documentaire

Publié le 11 Avril 2026

LIFE ON MARS(eille) réalisé par Tom Schembri et Raphaël Chatelain, série documentaire en 4 épisodes sur France.tv Slash (2024)
LIFE ON MARS(eille) réalisé par Tom Schembri et Raphaël Chatelain, série documentaire en 4 épisodes sur France.tv Slash (2024)

 

"Dimanche Aux Goudes" Massilia Sound System (2007)

C'était ça, l'histoire de Marseille. Une éternité. Une utopie. L'unique utopie du monde. Un lieu où n'importe qui, de n'importe quelle couleur, pouvait descendre d'un bateau, ou d'un train, sa valise à la main, sans un sou en poche, et de fondre dans le flot des autres hommes. Une ville où, à peine le pied posé sur le sol, cet homme pouvait dire : "C'est ici. Je suis chez moi."
Marseille appartient à ceux qui y vivent.

"Total Khéops", Jean-Claude Izzo, 1995

 

« Ce n’est pas encore fait », ai-je répondu aux deux jeunes employés du Café Zitoune (l’olive en arabe), abattus à la perspective de voir tomber Marseille entre les mains du RN. Dans ce petit café à deux pas de notre hôtel, on venait de se régaler d’une « tartine » à base de poireaux et plein d’autres choses délicieuses dessus, afin de s’affranchir de la contrainte alimentaire, avant de remonter vite à la Gare Saint Charles et quitter Marseille,.

Gagné ! Le soir même, le maire sortant était reconduit avec le retrait du candidat LFI et allait installer au nouveau conseil municipal sa majorité très élargie.

Nous avions voyagé dans le monde entier sans avoir mis une seule fois un pied à Marseille. Ainsi, lorsque Gabriel m’a dit avoir posé une semaine de congés pour s’offrir une respiration avant de rendre visite à ma mère, en Italie, encore et toujours, ou dans une île des Canaries, j’ai proposé Marseille avec les arguments temps disponible et empreinte carbone : immédiatement adopté !

En fait, j’étais déjà venu à Marseille, quand j’étais au collège chez les frères Maristes, il m’en reste le vague souvenir d’une traversée du vieux port en bateau sous un ciel de plomb pour aller au château d’If où l’Edmond Dantès d’Alexandre Dumas passa 14 années enfermé dans un cachot, avant de s’évader et de devenir richissime grâce au trésor récupéré sur l’île de Monte Cristo. J’ai dû aussi y passer pour prendre le bateau pour aller en Corse avec mes parents, mais aussi pour rejoindre les Michelet sur leur voilier également sur l’Île de Beauté (pour le camp d’ados du 9.3 où j’étais « animateur »avec F. une copine de l’ENS et sa sœur, il me semble qu’on avait pris l’avion et atterri à Figari, à moins que ce soit pour aller faire un stage de planche à voile UCPA à Borgo, ou pour les deux).

 

Tim Gidal Marseille 1930 MAC Marseille
Tim Gidal Marseille 1930 MAC Marseille

 

Bref ! On disposait de cinq jours pour découvrir la 2e ville la plus peuplée de France au bord de la Grande Bleue. On l’a aimé instantanément : à la fois proche et dépaysante.

A quoi bon voyager à l’étranger, ai-je écrit à nos deux copines ? On a logé dans la meilleure chambre d’un Ryad (Maroc) avec son balcon sur les toits orienté soleil couchant, à deux pas du Vieux Port et du Cours Julien, dîné le premier soir d’un couscous algérien (Gabriel m’a un jour raconté qu’un collègue algérien parlait, sur le ton de la plaisanterie, de Marseille comme de la 59e wilaya d’Algérie), d’un mezzé syrien une autre soirée, et même le jour suivant d’une assiette dans un resto palestinien, où l’on tailla une longue causette avec le jeune Libanais qui nous servait, chercheur en génomique, profitant du fait que nous étions ce soir-là ses seuls clients.

