaction de trouver essentiellement des sujets où l’économie était surtout une « horreur », le travail seulement souffrance et (plus tardivement), le management forcément "toxique". Heureusement que je pouvais aussi puiser dans Rue des Entrepreneurs sur France Inter (mais sans image, c’était difficile pour mes chéris), et parfois Capital sur M6.

 

Les Inconnus - L'enseignement (1990)

 

Rapprocher l’école et les universités des entreprises ?

La question du rapprochement de l’école avec l’économie et les entreprises, deux mondes tellement éloignés, ne date pas d’hier, en France ou ailleurs. A la fin des années 1980, alors que Margaret Tatcher était Premier Ministre, David Lodge en a fait un roman plutôt drôle « Jeu de société » (Nice work 1988), racontant une relation improbable entre une universitaire précaire contrainte de faire un stage dans une entreprise industrielle, et son dirigeant, dans le cadre d’un programme gouvernemental visant « une meilleure compréhension entre le monde de l'entreprise et l'université ».

En France, on semble progresser dans ce sens, au moins dans la filière professionnelle et technologique, en revanche, à l’université, ça ne paraît toujours pas être ça. Il s’est tout de même trouvé 800 universitaires, pour appeler dans une tribune à voter Mélenchon en avril 2022, dont seulement une petite vingtaine en économie si j’ai bien compté, mais également, plus insolite, par ailleurs 160 enseignants et chercheurs en économie, « économistes du parlement de l'Union populaire », pour soutenir le programme économique de Jean-Luc Mélenchon.

 

Christopher Walken dans Voyage au bout de l'enfer (The deer hunter) réalisé par Michaël Cimino
Christopher Walken dans Voyage au bout de l'enfer (The deer hunter) réalisé par Michaël Cimino (1978)

 

Les universitaires soutiens de Mélenchon sont-ils crédibles ?

Ces derniers mettent en avant les « 6,4 millions de demandeurs d’emplois et les 9,3 millions de pauvres que compte le pays pour nous rappeler à quel point la crise sociale est profonde ».

Mais quel crédit accorder à des enseignants chercheurs qui commencent par noircir le tableau en survalorisant le nombre de chômeurs de près d’1,2 millions : en effet selon Pôle Emploi au premier trimestre 2022, en France métropolitaine, le nombre de personnes inscrites et tenues de rechercher un emploi (catégories A, B, C) s’établit à 5 244 200.

Quant au nombre de pauvres, ce chiffre relève de la même malhonnêteté intellectuelle, puisqu’il est relatif en s’appuyant sur une norme de 60 % du revenu médian (1060 euros par mois pour une personne seule), « ce qui signifie qu’une personne se trouvant sous ce seuil n’est pas nécessairement pauvre si l’on se réfère à la pauvreté absolue, indicateur retenu pour les pays en développement, mais pauvre en comparaison avec le reste de la population ». Ceteris paribus, la baisse du revenu médian peut ainsi paradoxalement réduire le nombre de pauvres, et sa hausse l’augmenter.

En outre, cet indicateur présente les mêmes défaut que le seuil de richesse, il requiert d’être affiné pour tenir compte du lieu d’habitation (le coût de la vie est bien plus important à Paris que dans une petite ville de province), de l’origine du logement occupé (possédé ou loué, en HLM ou dans le privé), et plus difficile à intégrer, d’estimer le nombre de faux célibataires vis à vis des administrations (j’en ai quelques uns dans mon entourage), ainsi que les revenus informels (la dissimulation de revenus est un sport national). Car enfin, s’il y a bien des pauvres gens qui survivent dans la rue en bas de chez nous (du reste non comptés dans ces 9,3 millions), sauf inattention de ma part, la France, ne s’est pas couverte de bidonvilles.

Que ces soit-disant chercheurs en économie planchent plutôt sur les moyens de sortir de cette situation : « plus d’un million d’offres d’emplois en France aujourd’hui, mais la moitié ne trouve pas preneur ! » Les professionnels de l’hôtellerie-restauration qui n’attendent rien d’eux, viennent de signer une convention avec le gouvernement tunisien pour faciliter la venue de jeunes Tunisiens désireux de travailler comme saisonniers dans le secteur.