Le caractère cosmopolite de la cité phocéenne ne date pas d’hier : il y a 7500 ans, arrivés par la mer, les premiers cultivateurs, originaires du Proche Orient s’installèrent en apportant leurs semences, du bétail et leurs techniques, sur ce territoire où vivaient des chasseurs-cueilleurs. Ils ont ainsi fondé les premiers villages et mis fin à la Préhistoire. Cette phase de l’histoire humaine dans la région est racontée dans un film au début du parcours du musée d’Histoire de Marseille, que nous connaissions car, avant de partir, nous avions vu le documentaire de Stéphane Jacques, sur France 5, « Dans la peau des premiers paysans français ».

Le musée est édifié autour du site archéologique du Port antique, première grande fouille archéologique urbaine en France réalisée entre 1967 et 1983 sur le chantier du Centre Bourse. Avec nos audio-guides, je ne pense pas qu’on ait manqué grand-chose de la Massalia grecque et de la Massilia romaine. En revanche, pris par le temps avec un train à prendre, on confesse d’avoir dû bâcler l’époque moderne, à partir des guerres de Religion, où la ville jouissait d’une certaine prospérité grâce à ses relations avec la « Barbarie », soit l’Afrique du Nord (sic ! Déjà!), et le Levant, sous domination turque. À notre décharge, on venait aussi de visiter ce matin-là le Musée Cantini qui abrite une intéressante collection d’art moderne.

 

Portulan - carte marine de la méditerranée 1630, Bibliothèque municipale de Marseille
Portulan - carte marine de la méditerranée 1630, Bibliothèque municipale de Marseille

 

« Méditerranées » au MUCEM

Le premier jour de notre séjour, direction le fameux MUCEM (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée), dont la création a métamorphosé le visage du Vieux-Port et le rayonnement culturel de Marseille. Le musée est composé de 3 sites, côté mer, à l’entrée du Vieux-Port, le bâtiment J4 pensé par l’architecte Rudy Riccioti associé à Roland Carta, le fort Saint-Jean, et côté ville, dans le quartier de la Belle de Mai, le Centre de conservation et de ressources (CCR) qui abrite les collections du musée, tous trois reliés par deux passerelles. Inauguré en 2013, l’année où la ville fut « capitale européenne de la culture », le musée est consacré à l'anthropologie culturelle des sociétés d'Europe et de la Méditerranée. À sa création, les collections constituées par l'ancien musée national des Arts et Traditions populaires créé en 1937 à Paris lui ont été affectées.

L’exposition permanente « Méditerranées » donne à réfléchir sur les images multiples de la Méditerranée, façonnées depuis le XVIIe siècle, par les artistes et les savants qui l’ont observé, étudié, représenté. A l’instar de l’historien des Annales, Fernand Braudel, nous aimons passionnément la Méditerranée, pour sa géographie qui définit ses paysages et détermine un art de vivre, à commencer par ce qu’on y mange, ce que Braudel a qualifié d’« histoire immobile ». L’envie d’aller voir ailleurs, toujours nous y ramène.

Pourtant, « la Méditerranée est une notion aux contours flous, sans unité politique, linguistique ou culturelle. C’est aussi en partie une construction de l’imaginaire européen. D’Athènes à Palmyre, de Rome à Tipasa en passant par Arles et Leptis Magna, elle évoque une Antiquité lointaine, quand la Grèce puis Rome dominaient le bassin méditerranéen. »

La première partie de l’exposition s’intéresse ainsi au modèle antique gréco-romain, constitutif de l’imaginaire de l’identité des nations européennes qui en revendiquent l’héritage civilisationnel, considéré comme universel, et dont la Méditerranée serait le berceau. Pour les artistes, depuis la Renaissance, les œuvres de l’Antiquité constituent une source d’inspiration et un modèle : avec les musées, ils participent à la diffusion de ce « modèle antique » sans cesse réinterprété et réapproprié. 

 

Palmyre avant après Daech Joseph Eid 2016
Palmyre avant après Daech Joseph Eid 2016

 

Architecture : le goût de la ruine

Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, un nouveau goût frénétique pour l’Antiquité s’est répandu en Europe avec les fouilles archéologiques d’Herculanum puis de Pompéi, dont la mise à jour a contribué à relancer l’étude savante de l’Antiquité. Rome est devenue aussi l’objet d’un véritable engouement. Ainsi, les peintres mettaient alors fréquemment en scène dans leurs tableaux des ruines antiques réelles ou imaginaires au point d’en faire un genre pictural en soi. Leur intention pouvait être décorative, mais aussi d’offrir des vedute (vues, ancêtres des cartes postales) en souvenir du « Grand tour » que tout Européen de bonne famille se devait d’effectuer dans la péninsule italienne, et bien sûr un sujet de méditation sur le passage du temps et la chute des civilisations. Du « Grand tour » au tourisme de masse de nos jours, les ruines antiques présentes tout autour du bassin méditerranéen, qui rappellent combien il s’agissait dans l’Antiquité d’un espace partagé, attirent les voyageurs, et leur image se diffuse par le biais de souvenirs, de gravures, d’affiches et de photographies.

 

Sculpture : la construction d’un canon

La 2e section de l’exposition donne à penser la permanence du canon esthétique du corps humain (avant tout masculin, le plus souvent nu), définis par les chefs-d’œuvre de l’Antiquité et leurs copies, incontournables de la formation des artistes et artisans, et diffusés par les musées et universités.

 

 

« Le duc de Montpensier et sa suite visitant les ruines d’Athènes » peint par le Marseillais Dominique Papety en 1847.
« Le duc de Montpensier et sa suite visitant les ruines d’Athènes » peint par le Marseillais Dominique Papety en 1847.

 

La fustanelle, jupe plissée portée par les hommes, héritage antique et expression d’une identité nationale

De même, la fustanelle, la jupe plissée portée par les hommes, est considérée comme une évolution du drapé antique. Lorsque la Grèce moderne acquiert son indépendance au début du 19e siècle, elle revendique cet héritage de l’Antiquité. Cette jupe plissée est toutefois aussi portée par des Albanais et les Macédoniens du Nord, qui en font le moyen d’expression de leur identité nationale.

 

Au Sud et à l’Est, l’autre Méditerranée : Orientalisme, colonisation, races et racisme

Au XIXe et dans la première moitié du XXe siècle, ce modèle antique gréco-romain va à la fois nourrir les nationalismes, tant sur un plan esthétique, que sur celui de l’idée d’une supériorité civilisationnelle, et justifier la colonisation.

Simultanément, artistes et écrivains s’entichent pour « l’Orient » (l’Orientalisme), tandis les ethnologues arpentent le bassin méditerranéen en quête de folklore et de sociétés traditionnelles. L’image qu’ils construisent de cette « autre Méditerranée » est « plurielle, marquée par les stéréotypes, le contexte colonial et les projets d’exploitation économique, mais aussi par un intérêt sincère pour les modes de vie, les coutumes et les savoir-faire des habitants, qui se retrouvent exposés dans les musées d’ethnographie. » La galerie d’anthropologie du musée de l’Homme, qui succède en 1937 au musée d’Ethnographie du Trocadéro, témoigne de leurs études et de leur volonté de classification sans hiérarchisation entre les populations, mais où prévaut le paradigme d’une classification en races, construction sociale qui sera abandonnée au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

Ces classifications ont imprégné un certain imaginaire européen et souvent nourri racisme ordinaire et racisme d’État, avec l’antisémitisme de Vichy, « l’indigénat » dans les colonies et le Troisième Reich nazi.