 

Photo Lin Zhipeng 2018, découvert à la MEP exposition  “Love songs”, photographies de l’intime
Photo Lin Zhipeng 2018, découvert à la MEP exposition “Love songs”, photographies de l’intime

 

La légitimité de la parole des experts, c’est le vrai et non le juste

Ces « économistes du parlement de l’union populaire » considèrent que « les réponses des candidats néolibéraux sont obsolètes. » Ils s’opposent à leur « agenda foncièrement injuste. »

Sur ce point, on touche à un problème spécifiquement français, que pointe Laëtitia Strauch Bonart dans son essai De la France, ce pays que l’on croyait connaître”.

Ces universitaires (NDR dans les sciences douces par opposition aux sciences dures) pensent que leur discours est légitime parce qu’il est juste, non parce qu’il est vrai. Qu’il soit le fruit d’un travail de recherche ou du militantisme ne fait pour eux guère de différence, puisqu’il a tous les attributs de la rectitude morale, le seul critère qui vaille. C’est ce qui faisait dire au philosophe Roger Scruton, avec son humour so british, que « les gens de gauche trouvent très difficile de s’entendre avec les gens de droite parce qu’ils pensent qu’ils sont maléfiques. Alors que je n’ai aucune difficulté à m’entendre avec les gens de gauche parce que je pense tout simplement qu’ils se trompent.»

https://www.google.fr/books/edition/De_la_France/-JZDEAAAQBAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=laetitia+strauch-bonart+%22C%27est+ce+qui+faisait+dire+au+philosophe+Roger+Scruton%C2%BB&pg=PT106&printsec=frontcover

Alex Vizorek - Les humoristes de France Inter ont-ils/elles une tendance à être de gauche ? - 25 Février 2021

 

L’hégémonie culturelle de la détestation de l’économie de marché et d'une complaisance coupable à l’égard des gabegies de l’État

De la même manière que les Français n’aiment pas la mondialisation bien qu’ils lui doivent leur qualité de vie, selon Laëtitia Strauch-Bonart, ces universitaires refusent la mondialisation des savoirs et la confrontation avec leurs pairs du reste du monde, « notamment parce qu’elle implique des critères de légitimation intellectuelle exigeants et différents des nôtres ». La palme revenant à la sociologie (la seule sociologue de "droite" que je connais étant Élisabeth) : « la grande majorité des sociologues français présents sur les ondes ou à l’écran – Dominique Méda, Irène Théry, Michel Wieviorka pour n’en citer que quelques-uns – n’écrivent que dans des revues françaises. » Alors que l’université française est partie depuis bien longtemps en capilotade, ces universitaires, dans un réflexe purement corporatiste dont témoigne la moitié de leur tribune en faveur de JL Mélenchon, ne savent que brandir leur « liberté académique » pour s’opposer à toute réforme touchant à leurs privilèges qui les obligerait à essayer d’être meilleurs.

Si vous rajoutez à cela, nous dit l'essayiste, que l’immense majorité de ces penseurs et experts sont des fonctionnaires, bien peu nombreux à remettre en cause la main qui les nourrit, et des journalistes, censés être des passeurs, souvent aussi dénués de culture économique que leurs concitoyens, mais également qu’il existe un vrai problème de neutralité de point de vue de bon nombre de journalistes salariés dans les médias publics, dont il est facile de deviner les inclinations idéologiques, vous obtenez cette « hégémonie culturelle » de la détestation de l’économie de marché », rendant le « néolibéralisme » coupable de tous les maux dans notre pays, bouc-émissaire bien commode de nombre de discours antisystème extrémistes mais aussi écologistes, au profit d’une économie toujours plus administrée et blanchie des gabegies qu’elle ne manque jamais de provoquer.

Le Grand Orchestre Du Splendid "La Salsa du Démon" | Archive INA 1980

 
« Horreur, malheur », la NUPES en tête dans les sondages

Je lis ce soir dans TTSO, que la NUPES dépasse désormais LREM dans les sondages. Horreur, malheur ! Dans la 17e circonscription où nous votons, son candidat est la candidate sortante : Danièle OBONO, qui se présente comme « afroféministe » sur son compte Twitter. Son rival de la majorité présidentielle est aussi une candidate : Kolia BÉNIÉ...

Si j’étais jeune, histoire de me détendre avant les résultats, j’aurais pu rejoindre une partouze. Selon le magazine Têtu, ce rendez-vous dominical serait en train de supplanter le brunch chez les gays.

 

Tom Houston pour BelamiOnline
Tom Houston pour BelamiOnline


 

Jean-Louis Aubert chante Houellebecq - Face B (2014)

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