 

"Conquête et civilisation" 5 juillet 1830 Jean-Victor Adam, lithographie
"Conquête et civilisation" 5 juillet 1830 Jean-Victor Adam, lithographie

 

Dans cette partie de l’exposition, l’analyse vidéo d’une lithographie créée en 1843 par Victor Adam « Conquête et civilisation (5 juillet 1830) », qui commémore la prise d’Alger marquant le début de la présence de la France en Afrique du Nord, nous a particulièrement intéressé. Il s’agit d’une représentation emblématique de la propagande coloniale sous forme allégorique, où l’on peut relever la rémanence du modèle antique : la France y est représentée par des figures vêtues à l’antique, apportant les arts, les sciences et la paix aux Algériens, masquant la violence de la colonisation, tout comme la résistance conduite par l’émir Abd el-Kader.

 

Des Marseillais négociants à Aden

Dans le quartier du Panier, à la Vieille Charité qui fut érigée à la fin du 17e siècle pour accueillir les « gueux », après avoir pris un en-cas au restaurant OLLà, et pour ce qui me concerne, visité rapidement son Musée d’Archéologie Méditerranéenne, on s’est retrouvé avec Gabriel dans l’exposition « Aden Marseille, d’un port à l’autre  - parcours d’hommes, parcours d’objets», qui m’attirait bien davantage.

Aden, c’est le port au sud du Yémen, en bas de la péninsule arabique, où nous fîmes, à l’initiative de mon père, un voyage itinérant en février 2005, dont nous conservons un souvenir impérissable (pour l’année, merci l’album photo !) Avant de partir, j’avais pour unique images mentales, celles des extraordinaires immeubles de Sana'a et de Shibam (« la Manhattan du désert »), en pisé et en brique dressées sur plusieurs étages, où Pier Paolo Pasolini avait tourné une de ses « Mille et une nuits » (1974). Pour toujours, ce voyage demeurera l’un de nos voyages les plus dépaysants, notamment en raison du fait que hommes et garçons étaient presque tous vêtus de la dishdasha, une longue robe à manches longues, porté avec une veste de costume ou une chemise, avec parfois à la taille leur poignard, la djambia (arabe : جنبية), ceinte par une ceinture brodée, et souvent aussi, en guise de baise-en-ville, une kalachnikov : je garde notamment le souvenir d’un repas pris dans un relais routier, avec ces armes posées par nos voisins sur la longue table partagée. Les femmes sont quasi invisibles dans l’espace public qu’elles traversent parfois emburkanées de noir. Cette injustice de genre mit tellement mal à l’aise ma mère, qu’elle décida par la suite de ne plus nous accompagner dans des pays musulmans. Quand je pense à la photographie offerte par un collègue marocain d’une très belle combattante du Yémen du Sud en treillis et cheveux dans le vent, venue soutenir l’insurrection marxiste-léniniste dans le Dhofar, quelle régression civilisationnelle depuis ces années 1960-1970 !

 

Photo-UNICEF Mohammed-Hamoud dans le village d'Okash, près de Sana'a, au Yémen, 2015
Photo-UNICEF Mohammed-Hamoud dans le village d'Okash, près de Sana'a, au Yémen, 2015

 

Avec toutes ces armes de guerre, la sécurité ne pouvait être optimale partout : dans la région de Marib, deux soldats rejoignirent notre groupe pour nous escorter. « Que ferez-vous si l’on est attaqué ? » Leur avait-on demandé, ils avaient ri et avaient fait répondre à notre guide, de ne pas nous inquiéter, qu’ils déguerpiraient instantanément. On avait alors tenté de se rassurer en racontant que les derniers touristes enlevés avaient déclaré à leur libération que leurs ravisseurs les avaient très bien traités, comme d’autres précédemment libérés sans violence. Mouais ! En juillet 2007, huit touristes espagnols et de deux guides yéménites perdront la vie alors qu’ils visitaient le temple de la reine de Saba à la suite d’un attentat-suicide à la voiture piégée par Al-Qaïda. Mais revenons à cette exposition !

Au XIXe siècle, Marseille est dans une situation clef pour les échanges entre la France et ses colonies : elle est au carrefour des routes commerciales qui relient l'Europe à l'Afrique, au Moyen-Orient mais aussi à l'Asie à partir de l'ouverture du canal de Suez en 1869. Dès 1870, des Marseillais tentent l’aventure au Yémen, alors colonie anglaise, au travers de grandes maisons de commerce. Ils sont autant guidés par des intérêts financiers que par la curiosité et un esprit d’aventure. Les conditions de vie y étant éprouvantes, mais aussi par nécessité de leurs affaires, ils faisaient l’aller-retour avec leur famille entre Aden et Marseille. Pour autant, ces aventuriers curieux ont cartographié, photographié, décrit les modes de vie, collectionné spécimens botaniques, objets ethnographiques et antiquités.

 

Denis Dailleux, agence Vu,  Aden printemps 2004 - 2
Denis Dailleux, agence Vu, Aden printemps 2004

 

Parmi eux, Maurice Riès qui, à son arrivée à Aden en 1876, a travaillé dans un premier temps pour la maison de commerce de César Tian, négociant principalement de café moka mais aussi d'autres denrées coloniales comme l’encens de myrrhe (gomme-résine), les peaux, les plumes d'autruche, qu'ils exportent en Europe, avant de devenir l’associé de Tian en 1891, puis son successeur en 1909. Entre temps, en 1897, il fut nommé agent consulaire de France à Aden. En 1925, avec son fils Paul, il donna au musée d’archéologie de Marseille une douzaine de pièces prélevées au Yémen.

Dans ces années-là, on pouvait aussi tomber à Aden sur un poète aussi précoce que génial devenu aventurier cherchant fortune, Arthur Rimbaud, qui s’associa à César Tian en 1888. Une trentaine d’années plus tard, Henri de Monfreid, un autre aventurier et écrivain français, aux mille vies, se livra lui aussi au trafic d’armes, mais à la manière d’un Yéménite, à la barre d’un bateau de contrebandier sur la Mer Rouge.

 

Raoul du Gardier le lavage de pont 1820 - Copie
Raoul du Gardier le lavage de pont 1820

 

Des Yéménites à Marseille : une route migratoire entre Aden, Djibouti et la Méditerranée

Dans cette 3e partie de l’exposition, l’exil dans l’autre sens, avec ces Yéménites recrutés par villages entiers dans les montagnes du sud du pays, généralement pour alimenter les chaudières à charbon des salles des machines des paquebots et cargos. Ces travailleurs transitent souvent par Djibouti, où ils obtiennent à partir de 1912 le statut de sujets français.

Beaucoup embarquent ensuite sur un bateau de la Compagnie des Messageries Maritimes reliant la mer Rouge à Marseille, qui devient pour eux une première étape vers l’Europe, l’Amérique ou l’Afrique du Nord. Souvent confinés sous le pont des navires, ils travaillent aussi à quai comme manutentionnaires ou employés portuaires.  Leur présence suscite parfois des tensions : en 1910, une grève éclate pour protester contre cette main-d’œuvre perçue comme concurrente. Entre 1869 et 1946, plusieurs milliers de Yéménites transitent ainsi par le port de Marseille, véritable carrefour entre la Méditerranée et la mer Rouge. 
Parmi eux, certains connaissent des destins remarquables, comme Hayel Saeed (1902-1990), originaire du sud du Yémen. Embauché comme soutier sur un paquebot puis ouvrier dans une huilerie à Marseille, il retourne à Aden après dix ans et fonde une entreprise devenue l’un des plus grands groupes commerciaux du Moyen-Orient.

 

Camille Bourget, Déchargement d’un cargo, vers 1900, huile sur toile, Marseille, CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence
Camille Bourget, Déchargement d’un cargo, vers 1900, huile sur toile, Marseille, CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence

 

Une touchante installation vidéo conçue et réalisée par Renaud Vercey/Le bruit de la Nuit, fait témoigner des membres des descendants de ces marins et migrants, gardiens d’une mémoire commune entre la mer Rouge et Marseille, mais aussi de résidents d’origine yéménite exilés plus récemment, en particulier le photographe documentaire Jameel Subay.

L’un de ces exilés nous rappelle que depuis 10 ans, que le Yémen est ravagé par la guerre, le retour au pays est devenu une longue aventure dangereuse. En outre, l’Organisation internationale des migrations estime que 60 000 personnes auraient débarqué au Yémen depuis les pays de la Corne de l’Afrique en 2024, malgré la guerre qui a rendu encore plus périlleuse cette route migratoire.

 

 

Ma parole ! Vous avez passé vos journées dans les musées ? Avez-vous vu la mer au moins ? Marseille c’est la mer. - Bien évidemment ! Dès que le Mistral a commencé à chasser les nuages, après avoir loué à prix d’or deux vélos électriques, les « vieux gosses » sont partis en sifflotant sur la route de la Corniche (Kennedy) direction les plages de Marseille, les Goudes, Callelongue et les calanques. Par endroits, la circulation peut s’avérer un peu « wild » avec le trafic automobile, mais la plus grande partie du trajet se fait sur une piste cyclable ou une voie partagée, très agréable, avec des vues magnifiques.

 

Maria Svarbova "Fragile Concrete" sur le toit terrasse de la Cité Radieuse de Marseille 2021
Maria Svarbova "Fragile Concrete" sur le toit terrasse de la Cité Radieuse de Marseille 2021

 

La première journée de ballade, on a manqué la route conduisant à la calanque de Sormiou, on y retournera le lendemain, ce jour-là par une chaleur estivale, avec une petite déception, celle de ne pas y trouver un resto ouvert, pas même un café (ils ouvrent pour la saison qui commence début avril). Bah ! ça nous a au moins permis d’éviter la foule.

Pour pouvoir embrasser Marseille du regard, grimper sur ses éminences : le Pharo d’abord qui offre une vue extra sur le Vieux Port, mais pour obtenir le meilleur panorama de la ville et de sa baie, il faut monter plus haut à Notre Dame de la Garde (on a eu largement le temps de l’admirer puisqu’il a fallu attendre – peu de temps - d’être dépanné de la crevaison essuyée par Gabriel).

Les amateurs d’architecture, feront un crochet à la Cité Radieuse du Corbusier, les deux « rues commerçantes » intérieures et le toit terrasse sont accessibles aux visiteurs. On peut aussi essayer son restaurant qui porte le nom d’un film de Peter Greenaway « le ventre de l’architecte ». C’est peu ou prou la même « unité d’habitation » que celle de Briey-en-Forêt, que nous visitâmes lors d’une journée du Patrimoine, alors que Gabriel travaillait à Bruxelles.

Dans ce même coin de Marseille, le MAC mérite aussi une visite si vous vous intéressez à l’art contemporain, tout comme, en centre-ville, le Musée des Beaux-Arts au Palais Longchamp. Bon à savoir : tous les musées de Marseille sont gratuits, à l’exception du MUCEM qui est un musée national.

 

Rainer Fettig "Gary head" 1986 MAC Marseille
Rainer Fettig "Gary head" 1986 MAC Marseille

 

Autres adresses 

  • L'agréable terrasse du bar des 13 coins dans le quartier du Panier pour boire des cocktails bon marché 

  • Restos de qualité pour plus de 50 euros : Une collègue marseillaise de Gabriel avait recommandé la Mercerie, fermé le soir où l’on a voulu y aller, on s’est rabattu sur Prosper, tout à fait satisfaisant (113 balles à 2, entrée-plat-dessert et 2 verres de vin OMS années 1990)

 

LIFE ON MARS(eille) réalisé par Tom Schembri et Raphaël Chatelain, série documentaire en 4 épisodes sur France.tv Slash (2024)
LIFE ON MARS(eille) réalisé par Tom Schembri et Raphaël Chatelain, série documentaire en 4 épisodes sur France.tv Slash (2024)

 

KYZI feat. 100 BLAZE, BENGOUS, FAHAR, KALASH L'AFRO, DRIME - Marseille légendaire

Mélody et la guerre en Iran - La drôle d'humeur de Camille Lavabre, 9 mars 2026

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